SNCF : la grève se poursuit en juillet

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Les syndicats réformistes misent maintenant sur la négociation d'une nouvelle convention collective du secteur du ferroviaire, pour les cheminots qui seront embauchés à partir de 2020.
Les syndicats réformistes misent maintenant sur la négociation d'une nouvelle convention collective du secteur du ferroviaire, pour les cheminots qui seront embauchés à partir de 2020. (Crédits : BENOIT TESSIER)
La CGT-cheminots a annoncé vendredi la poursuite en juillet de la grève contre la réforme de la SNCF, au-delà du 28 juin, échéance convenue en intersyndicale, s'attirant les foudres des autres centrales pour son cavalier seul qui pourrait entraîner la rupture du front syndical dès la semaine prochaine.

Laurent Brun, de la CGT Cheminots, a annoncé vendredi que la grève à la SNCF allait "se poursuivre" en juillet, au-delà du calendrier de l'intersyndicale, qui avait fixé le dernier jour du mouvement au 28 juin. "Nous allons poursuivre au mois de juillet", a-t-il affirmé sur Franceinfo le jour d'une importante réunion tripartite (gouvernement, patronat, syndicats) pour mettre au point la nouvelle convention collective du ferroviaire.

Adoption de la loi au Parlement

"Pour combien de temps? On verra. Comment? On verra. Il n'est pas question de s'arrêter au calendrier puisque le gouvernement souhaite passer en force", a ajouté le responsable de la première organisation syndicale à la SNCF, au lendemain de l'adoption de la réforme ferroviaire au Parlement. "La grève, après 30 jours de grève, ça pèse très lourdement sur les familles. Donc nous avons un débat sur la manière de continuer la lutte tout en essayant de préserver les familles sur le coût de la grève", a-t-il ajouté.

"Les Français jugeront qui est réellement dans le passage en force", a réagi le ministère des Transports, interrogé par l'AFP. "La réforme est arrivée à son terme, elle a été concertée, la loi a été votée démocratiquement et elle s'appliquera. La démocratie a tranché, et la CGT ne peut pas l'ignorer", a-t-il ajouté.

Division intersyndicale

Interrogés par l'AFP, les trois autres syndicats de cheminots représentatifs, Unsa, CFDT et Sud Rail ont tous déploré une décision "unilatérale" de la CGT. "La CGT veut imposer le rythme à tout le monde", a critiqué Roger Dillenseger (Unsa), qualifiant cette annonce d'"inadaptée" et "irrespectueuse" pour les autres organisations. "Est-ce qu'en réalité on a encore une intersyndicale si chacun fait ses annonces tous seuls? On va y réfléchir", a-t-il prévenu.

"Ce n'était pas du tout ce qui était prévu dans le cadre de l'interfédérale" qui s'est réunie mercredi, a abondé Didier Aubert (CFDT). "Nous avions convenu de nous revoir lundi pour analyser les résultats de la réunion tripartite de cet après-midi", a-t-il expliqué, tout en se résignant à observer qu'en "fin de conflit", "chacun essaie de jouer sa partition".

Contrairement à l'Unsa et la CFDT, Sud Rail "avait déjà proposé à l'intersyndicale de continuer le mouvement au mois de juillet", a dit à l'AFP son secrétaire fédéral, Erik Meyer, estimant malgré tout que cette sortie de la CGT "ne va pas dans le bon sens".

"On avait déjà un accord à deux" sur le sujet, a-t-il confirmé, tout en affirmant qu'il faudrait "examiner les modalités". Écartant pour sa part l'idée d'une grève reconductible, comme la poursuite du rythme actuel de deux jours sur cinq, il a évoqué "des dates qui seraient très impactantes" et "qui feraient sens" dans les discussions qui se tiendront cet été.

Après la décision, également unilatérale, de la CFDT d'inviter les personnels roulants à travailler malgré la grève le lundi 18 et le vendredi 22 dans les RER et les TER pour permettre aux candidats de se rendre aux épreuves du bac, cette annonce est une nouvelle fissure dans l'unité syndicale. Mercredi, l'intersyndicale de la SNCF avait mis en garde le gouvernement qu'en cas de réunion tripartite "improductive", elle déciderait "de nouvelles" journées de grève.

(Avec agences)

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Commentaires
a écrit le 19/06/2018 à 20:21 :
La SNCF est l' entreprise française où il y a eu le nombre de de jours de grève le plus important en 3 décennies....C ' est une spécialité dans cette entreprise des jamais contents.
Ils sont beaucoup plus forts pour les grève , par contre pour que les trains arrivent à l 'heure, là il n'y a plus personne...pour garantir un service !
a écrit le 19/06/2018 à 7:47 :
Ils ne subissent aucun licenciement, conservent leurs avantages à titre personnel, et nous pourrissent la vie depuis deux mois et demi quand même. Que d'immaturité par rapport à ces salariés victimes de plans sociaux ! On finirait par croire qu'à la SNCF l'enjeu n'est pas tant la situation du salarié que le pouvoir d'un ou deux syndicats et la gestion des recrutements futurs...
a écrit le 18/06/2018 à 18:23 :
En parallèle de leur grève,les cheminots doivent bloquer les dépots de carburant,il n'y a que ça pour se faire entendre dans ce pays!Les retraités spoliés seront a leur coté,sans doute le début d'un vrai mouvement social
a écrit le 18/06/2018 à 16:29 :
Les grévistes sont devenus si peu nombreux, et ce alors que l'intersyndicale est encore en place, que la continuation ou non de leur grève en juillet par une minorité n'est pas déterminante. Je prend le RER tous les jours et ça ne me fait pas plaisir d'avoir moins de trains, mais il ne faut pas exagérer la nuisance réelle.

En ce qui me concerne, je ne comprend pas que l'on se prive par plaisir d'une partie non négligeable de son revenu (avec douze jours de grève par mois, si on compte depuis avril, ça fait déjà plus d'un mois complet : après le treizième mois en primes, peut-être jugé trop classique par certains syndicalistes, voici le treizième mois en pénalités !). Je me demande si les gens qui font grève pendant un mois, et qui en plus veulent continuer, ont besoin de leur salaire ou non.

Ce que je comprend, en revanche, c'est que les syndicats n'apprécient pas d'avoir fait perdre un mois de salaire à leurs adhérents sans rien obtenir en échange (la reprise de la dette de la sncf me semblant acquise dès le départ). Il faut bien se rendre compte que c'est l'intérêt des syndicats qui est en jeu en continuant la grève, même plus celui des cheminots.
a écrit le 18/06/2018 à 1:31 :
Tous les syndicats étant sortis déçus de la réunion tripartite, ils devraient se retrouver sur la poursuite de la gréve, d'autant plus qu'il va y avoir maintenant les négociations pour le statut des agents du ferroviaire, qui va décider du sort de tous les futurs engagés du secteur.

Connaissant la propension du gouvernement à s'assoir sur ses promesses et à ne comprendre que les rapports de force, les syndicats ont tout intérêt à maintenir la pression.

Le premier syndicat qui se désolidarisera du mouvement n'est pas sûr d'y gagner aux prochaines élections étant donné que 94% des cheminots approuvent le mouvement selon le referendum interne. On peut aussi noter le durcissement net de FO dont l'ancien dirigeant est parti sous les huées de ses adhérents, signe que les syndiqués ne sont plus disposés à ce qu'on signe n'importe quoi pour jouer au "progresssiste".
a écrit le 17/06/2018 à 16:20 :
La CGT c'est le PC et donc le déni de démocratie .
Par contre les élections à venir à la SNCF et les cadeaux qui viennent avec le résultat , ça préoccupe beaucoup plus CGT et SUD .
a écrit le 17/06/2018 à 15:37 :
Pour ma part cette grève a changé ma vie !
En effet je travaille pour une boite qui rechignait sur le télétravail, avec la grève nous avons dû nous adapter et donc faire des échanges par skype, téléconférence ..., je me déplace beaucoup moins : gain de temps , d"énergie et des dépenses en moins pour la société , bref tout bénef. Cette grève aura eu pour impact de modifier notre façon de travailler et cela durablement ! Bravo les cheminots continuez ! Enfin une grève efficace :) Quand au journée de grève ça peut durer longtemps car en faisant un petit calcul 2 jours de grève par semaine et 12% de grévistes avec 14000 cheminots représentant l'essentiel des salariés faisant grève puisque sans eux pas de train donc efficace si on fait le calcul 14000 : 12= 1680 grévistes par semaine , 14000 : 1680 = 8,33 semaines ça fait que 1 cheminot fera 2 jours de grève en 8 semaines, je crois savoir qu'ils sont un peu indemnisés par les syndicats genre 7 euros de l'heure si un cheminot gagne 3000 euros par mois on peut compter qu'il perdra environ 100 euros/mois. En même temps quand tu fais grève tu vas pas au boulot donc tu dépenses moins et tu peux t'organiser pour faire des choses que tu peux pas faire quand tu bosses : bricolage, jardinage ...
Merci les cheminots je suis de tout coeur avec vous
a écrit le 17/06/2018 à 14:15 :
La CGT est droguée à la grève, en espérant que ce gouvernement sache engager la cure de désintoxication nécessaire pour le bien commun.
a écrit le 17/06/2018 à 10:58 :
Il appartient au gouvernement de trouver des propositions nouvelles pour sortir du conflit avec les syndicats les plus représentatifs à la SNCF ......
Réponse de le 17/06/2018 à 14:22 :
Il n'appartient rien au gouvernement, la loi est votée. Le statut actuel des cheminots est maintenu et si le fait de travailler dans une SA à capitaux publics plutôt que dans un établissement public leur procure des aigreurs d'estomac à ce point, pour préserver leur santé, ils peuvent toujours démissionner.
Réponse de le 18/06/2018 à 0:24 :
Non, il appartient aux syndicats de respecter la démocratie, même ce qu’elle décide ne va pas dans le sens qu’ils souhaitent. Le gouvernement n’est pas au service des syndicats.
a écrit le 17/06/2018 à 10:34 :
TRES bien joué de la part de l'exécutif : laisser les cheminots s'exciter sur la réforme ferroviaire, pour certains perdre plus d'un mois de salaire. Et comme ils font office de fer de lance de la contestation de la fonction publique, une fois qu'ils se seront épuisés, on pourra entrer dans le dur de la réforme des retraites sur laquelle les fonctionnaires et assimilés ont gros à perdre.
a écrit le 17/06/2018 à 10:32 :
la responsabilité des élus s affiche au grand jour ! des députés . des destructeurs espérons ne plus les revoir..
Réponse de le 18/06/2018 à 0:26 :
Ils ont été élus et ont voté une réforme souhaitée en très large majorité par les français.
a écrit le 17/06/2018 à 6:29 :
On continue la grève? En voila un scoop, une surprise monumentale! En bref, un petit moment de détente dans la dure vie du syndicalisme ordinaire.
a écrit le 17/06/2018 à 3:02 :
La France, nivellement par le bas.
Dommage, c'etait un beau pays.
a écrit le 16/06/2018 à 21:43 :
Que voilà une bonne nouvelle pour les compagnies de bus et les plateformes de covoiturage , elles n'ont nul besoin de faire de la publicité la CGT et Sud Rail sont leurs meilleurs alliés; cela dit les prix risquent d'augmenter , mais la fiabilité a un prix.

Il est à se demander si ces syndicalistes réfléchissent avant de parler et d'agir.
Mais si la SNCF disparait cela ne sera pas bien grave comme AF.
Vive la CGT
a écrit le 16/06/2018 à 21:16 :
Alors qu'il n'y a aucun licenciement, que la démocratie française a fonctionné tout à fait normalement, que les cheminots conservent à titre personnel leurs avantages et qu'eux seuls font semblant de croire à leur "mouvement", les cheminots nous menacent encore de poursuivre la grève en juillet-août... Mais nous, on ne les menace pas : on ne prendra simplement plus les trains SNCF dès qu'on pourra leur préférer leurs concurrents...
Réponse de le 20/06/2018 à 11:01 :
Effectivement, pas de 49-3, pas d'ordonnances, une réforme largement adoptée par les deux assemblées et votée, bien au delà des rangs de la seule majorité, par une bonne partie des parlementaires d'opposition.
a écrit le 16/06/2018 à 21:13 :
Comment vont faire les employées SNCF pour partir gratuitement en vacances?
a écrit le 16/06/2018 à 20:35 :
Je souhaite BON COURAGE A CEUX QUI RESTENT .
Les cheminots pourrissent littéralement la vie de millions de gens en France dans l'indifférence générale (seul Sarkozy avait fait quelque chose) C'est une des causes de la dégradation du niveau de vie en Ile de France avec le prix de l'immobilier et les taxes ... Conclusion , je quitte ce pays pour j'espère, ne jamais plus y travailler ; un conseil , plutôt que d'écouter les médias , consultez les statistiques de l'OCDE et vous verrez à quel point le niveau de vie en France est médiocre parmi les pays dit "développés"...
a écrit le 16/06/2018 à 19:34 :
Martinez s'est condamné lui-même à poursuivre très au delà de juillet-aout-septembre : il joue là exclusivement son mandat à tete du Syndicat Communiste. Il suffit que le siège de Montreuil, stimule à fond, le chef cégétiste des cheminots, en le payant pour çà.
a écrit le 16/06/2018 à 19:09 :
Avant les syndicats tentaient d'être représentatifs, depuis ils sont devenus dictature de minorité, puis dictature de médiocrité et pour finir dictature d'incapacité !
a écrit le 16/06/2018 à 16:54 :
Admirable cheminots qui ne baissent pas les bras malgré toutes les contre- vérités , contre toutes les manipulations de macron et de ses "godilots ".....
Réponse de le 18/06/2018 à 9:53 :
...et qui scient méthodiquement la branche sur laquelle ils sont assis.
a écrit le 16/06/2018 à 16:07 :
OUI je soutiendrai physiquement la poursuite de la gr^eve SNCF !
a écrit le 16/06/2018 à 15:42 :
Il y a probablement un certain nombre de personnes qui ont appris récemment à se passer de la SNCF, donc l'impact du mouvement est maintenant peut-être relatif.
Il faut bien voir qu'il y a des élections professionnelles en décembre 2018 et la CGT est en train de tenter jouer son va-tout, mais à mon humble avis, la CGT s'est largement discréditée ce qui était l'objectif du gouvernement.
La loi (il vaudrait mieux appeler cela le pansement) est votée, la dette est en grande majorité reprise (c'est la gros truc) donc l'intérêt de continuer la grève est limité.
Cordialement

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