Transports : le Cityval de Rennes à l’épreuve de la technologie de Siemens Mobility
Pascale Paoli Lebailly
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Reliant Cesson-Sévigné au Nord-Est à Saint-Jacques-de-la-Lande au Sud-Ouest depuis septembre 2022, la ligne b du métro est tout de suite entrée dans le quotidien des Rennais. Depuis quatorze mois, le métro automatique a transporté 30 millions de...
Depuis le 3 janvier, une mystérieuse pièce cassée, située sous le bogie d’une des rames du métro rennais immobilise le nouveau Cityval de Siemens Mobility. Au final, c’est l’ensemble des cent pièces qui va être changé. Inaugurée en septembre 2022, la ligne b du métro rennais avait déjà connu un court-circuit et un incendie en fin d’année dernière. Pour les 100.000 passagers transportés chaque jour, la galère devrait durer jusqu’en avril. Au mieux.
Automatique, économique, écologique : la haute technologie du Cityval développé par Siemens Mobility avait été vantée comme ultra moderne. Et à juste titre, ce métro nouvelle génération a été conçu pour être rapide et consommer 15% d'énergie en moins, grâce à la réutilisation de celle-ci via le système de freinage. La société allemande spécialisée dans les solutions de transport, et indépendante du groupe technologique Siemens, met aussi en avant « une quasi absence d'émissions de particules » et un matériel roulant recyclable à 95%.
C'est sur cette promesse, en adéquation avec sa stratégie de transition écologique et d'accessibilité, que Rennes Métropole a commandé 25 rames pour la nouvelle ligne b de son métro, un projet global à 1,3 milliard d'euros d'investissement. Après une livraison avec deux ans de retard (et déjà des pénalités pour Siemens Mobility), la ligne b a été inaugurée en avant-première à Rennes en septembre 2022, avant un déploiement dans les aéroports de Bangkok et demain de Francfort.
Hélas, depuis son lancement, la fiabilité du Cityval est mise à l'épreuve : le métro a multiplié les avaries et sur-consommé l'énergie des usagers. À l'arrêt de 18 novembre au 22 dernier pour cause de court-circuit et d'incendie, les rames de la ligne b sont à nouveau hors service depuis le 3 janvier. Une possible reprise est fixée au printemps, sans certitude.
Une mystérieuse pièce cassée sur l'un des bogies
Or, Siemens Mobility semble avoir du mal à expliquer cette nouvelle tuile. Selon l'analyse technique présentée le 9 janvier par Nathalie Appéré, la maire de Rennes, l'origine de la panne sur une des rames provient d'une pièce mécanique cassée, dont la fonction n'a pas été précisée. Celle-ci est située sur l'un des quatre bogies, ces chariots de guidage situés sous un véhicule ferroviaire et sur lequel sont fixés les essieux et les roues.
« Rennes Métropole, Keolis et Siemens Mobility ont pris la décision de remplacer cette pièce mécanique par une pièce neuve. Cette opération va être menée sur l'ensemble des trains qui composent la flotte de la ligne b » a annoncé la maire, qui n'entend pas, en revanche, que la collectivité finance « l'investissement du remplacement du matériel ».
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