La Normandie crée son propre marché du carbone
Nathalie Jourdan
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La Région Normandie pense avoir trouvé un levier pour « monétiser » les crédits carbone qui sommeillent.
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La Région Normandie pense avoir trouvé un levier pour « monétiser » les crédits carbone qui sommeillent.
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En France, seule une trentaine d'entreprises, représentant 80% des émissions de CO2, sont assujetties au marché européen des quotas carbone censé permettre une réduction des émissions de l'industrie dans l'UE. Mais quid des milliers d'autres, responsables de 20% d'émissions ? Elles ne sont, pour l'instant, soumises à aucune obligation règlementaire si ce n'est de s'acquitter, comme chacun d'entre nous, de la désormais célèbre "taxe carbone" dont le montant est gelé depuis la crise des Gilets Jaunes.
Cela étant, un nombre croissant d'entre elles cherchent à infléchir les émissions de gaz à effet de serre (GES) par l'entremise du mécanisme de la compensation volontaire. Comme son nom l'indique, celui-ci consiste à financer un projet de réduction ou de séquestration des émissions de GES dont on n'est pas directement responsable pour compenser ses propres émissions dès lors qu'elles sont incompressibles.
Bien que l'Ademe fasse état d'un intérêt de plus en plus marqué pour ce mécanisme, rares sont les entreprises qui passent à l'acte. En cause, la complexité du système. Malgré les dizaines d'intermédiaires, y compris des banques, apparus sur ce marché depuis dix ans il reste difficile, pour qui ne maîtrise pas les codes, de trouver son chemin dans la jungle des offres et la diversité des démarches. Trop lointaines (participer à la plantation d'une forêt sous d'autres latitudes par exemple), trop peu transparentes ou trop "usines à gaz", elles dissuadent plus d'une PME de se jeter à l'eau et de valoriser ses crédits carbone. En témoigne le succès encore très relatif du label Bas Carbone initié par l'Etat.
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La région Normandie pense avoir trouvé un levier pour « monétiser » ces crédits qui sommeillent, dans l'idée de massifier la décarbonation. Elle s'apprête à créer son propre organisme d'intermédiation sur le marché de la compensation carbone. Sorte d'agrégateur, celui-ci permettra à des entreprises ou à des collectivités d'acquérir des unités de compte carbone (entre 15 et 30 euros la tonne) à la hauteur de ce qu'elles souhaitent. Puis il ré-affectera les fonds collectés à des projets de réduction d'émissions. Signe particulier ? Cette entité juridique autonome opérera exclusivement à l'intérieur des frontières régionales. Une première en France à cette échelle.
Nathalie Jourdan