Mardi, Élisabeth Borne avait annoncé que des sanctions administratives et financières pourraient toucher les employeurs récalcitrants aux 3 jours de travail à distance par semaine.
Élisabeth Borne a enfin mis les prix sur l'ardoise, mais elle souhaite aussi créer une procédure accélérée afin de doper l'arsenal de ses inspecteurs du travail - des entreprises contrevenantes aux directives télétravail "profiteraient de la lenteur du système" (pour passer entre les mailles du filet), justifie-t-elle. Face à la satisfaction syndicale, le Medef s'offusque d'un "coup porté à la confiance". Mais la CPME, qui a compris que cette nouvelle amende est minorée par rapport au cadre général, salue la "modération" gouvernementale.
[Publié le 30.12.201 à 10:26 mis à jour à 12:30 avec réactions CGT, Medef, CPME]
La ministre du Travail vient-elle d'inventer l'"amende flash"? C'est peut-être ce qui va résulter de son souhait d'accélérer la procédure de recouvrement des montants infligés aux entreprises négligentes ou oublieuses en cas de manquement aux obligations du gouvernement en matière de télétravail.
Ce jeudi matin, sur LCI, elle met enfin les prix sur l'ardoise: le gouvernement souhaite pouvoir sanctionner d'une amende administrative allant jusqu'à 1.000 euros par salarié, dans la limite de 50.000 euros, les entreprises ne jouant pas le jeu du télétravail pour lutter contre l'épidémie de Covid-19.
Doter l'inspection du travail "d'un système plus rapide et donc plus dissuasif"
Mais Elisabeth Borne a aussi annoncé ce matin sur LCI qu'elle souhaitait mettre en place, pour les "quelques entreprises qui ne jouent pas le jeu", une procédure accélérée afin de doper l'arsenal de ses inspecteurs du travail:
"On constate que la plupart des entreprises jouent très bien le jeu (...) On a quelques entreprises qui ne le font pas, qui ne suivent pas les recommandations de l'inspection du travail,et qui profitent de la longueur de la procédure de sanction pour ne pas respecter les règles",a-t-elle expliqué.
Elle poursuivait :
"Je souhaiteun système plus rapide et donc plus dissuasifen permettant à l'inspection du Travail de pouvoir prononcer des sanctions sans attendre la procédure judiciaire. Nous allons introduire un amendement (...) en prévoyant la possibilité pour l'inspection du travail de prononcer des sanctions jusqu'à 1.000 euros par salarié dont la situation n'est pas conforme, dans la limite de 50.000 euros", a expliqué la ministre.
Pour rappel, le Premier ministre Jean Castex a annoncé lundi l'obligation de porter le télétravail à 3 ou 4 jours par semaine, "pour tous les salariés pour lesquels il est possible", à partir du 3 janvier et pour une durée de trois semaines.
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Un nouveau protocole national en entreprise (PNE) traduisant ce changement doit être publié dans la journée de jeudi.
L'amende proposée sera donc inférieure à celle du cadre général
Si ce PNE n'a pas force de loi, les chefs d'entreprise ont, par obligation du Code du travail, le devoir de veiller à la santé de leurs employés. Et, dans l'arsenal actuel à leur disposition, les inspecteurs du travail peuvent déjà prononcer des "mises en demeure" lorsqu'ils estiment insuffisantes les mesures pour protéger la santé des salariés qu'ils constatent lors de leurs contrôles.