RATP : l'opérateur public teste un bus 100% autonome pendant la nuit

L'opérateur de transports publics francilien expérimente la conduite autonome sur une portion de ligne de bus dans le Val-de-Marne, avec un conducteur de sécurité. Fabriqué par le Chinois CRRC, le bus doit permettre à la compagnie de "préparer les mobilités de demain".

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Le bus autonome RATP en test.
Le bus autonome RATP en test. (Crédits : Groupe RATP)

Les essais se déroulent certes en pleine nuit, lorsque la fréquentation et le trafic sont plus facilement maîtrisables, mais la RATP affiche ses ambitions en matière de véhicules autonomes. L'opérateur de transports publics parisien a annoncé le lancement d'une expérimentation sur un bus "100% autonome", sur une ligne régulière d'Ile-de-France, dans le Val-de-Marne. Objectif : une mise en service à l'automne 2022 sur une ligne qui transporte quotidiennement 20.000 voyageurs, précise la RATP dans un communiqué mardi.

Pour les industriels qui s'y aventurent, l'autonomie intégrale d'un véhicule, a contrario des systèmes semi-autonomes déjà présents dans les voitures, est un enjeu particulièrement complexe à appréhender. Et pour cause. Un véhicule doit être capable de capter en temps réel les moindres détails de son environnement extérieur. Pour son autonomie de "100%", la RATP précise d'ailleurs que le bus est équipé de cinq capteurs : "2 lidars (des capteurs de télédétection par laser ndlr), 2 radars, 1 caméra".

Réalisé sur la ligne départementale 393, le test n'est toutefois effectué que sur une portion du trajet du bus, sur une distance de près de 13 km et d'une durée de 36 minutes (entre Thiais et Sucy-en-Brie, selon Google Maps). De plus, le test est, pour l'instant, pratiqué "en présence d'un safety driver" (un conducteur de sécurité ndlr), précise la RATP.

Un bus made in China

Ce bus, qui transporte 18 personnes, est "de la marque CRRC" (China Railway Rolling Stock Corporation ndlr), indique le communiqué en précisant qu'il est "importé et commercialisé par Clement-Bayard. Le premier n'est autre que la société d'Etat chinois et le numéro un du ferroviaire, issu de la fusion des compagnies CNR (China National Railway) et CSR (China South Locomotive & Rolling Stock Corporation) en 2015. Le second a été acquis par CRRC.

En France, les autres acteurs à explorer le marché n'ont pas la taille du consortium chinois, à l'image du Lyonnais Navya, - qui s'est récemment recentré autour de la fourniture de systèmes de conduite pour les navettes autonomes - et la startup EasyMile, un partenaire d'Alstom (voir le reportage sur EasyMile).

A l'approche des Jeux olympiques et paralympiques 2024 de Paris, la société Transdev STA (Systèmes de Transport Autonome) s'est également positionnée. Transdev STA, en groupement avec Lohr, EasyMile et VEDECOM, vise ainsi une mise en service de quatre navettes autonomes, pouvant accueillir entre 12 et 16 passagers, qui parcouraient la distance entre le Village Olympique et la gare Pleyel.

Pour autant, la RATP se félicite de son expérimentation, qu'elle entend mener ensuite en pleine journée. « Nous sommes le premier opérateur français, et figurons parmi les premiers mondiaux, à expérimenter un bus autonome de 12 mètres de long, 100% électrique, sur une ligne de bus classique », écrit Catherine Guillouard, PDG du groupe qui expérimente aussi des navettes autonomes et envisage même un "véhicule autonome volant" avec le groupe ADP.

L'investissement dans les technologies

Cette dernière expérimentation rappelle en tout cas celle du constructeur Volvo, qui, en 2019, testait avec l'Université technologique de Nanyang de Singapour le premier autobus électrique entièrement autonome de 12 mètres. Equipé de capteurs et de commandes de navigation gérés par un système complet d'intelligence artificielle (IA), le bus suédois embarque aussi des capteurs lidar, des caméras à 360 degrés et un système de navigation global par satellite perfectionné utilisant la cinématique en temps réel.

De fait, sur ce marché de la conduite autonome, l'enjeu est avant tout technologique, à l'image de Mobileye, la startup israélienne spécialisée dans les systèmes de conduite autonome, rachetée 15 milliards de dollars par le géant américain Intel en 2017.

Lire aussi 14 mnNavettes autonomes : « un enjeu pour le premier et le dernier kilomètre » (Etienne Hermite, Navya)

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Commentaires 3
à écrit le 15/09/2021 à 10:32
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Un bus autonome et sans tapis de prière. Excellent !

à écrit le 15/09/2021 à 10:03
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L'asservissement se poursuit. Made in China !

le 15/09/2021 à 23:41
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Une généreuse contribution au PCC... avec l'argent des français! Qu'il est beau le pays des droits de l'homme qui soutient une dictature...

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