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Violentes turbulences lors d'un vol : le PDG de Singapore Airlines présente ses excuses

latribune.fr

Publié le 22 mai 2024 à 09:41 - Mis à jour le 22 mai 2024 à 10:26

Les passagers du vol SQ321 de Singapore Airlines, en provenance de Londres, ont atterri à Singapour ce mercredi (photo d'illustration).

Les passagers du vol SQ321 de Singapore Airlines, en provenance de Londres, ont atterri à Singapour ce mercredi (photo d'illustration).

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Des voyageurs et membres d'équipage traumatisés ont atterri à Singapour mercredi, après les fortes turbulences subies par leur vol en provenance de Londres qui a causé la mort d'un passager et un atterrissage d'urgence à Bangkok, conduisant le PDG de la compagnie à présenter des excuses.

[Article publié le mercredi 22 mai 2024 à 11h41 et mis à jour à 12h26] Des voyageurs et membres d'équipage traumatisés et blessés. Les passagers du vol SQ321 de Singapore Airlines, en provenance de Londres, ont atterri à Singapour ce mercredi. Le vol a subi des « turbulences extrêmes et soudaines » à 11.000 mètres au-dessus de la Birmanie dix heures après son décollage mardi, s'élevant soudainement et plongeant à plusieurs reprises.

Selon un passager, des personnes à bord ont été projetées dans la cabine avec une telle violence que leur crâne a heurté le plafond, causant d'importantes blessures à la tête à des dizaines de personnes. Des photos prises dans l'avion, un appareil du constructeur américain Boeing, montrent une cabine jonchée nourriture, de bouteilles de boissons et de bagages, ainsi que des masques à oxygène pendant du plafond.

Singapore Airlines « est vraiment désolée pour l'expérience traumatisante » vécue par les personnes à bord, a déclaré le PDG de la compagnie Goh Choon Phong. « Je tiens à exprimer mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches de la personne décédée », s'est-il exprimé dans un message vidéo mercredi.

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Atterrissage d'urgence

Dans le détail, « à 15H35 (10h35 à Paris mardi), l'aéroport a reçu un appel de détresse de l'avion du vol de Singapore Airlines indiquant qu'il y avait des passagers à son bord blessés par les turbulences et demandant un atterrissage d'urgence », a raconté l'aéroport de Suvarnabhumi (Thaïlande) dans un communiqué. A 15H45 locales (10h45 à Paris), le Boeing 777 s'est posé sur la piste et des ambulances se sont précipitées vers lui sirènes hurlantes et gyrophares allumés.

Un employé de Thai Airways a déclaré à l'AFP avoir vu « plus de 10 » ambulances se précipiter sur les lieux. Le personnel de l'aéroport a séparé les passagers en quatre groupes en fonction de leur état de santé, a raconté l'employé de la compagnie aérienne, qui n'a donné que son prénom, Poonyaphat.

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L'avion transportait 211 passagers et 18 membres d'équipage. Parmi eux, 56 étaient australiens, 47 britanniques et 41 singapouriens, a indiqué la compagnie aérienne. Un Britannique de 73 ans est décédé, et selon l'hôpital Samitivej Srinakarin de Bangkok, 71 personnes ont été prises en charge pour des soins. Vingt personnes se trouvent en soins intensifs dans des hôpitaux de la capitale thaïlandaise, ont annoncé mercredi les établissements. Selon l'aéroport de la capitale, 83 individus à bord ont été blessés.

Mercredi, 131 passagers et 12 membres d'équipage, soit une majorité des personnes présentes dans l'avion, ont finalement pu se poser à Singapour via un autre vol. Ils ont été accueillis par des proches soulagés.

Andrew Davies, un passager britannique à bord, a déclaré à BBC Radio 5 que l'avion avait « soudainement chuté » et qu'il y avait eu « très peu d'avertissements ». « Pendant les quelques secondes qui ont suivi la chute de l'avion, on a entendu un cri terrible et ce qui ressemblait à un bruit sourd », a-t-il raconté, ajoutant qu'il avait aidé une femme qui « criait à l'agonie » et qui avait une « entaille à la tête ».

Il a cru que l'avion allait s'écraser, a-t-il raconté dans un podcast de la BBC. Il a décrit avoir vu des personnes avec des lacérations à la tête et des saignements aux oreilles : « J'étais couvert de café. Les turbulences étaient incroyablement fortes ».

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Enquête en cours

Le Premier ministre de Singapour, Lawrence Wong, a adressé ses « plus sincères condoléances » à la famille et aux proches du passager décédé, Geoff Kitchen, directeur d'un théâtre près de Bristol. La cité-Etat a envoyé une équipe d'enquêteurs à Bangkok et Lawrence Wong a assuré sur Facebook que son pays « travaillait en étroite collaboration avec les autorités thaïlandaises ».

«Il est trop tôt pour savoir exactement ce qui s'est passé. Mais je pense que les passagers manquent en général de précautions», a déclaré à l'AFP Anthony Brickhouse, expert américain en sécurité aérienne. «Dès que le signal s'éteint, la plupart d'entre eux détachent immédiatement leur ceinture de sécurité».

Selon le passager Andrew Davies, « l'avion s'est soudainement effondré » alors que le signal de port de la ceinture venait juste de s'allumer.

Les scientifiques expliquent aussi que le changement climatique est susceptible de provoquer davantage de turbulences, invisibles au radar. Selon une étude réalisée en 2023, la durée annuelle des turbulences a augmenté de 17% entre 1979 et 2020 et les turbulences sévères, plus rares, de plus de 50%.

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Boeing déjà dans la tourmente

Par ailleurs, cet accident s'agit du dernier incident en date impliquant un Boeing, après l'explosion d'un panneau de fuselage d'un 737 MAX d'Alaska Airlines en janvier, ainsi que deux crashs mortels en 2018 et 2019.

«Nous présentons nos plus sincères condoléances à la famille qui a perdu un être cher et nos pensées vont aux passagers et à l'équipage», a réagi de son côté Boeing sur le réseau social X, se disant «prêt à soutenir» Singapore Airlines.

Le géant américain de l'aviation est secoué par des crises multiples liées à des problèmes de production et de contrôle de la qualité, qui ont entraîné le départ de son PDG Dave Calhoun. D'ici au 28 mai, Boeing doit remettre au régulateur américain de l'aviation, la FAA - qui a gelé sine die la production du 737 MAX -, un « plan d'action complet » pour remédier aux nombreux problèmes de non-conformité.

(Avec AFP)

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Les turbulences aériennes, c'est quoi?

Les turbulences atmosphériques, à l'image de celles qui ont provoqué la mort d'un passager sur un vol de Singapore Airlines, sont des phénomènes parfois difficiles à prévoir et en voie d'augmentation à cause du changement climatique, selon les experts.

Les turbulences aériennes sont liées à un changement dans les courants d'air affectant la stabilité d'un vol. Elles peuvent être provoquées par des orages, les mouvements d'air autour de montagnes, des fronts d'air froid ou chaud, ou encore les jet streams - des bandes de vents forts en circulation autour de la Terre à certaines latitudes.

« Même si les météorologues ont des outils excellents pour prévoir les turbulences, ils ne sont pas parfaits, et des turbulences inattendues peuvent se produire », a souligné auprès de l'AFP Thomas Guinn, professeur à l'université d'aéronautique Embry-Riddle.

Concernant le vol affecté mardi, les « premiers éléments semblent indiquer une turbulence en air clair, le type de turbulence le plus dangereux », selon un communiqué de l'Association of Flight Attendants-CWA, représentant plusieurs dizaines de milliers d'agents de bord. Ces turbulences « en air clair » sont définies comme « des turbulences soudaines et importantes se produisant dans des zones sans nuage et causant de violentes secousses de l'avion » selon le régulateur américain de l'aviation civile (FAA).

Elles sont « particulièrement problématiques car souvent rencontrées de façon inattendue et fréquemment sans indice visuel avertissant les pilotes du danger », explique la FAA.  Selon l'agence, ce type de turbulence peut notamment se produire près des jets streams et est communément associé à un phénomène de cisaillement du vent (changements soudains de vitesse et/ou de direction du vent).

Selon un rapport de 2021 du Conseil national de la sécurité des transports américains, les turbulences continuent à être « une cause importante d'accidents et de blessés ».

Toutefois, « les décès liés à des turbulences sur des vols commerciaux sont heureusement très rares », a relevé Paul Williams, professeur en sciences de l'atmosphère à l'Université de Reading. « De ce que je sais, il n'y avait pas eu de décès lié à des turbulences sur un vol commercial depuis 2009 », a-t-il ajouté dans une déclaration transmise à l'AFP.

Mais selon ses recherches, la crise climatique aggrave la fréquence des turbulences. « Le changement climatique accroît la différence de température entre les pôles froids et les tropiques chauds », ces derniers « se réchauffant plus vite que les pôles aux altitudes de croisière », a expliqué Paul Williams. « Cet effet entraîne davantage de cisaillement dans le jet stream, ce qui génère davantage de turbulence ».

D'après Paul Williams, les turbulences « en air clair » graves dans l'Atlantique nord ont déjà augmenté de 55% depuis 1979. « Nos dernières projections sont un doublement voire un triplement des turbulences graves dans les jet streams dans les décennies à venir, si le climat continue à se réchauffer comme attendu », a-t-il ajouté.

Pour Thomas Guinn, les passagers d'avions doivent donc le plus possible garder leur ceinture à bord : « Si attachés correctement, il y a beaucoup moins de risque d'accident ».

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