SNCF : les syndicats sur le pied de guerre

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(Crédits : Stephane Mahe)
Les syndicats sont sur le pied de guerre. Ils décideront demain du lancement d'un mouvement dur en riposte au projet de réforme de la SNCF.

Les syndicats de la SNCF sont prêts. Ce jeudi, au lendemain de la présentation en conseil des ministres du projet de loi d'application de la réforme de la SNCF et dans la foulée de la feuille de route de la direction de l'entreprise ferroviaire d'un plan stratégique d'amélioration de la performance qui sera présenté cet été, les syndicats se prononceront sur le lancement d'un conflit. Il s'annonce dur confie à La Tribune un directeur de la SNCF. La grève s'annonce dure car nous sommes à tort ou à raison dans une ambiance très cheminots bashing avec les incidents techniques, le discours fin février d'Edouard Philippe. Beaucoup de cadres sont remontés. Un esprit de corps qui s'est créé récemment en disant on nous attaque, on va réagir », explique-t-il.

"Bras de fer"

Les syndicats sont prêts. L'Unsa est prête "au bras de fer", SUD Rail veut "une grève reconductible et dure" et la CFDT prévoit "une mobilisation des cheminots", ont déclaré ces syndicats.

"On va vers un bras de fer, c'est clair", a prévenu Roger Dillenseger, secrétaire général de l'Unsa, deuxième syndicat de la SNCF.

"La balle était dans le camp du gouvernement. Ce projet de loi montre son approche contradictoire entre une volonté d'échanges affichée et la réalité du texte", a-t-il dit à l'AFP. SUD Rail (3e syndicat) souhaite "une grève reconductible et dure face à un gouvernement dur et inflexible". Le texte présenté en conseil des ministres mercredi "montre bien qu'on n'est pas dans une concertation, mais dans une explication de texte. Le gouvernement veut passer en force", a dénoncé auprès de l'AFP Erik Meyer, porte-parole de SUD Rail.

Concertation stérile

La CFDT (4e syndicat) a noté que "pas une virgule n'a été modifiée entre les premières annonces et le projet de loi". "On va droit dans le mur avec une telle méthode. Cela va durcir les positions. Les réunions de concertation sont stériles. On va réellement vers une mobilisation des cheminots. Ce ne sera pas une grève corporatiste, mais pour défendre le ferroviaire", a déclaré à l'AFP Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT Cheminots.

Lors de la réunion intersyndicale prévue jeudi, SUD Rail proposera "de déposer le plus rapidement possible un préavis de grève unitaire et reconductible" aux trois autres syndicats représentatifs du groupe, la CGT Cheminots (1er syndicat), l'Unsa et la CFDT.

"L'objectif est clairement pour nous de sortir avec une date" de démarrage d'une grève, quitte à se revoir pour "fixer les modalités du mouvement", a indiqué Erik Meyer. "On va certainement définir un calendrier d'appel à la grève" et aussi "faire un point sur la manifestation nationale du 22 mars", a dit M. Aubert.

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Commentaires
a écrit le 15/03/2018 à 13:22 :
Une grève de plus à la SNCF , mais quand vont ils travailler ?
Je pense que le gouvernement devrait juste faire passer la SNCF en société Anonyme mais garder le reste pour les cheminots (statut, retraites, etc ...), supprimer les subventions, ouvrir à la concurrence et laisser faire.
Cela risque d'être comme pour la SNCM à Marseille la faillite.
a écrit le 15/03/2018 à 12:48 :
c'est pas une grève corporatiste ....
mort de rire d'entendre ce propos d'un représentant syndical cheminot .
Réponse de le 15/03/2018 à 15:37 :
Oui, comme les agriculteurs, notaires, infirmieres liberales etc..chacun défend son bifteck et sa corporation ,mais pas toi apparemment.
a écrit le 15/03/2018 à 8:18 :
Ah ce pouvoir de nuisance !
Que proposent-ils ces syndicalistes mis à part le statu quo ?
Epouilletagede parasites du printemps en perspective.
Réponse de le 15/03/2018 à 15:43 :
"Que proposent-ils ces syndicalistes mis à part le statu quo ?"


Encore faut-il être écouté et ce n'est pas des réunions steriles qui feront avancer le débat.Ce projet ( comme la loi travail) est ficelé depuis le début et ce gouvernement de CSP+ ne fait qu'appliquer une directive europeenne de 2014.Je ne vois aucun courage la dedans, surtout quand on applique au final des ordonnances.
a écrit le 15/03/2018 à 7:49 :
Le refus de la réforme par les cheminots est inadmissible , ils devraient prendre conscience que l’ouverture à la concurrence va entraîner la faillite de leur entreprise et qu’ils seront les premiers perdants
a écrit le 15/03/2018 à 7:33 :
Pour régler le problème de la SNCF, il suffirait d'appliquer la note n°6 du conseil d'analyse économique, page 12. Mais les Français sont incapables de le comprendre. Adieu la SNCF.
a écrit le 14/03/2018 à 22:30 :
Nouveau post pré-mâché :

A ceux qui ne l'auraient pas compris (ou dans le déni), toute cette démagogie et ce vocable sur la concertation n'est rien de plus que cela. C'est une stratégie de communication afin de rabaisser l'image que la population a des syndicats et de la SNCF (suffit de voir le nombre d'articles venant flinguer les syndicats en général, et la SNCF en suite après les annonces du gouvernement). Et cela afin que la réforme passe mieux. C'est presque de l'auto-victimisation de la part du gouvernement : "Regardez ! On voulait parler et eux ils font la grève, ils bloquent le pays !" Vous comprenez maintenant ? :)

Là c'est le grand test pour la fonction publique en général (et histoire de prévenir les détracteurs de la FP, vous allez pleurer si ça devient du contractuel en majorité, qui n'en aura rien à carrer de la qualité du service public et qui pensera d'abord à sa prime de rendement). Le prochain c'est ADP, Française des jeux, EDF, et après les sociétés des collectivités pour l'eau.
On supprime de grandes sources de revenus pour l'Etat, alors leur équilibre budgétaire je me marre d'avance...

PS : Les syndicats restent quand même de gros hypocrites. Ils ont abandonné pour la loi travail et les journalistes ont passé sous silence l'amendement déposé en catimini par des parlementaires pour faciliter le recours au forfait-jour, là y a un réel danger. Et yen a qui vont douiller.
a écrit le 14/03/2018 à 18:48 :
"La CFDT (4e syndicat) a noté que "pas une virgule n'a été modifiée entre les premières annonces et le projet de loi". "On va droit dans le mur avec une telle méthode".

Ah, parce que la CFDT n'avait pas compris ,pourtant avec la loi travail,c'est pourtant clair, c'est le même processus.

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