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Coup de théâtre pour le pass rail, « toutes les régions » sont finalement d'accord pour le mettre en place cet été

Photo de Mathieu Viviani

Mathieu Viviani

Publié le 03 avril 2024 à 16:24 - Mis à jour le 03 avril 2024 à 16:30

Le coût du passe rail était estimé à 15 millions d'euros, dont 80% devait être pris en charge par l'Etat.

Le coût du passe rail était estimé à 15 millions d'euros, dont 80% devait être pris en charge par l'Etat.

Charles Platiau

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Ces dernières semaines, les discussions pour un accord se sont multipliées. Un des principaux points de tension : la répartition du financement du dispositif, jugée insatisfaisante par plusieurs élus locaux. Mais revirement de situation, d'après le ministre délégué chargé des Transports, les régions auraient finalement trouvé un accord.

[Article publié le mercredi 3 avril 2024 à 12h51 et mis à jour à 18h18]Volteface pour le passe rail. Le ministre délégué chargé des Transports, Patrice Vergriete, a finalement annoncé à l'AFP que « toutes les régions » se seraient finalement mises d'accord pour sa mise en place.

« La situation vient de se décanter à l'instant », a déclaré le ministre, qui avait déploré en début de journée que trois présidents de région n'aient pas donné leur feu vert à ce forfait à 49 euros permettant de voyager partout en France dans les trains régionaux et Intercités pour les moins de 27 ans.

Pourtant, encore ce matin, le ministre déclarait au micro de France info, qu' « à moins d'un changement de pied des présidents de région, aujourd'hui même, nous ne pouvons pas être opérationnels en 2024 (...). Il n'y aura pas de passe rail cet été ». Il manquait encore, à ce moment, l'accord de l'ensemble des présidents de régions notamment celui de Hervé Morin (Normandie), Xavier Bertrand (Hauts-de-France) et Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes).

Dans un communiqué, la région Hauts-de-France se disait, elle, être « favorable » à la mise en place d'un passe rail. En revanche, elle avait regretté qu'il ait été « transformé » par le ministre « en un passe au rabais uniquement pour les jeunes ».

La région Hauts-de-France avait donc précisé à l'AFP qu'elle signerait cet accord si « deux points d'alerte sont pris en compte » : l'absence de l'Ile-de-France du dispositif - ce qui contraindra, selon le communiqué, les jeunes des Hauts-de-France à prendre un titre de transport supplémentaire pour « tout transfert vers d'autres régions » - et « la répartition du coût » d'une telle mesure. La région Hauts-de-France estimait que la « prise en charge de la perte de recettes aurait dû être assumée totalement par l'Etat ».

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Les raisons d'un fiasco

Ces dernières semaines, les discussions entre les régions et le ministère des Transports se sont multipliées. Parmi les principaux points de tension figuraient, en effet, la répartition du financement du dispositif. Les régions, qui supportent déjà les coûts des trains régionaux, ont la main sur les tarifs de leurs lignes locales. Sur ce point, selon le ministre, le gouvernement a montré sa bonne volonté, en acceptant que l'Etat finance le passe à hauteur de 80%. Le coût de la mesure étant estimé à 15 millions d'euros, le reste à charge pour les régions devait donc se situer autour de 3 millions d'euros.

Jusqu'à ce mercredi, l'Etat était censé prendre en charge 8 millions et les régions 7 millions. Une répartition qui était loin de faire consensus avec plusieurs régions qui redoutaient un manque à gagner.

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Ce geste positif du gouvernement n'avait toutefois pas été suffisant pour convaincre tous les représentants. Plusieurs d'entre eux avaient dénoncé à plusieurs reprises un « coup de communication » du gouvernement, sans consultation préalable. Les mêmes élus ont aussi critiqué la politique transport du gouvernement, la jugeant « erratique ».

Autre point de tension : la non-participation de l'Île-de-France au dispositif alors que de nombreuses lignes régionales passent par cette région. L'Île-de-France est aussi l'une des régions les plus riches de France, ce qui a crispé certains élus quant à la répartition du financement.

Une promesse d'Emmanuel Macron devenue serpent de mer

Dans leurs discussions avec le gouvernement ces derniers mois, les régions avaient déjà obtenu que le passe rail soit réservé aux moins de 27 ans, et ce, pendant la saison estivale. A l'origine, l'instauration de ce forfait mensuel, permettant de voyager de manière illimitée sur le territoire en trains Intercités et TER, sur le modèle de ce que fait l'Allemagne, avait été promise par le président Emmanuel Macron en septembre. Celui-ci avait annoncé ce dispositif à l'occasion d'une interview accordée au média dédié aux jeunes HugoDécrypte.

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En décembre dernier, Clément Beaune, prédécesseur de Patrice Vergriete, avait confirmé en grande pompe le lancement du passe rail. Dans sa version initiale, celui-ci devait permettre à tout voyageur qui l'achète de voyager de manière illimitée sur le territoire, via les trains régionaux uniquement. Pour le prix, le ministre d'alors avait déclaré vouloir se caler sur « ce que font les Allemands, c'est-à-dire autour de 49 euros par mois ».

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Pour rappel, un passe rail estival uniquement réservé aux jeunes a déjà existé en France en 2020 et 2021. Il concernait les moins de 27 ans qui, pour 29 euros par mois, pouvaient emprunter n'importe quel TER partout en France - sauf en Ile-de-France -, mais pas les Intercités. Le président de la République avait lancé cette initiative au sortir du pic de la pandémie de Covid.

(Avec AFP)

Mathieu Viviani

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