Smart city : les seniors, grands oubliés des politiques de transport ?

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Le LMI insiste sur la nécessité d'inclure les seniors dans les projets d'aménagement pour adapter l'environnement aux besoins des seniors.
Le LMI insiste sur la nécessité d'inclure les seniors dans les projets d'aménagement pour adapter l'environnement aux besoins des seniors. (Crédits : reuters.com)
D'après une étude sur les freins à la mobilité des seniors, conduite par le Laboratoire de la Mobilité inclusive (LMI), 36% des plus de 60 ans renonceraient à se déplacer. Explications

L'Europe vieillit. En effet, le 1er janvier 2015, la population de l'Union européenne était estimée à 508,2 millions d'habitants, dont près de 27 millions de personnes âgées de plus de 80 ans, soit 7% de plus qu'il y a dix ans, note Eurostat, l'office statistique de l'UE. L'occasion, en cette journée mondiale des personnes âgées, célébrée chaque année le 1er octobre, de revenir sur l'appréhension des (nouvelles) mobilités par les seniors. Ce, à partir d'une étude du Laboratoire de la Mobilité inclusive (LMI) sur les freins à la mobilité des seniors et la façon dont les futurs seniors se projettent dans l'évolution de leur mobilité.

"Anticiper le vieillissement de la population française afin de garantir les meilleures conditions de mobilité pour les seniors est un enjeu politique, sociétal et économique majeur" , commente Florence Gilbert, présidente et co-fondatrice du Laboratoire de la mobilité inclusive. "Les plus de 65 ans, plus nombreux en périurbain qu'en centre-ville en 2030, seront-ils assignés à résidence si les politiques de transport n'évoluent pas ?", s'interroge Damien Desjonquères, co-fondateur de ce laboratoire.

Quelles sont les difficultés des seniors pour se déplacer ?

Il ressort en effet de l'étude que si 21% des futurs seniors n'ont jamais réfléchi à la question de leur mobilité, 31% d'entre eux anticipent le fait de devoir renoncer à leurs déplacements. Et un tiers des sondés envisagent, quant à eux un report sur les transports en commun. Alors même que, actuellement, seuls 5,5% des plus de 65 ans les utilisent. S'agissant des plus de 60 ans, c'est le niveau de vie qui influe le plus sur la mobilité : 36% des plus fragiles renoncent à se déplacer contre 13% pour les plus aisés.

Dans le détail, d'après l'étude de LMI, les seniors rencontrent différents types de difficultés pour se déplacer. Il y a d'abord l'aspect financier. Mais aussi des difficultés géographiques et territoriales : insuffisance ou inadaptation du mobilier urbain, difficulté de cheminement sur les trottoirs, complexification de l'espace urbain, accessibilité des transports publics... Sans compter les difficultés sociales et familiales (isolement, perte d'autonomie), ou encore les difficultés physiologiques et cognitives (marche, lecture des panneaux et des plans, projection dans l'espace et de le temps).

Quelles solutions ?

Aussi le LMI s'est-il attaché à proposer des solutions concrètes aux pouvoirs publics et acteurs locaux. Par exemple, le laboratoire évoque ainsi la nécessité d'informer cette catégorie de la population afin de l'éclairer et la guider quant aux offres, services et aides existants en matière de mobilité. Cela passerait par un "guide de la mobilité" basé sur des informations et des données recueillies à l'échelle nationale. D'ailleurs, le LMI évoque également un accompagnement dans l'apprentissage et la maîtrise des outils dématérialisés et supports numériques.

Outre l'information, le LMI propose de développer et d'adapter les nouveaux services à la mobilité aux seniors. Pour ce faire, le laboratoire livre ses préconisations:

"Repenser les potentialités de partage des véhicules en milieux peu denses et peu équipés en transports publics: expérimenter des solutions inclusives, mutualisant par exemple les véhicules issus de flottes professionnelles non utilisées à certaines heures (le soir, le week-end)" Ou encore d'accompagner les seniors afin de les familiariser à l'usage des systèmes de libre-service (voitures, vélos).

Le laboratoire note également l'importance de développer le transport accompagné sous toutes ses formes. Et suggère entre autres la mutualisation des besoins de micro-transport en ciblant un large public précaire (seniors, personnes en insertion, personnes à mobilité réduite,etc.). Il faudrait ainsi adapter les services et dessertes aux horaires et lieux d'usage de ces populations fragiles, explique-t-il.

Par ailleurs, le LMI envisage des solutions complémentaires à partir de dessertes et services existants (métiers de distribution du courrier, de l'eau, de l'électricité par exemple). Il pense aussi au développement d'un service de covoiturage de type "auto-stop social", dédié aux besoins des seniors et autres publics fragiles face à la mobilité.  Et pourquoi ne pas encourager les personnes en capacité de conduire à proposer des solutions de transport accompagné individualisé ou micro-collectif par exemple...

Enfin, le LMI insiste sur la nécessité d'inclure les seniors dans les projets d'aménagement pour adapter l'environnement à leurs besoins. Il faudrait développer un dispositif d'information unique, en concertation avec les seniors et autres publics fragiles, pour tous les modes de transports sur un même territoire, note-t-il.

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a écrit le 03/10/2016 à 10:52 :
"près de 27 millions de personnes âgées de plus de 80 ans",ok, mais subitement l'article n'évoque plus que les jeunes retraités de 60 et 65 ans de la génération babyboom qui n'ont strictement rien n'a voir avec les plus de 80 ans..
a écrit le 02/10/2016 à 12:55 :
La charge des soins santé doit être prise en charge par une assurance privée à la charge du citoyen à 70 ans
Passage obligatoire pour assurer des revenus confortables aux jeunes
a écrit le 01/10/2016 à 14:59 :
ON pourrait commencer par remettre les commerces prés des lieux d'habitation, et ne pas installer de zones commerciales en plein désert.
N'en déplaise aux admirateurs d'Hidalgo et consorts, sur une grande partie du territoire français, sans voiture, vous êtes mort. IL faut donc aménager le territoire et repenser l'ensemble des déplacements et pas seulement pour les seniors.
Réponse de le 02/10/2016 à 10:30 :
EXAT??? BEAUCOUP DE VILLAGE MEURS A CAUSSE D UN MANQUE D INFRATRUCTURE SOCIAL? ON RAISONNE TROP AUJOURD HUI EN TERME DE RENTABLITE? GERER L HUMAIN CE N EST PAS UNE RENTABILTE C EST DE L HUMANISME SOCIAL? NOS VIEUX CE SONT EUX QUI ON FAIS LA FRANCE D AUJOURDUI? ET ON LEURS SUPRIME TOUS MEME DU POUVOIR D ACHAT ?PRESQUE PLUS D AUGMENTATION DE RETRAITE DEPUIS 4 ANS?ILS REVENDIQUENT A LEURS DERNIERE MANIFESTATION/ 300 EUROS/ POUR POUVOIR S EN SORTIR? CAR PARMI EUX CE TROUVENT 40% DES PAUVRES EN FRANCE? CE SONT VOS PARENTS VOS AMIE E S VOS VOISINS ET VOUS NE VOYEZ PAS LEURS DETRESSES A FINIR LES FIN DE MOIS???QUELLE EPOQUE TERRIBLE OU CELLEOU DES IDIOT DIRIGENT DES AVEUGLES/// WILLIAN.SHAKESPEARE///
a écrit le 01/10/2016 à 14:39 :
Je peux même rajouter qu'il n'y que pour les étudiants en France que le cours de la vie a augmenter cette année. On prend les retraités pour des c...
Réponse de le 01/10/2016 à 19:39 :
et d='après vous ils sont comment les retraités? AIls sont à la charge de la communauté de la société des forces vives en un mot des travailleurs qui travaillent eux! Alors faut pas exagérer non plus!
a écrit le 01/10/2016 à 11:39 :
Il n'y a pas que les transports, les retraites sont bloquées depuis 3 ans , le gouvernement
prétexte qu'il n'y a pas d'inflation. Dans ces conditions, pourquoi augmenter le RSA de 2%?
a écrit le 01/10/2016 à 11:38 :
ils ne sont pas bien derrière de leurs fenêtre? (dixit Pascal)

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