XL Airways mandate une banque d'affaires pour trouver un partenaire industriel

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Fin 2016, la compagnie a mis fin à son activité B737 sur le moyen-courrier.
Fin 2016, la compagnie a mis fin à son activité B737 sur le moyen-courrier. (Crédits : Reuters)
Selon des sources concordantes, les actionnaires de XL Airways (également propriétaires de La Compagnie), ont mandaté la banque Degroof pour trouver un partenaire industriel sur lequel pourrait s'adosser XL.

Nouveaux changements capitalistiques en vue pour XL Airways. Deux ans après sa reprise par les actionnaires de La Compagnie (au nombre d'une quarantaine, dont Motier, la holding de la famille Moulin propriétaire des Galeries Lafayette, est le plus gros d'entre eux, avec plus de 20% du capital), XL Airways recherche un partenaire industriel sur lequel s'adosser. Avec ses quatre Airbus A330, XL cherche ainsi à devenir un outil de complémentarité pour une compagnie plus importante.

Selon plusieurs sources concordantes, la banque d'affaires Degroof a été mandatée pour cette mission, dans le prolongement de la vente du tour-opérateur de XL Heliades à Marietton finalisée la semaine dernière. L'idée est de trouver un partenaire qui entrerait dans le capital de XL Airways par le biais d'une augmentation de capital ou d'une cession, pour assurer le développement de la compagnie.

Des contacts avec des compagnies étrangères

En début d'année, XL pensait bien l'avoir trouvé avec Air France. Des discussions avancées sur une prise de participation inférieure à 50% d'Air France dans XL ont en effet eu lieu en début d'année avec l'ancienne direction, dans l'optique de faire d'XL l'outil d'Air France sur le segment du low-cost long-courrier. Mais ce projet a été enterré avec la crise sociale et de gouvernance qui a secoué Air France au printemps.

Aujourd'hui, c'est du côté de l'étranger que les pistes semblent les plus sérieuses. Selon certaines sources, des contacts sont en cours avec plusieurs compagnies, sachant que la règlementation interdit à des investisseurs non communautaires de prendre plus de 49,9% du capital d'une compagnie aérienne européenne.

"XL Airways peut intéresser les compagnies qui une problématique de droits de trafic en France", explique un observateur.

Un peu comme l'a fait la compagnie italienne Meridiana, rachetée à hauteur de 49% par Qatar Airways qui l'a transformée en Air Italy.

Des pertes élevées

Avec la hausse du prix du baril et un environnement concurrentiel très intense avec le développement des low-cost long-courrier au départ de Paris, XL Airways a connu une année très difficile sur le plan financier. Selon des sources concordantes, l'exercice 2017-2018, clos fin septembre, s'est soldé par de lourdes pertes d'exploitation.

À tel point que les gros actionnaires de la compagnie ont remis au pot dans leur pôle aérien en octobre en injectant 12 millions d'euros, après avoir déjà remis 6 millions d'euros l'année précédente. Ce qui porte le montant des sommes engagées depuis la création de La Compagnie en 2014 à près de 90 millions d'euros. La facture est salée. Ce qui fait dire à plusieurs observateurs que les actionnaires, dont le transport aérien n'est pas le coeur de métier, vendront la compagnie s'ils trouvent preneur.

"Chercher un partenaire sur qui s'adosser est la façon pudique de parler d'une vente", s'amuse un banquier d'affaires.

Quoi qu'il en soit, les actionnaires ont fait sorte de désolidariser le sort d'XL et de La Compagnie, un transporteur long-courrier 100% classe affaires à prix réduit. Jusqu'ici filiale de XL Airways, La Compagnie est aujourd'hui une entreprise soeur, filiale comme XL de Dreamjet Participations.

La Compagnie se rapproche de l'équilibre

Après bien des difficultés, La Compagnie se rapproche de l'équilibre financier. L'arrivée de deux A321LR NEO plus performants en mai pour le premier et en août pour le second, devrait lui permettre d'atteindre l'équilibre à l'issue de l'exercice actuel, clos fin octobre, puis de dégager des bénéfices l'année suivante.

Pour les actionnaires le retournement d'XL est aujourd'hui la priorité. Sans attendre l'issue de la recherche d'un partenaire industriel, la direction s'attelle à redresser la barre. Comme elle l'a fait à maintes reprises depuis 10 ans pour maintenir à flot la compagnie, elle travaille sur la redéfinition du modèle de la compagnie. La décision a d'ores et déjà été prise de mettre fin au modèle 100% classe économique qui caractérisait XL. Une classe Premium va être introduite sur toute la flotte, comme le font toutes les compagnies low-cost long-courriers.

Préavis de grève

Les difficultés de XL interviennent au moment où certains syndicats grognent. Représentant 22% des voix chez les hôtesses et les stewards, l'UNAC a déposé un préavis de grève pour les 12 et 13 janvier. Il demande une revalorisation des salaires de 14,5% répartie sur plusieurs années, pour rattraper un gel des salaires en vigueur depuis 2007.

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Commentaires
a écrit le 17/12/2018 à 9:17 :
Sans la finance cette économie n'existerait pas car la subvention de ce secteur sous perfusion des états serait bien moindre.

Ah ben tiens c'est une activité ultra polluante encore !
a écrit le 15/12/2018 à 13:11 :
Toute cette dépense d'énergie pour ce piètre résultat. Et dire que XL Airways prétendait ouvrir une ligne Zhengzhou (Chine) / Toulouse... avec des idées comme celle-là comment ne pas se retrouver en difficultés... pour en savoir plus sur l'attribution des droits de trafic entre la Chine et Toulouse, il faut lire l'excellent "L'empreinte du Dragon" de Jean Tuan chez C.L.C. Editions. Une fiction jubilatoire qui colle à la réalité...

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