Chine : Didi lève 5,5 milliards et devient la startup la plus chère du monde... derrière sa rivale Uber

Le consortium d'investisseurs comprendrait le japonais SoftBank et les banques chinoises China Merchants Bank et Bank of Communications, selon Bloomberg.
Mounia Van de Casteele
Didi, qui avait racheté l'an dernier les opérations d'Uber en Chine, affirme contrôler aujourd'hui 90% du marché des VTC dans le pays.
Didi, qui avait racheté l'an dernier les opérations d'Uber en Chine, affirme contrôler aujourd'hui 90% du marché des VTC dans le pays. (Crédits : © Jason Lee / Reuters)

Après avoir fait mordre la poussière à Uber, le chinois Didi Chuxing, principale application de réservation de véhicules de transport avec chauffeur (VTC) du pays, a annoncé vendredi avoir levé plus de 5 milliards de dollars. Cette opération en fait désormais la startup la mieux valorisée d'Asie, devant le fabricant chinois de smartphones Xiaomi (46 milliards de dollars), selon un classement du Wall Street Journal.

Pour rappel, Didi, qui avait racheté l'an dernier les opérations d'Uber en Chine, affirme contrôler aujourd'hui 90% du marché des VTC dans le pays. En attendant, pour dominer le colossal marché chinois, l'épique bataille entre Uber et Didi avait coûté cher aux deux entreprises, qui subventionnaient généreusement les courses des usagers et les chauffeurs, avant qu'Uber -qui brûlait un milliard de dollars par an en Chine- ne décide d'arrêter les frais.

Une ambition internationale

Cependant, comme Uber, son objectif est à terme, de dominer le marché mondial. Didi ne s'en cache pas. Et l'entreprise avait ainsi pris en 2015 des participations dans l'application indienne de réservation de taxis Ola, ainsi que dans l'américain Lyft, rival d'Uber aux Etats-Unis. Mais Didi vise également l'Amérique du Sud, avec un investissement de 100 millions de dollars réalisé en janvier dans le service brésilien de VTC "99".

Alors afin de poursuivre son ambitieux développement à l'étranger ainsi que ses projets de véhicules "intelligents", Didi a obtenu "plus de 5,5 milliards de dollars de nouveaux financements", a-t-elle indiqué dans un communiqué. Avec cette levée de fonds, Didi Chuxing pèsera environ 50 milliards de dollars, contre environ 35 milliards de dollars précédemment, selon l'agence Bloomberg. L'écart se réduit avec l'américaine Uber, la plus grosse startup non cotée en Bourse, dont la valorisation capitalistique flirte avec quelque 70 milliards de dollars. Didi arrive désormais juste derrière, en seconde position.

Le communiqué ne donne aucun détail, mais d'après Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier, le consortium d'investisseurs comprendrait le japonais SoftBank ou encore les banques chinoises China Merchants Bank et Bank of Communications.

Quasi monopole local

Didi Chuxing, né en 2015 de la fusion de deux applications concurrentes soutenues respectivement par les géants chinois de l'internet Alibaba et Tencent, assure compter 400 millions d'usagers. Il contrôlait début 2016 pas moins de 99% du marché des réservations de taxi en ligne et autour de 87% de celui des VTC. Il a depuis encore renforcé son monopole, ses applications enregistrant 20 millions de courses quotidiennes.

Mais de son propre aveu, il est confronté au durcissement des réglementations dans les plus grandes métropoles, dont Pékin et Shanghai, qui tendent à limiter le nombre de chauffeurs potentiels. Une problématique de contingentement des professions de taxi et de VTC que l'on retrouve en France d'ailleurs.

Par ailleurs, Didi Chuxing, comme ses concurrents, mise sur l'intelligence artificielle, qui pourrait à terme permettre le développement de voitures autonomes: le chinois a inauguré début mars un laboratoire de recherche consacré à ces technologies en pleine Silicon Valley aux Etats-Unis. Reste qu'il n'est pas le seul sur le coup. Loin de là. En effet, des Gafas aux constructeurs automobiles en passant par les opérateurs et les transporteurs, tous les acteurs de l'écosystème de la mobilité planchent sur l'intelligence artificielle et la mise au point de véhicules autonomes. Avec l'objectif d'arriver le premier en tête dans cette course technologique.

Mounia Van de Casteele

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