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Petit réacteur modulaire nucléaire (SMR) : le Qatar met près de 100 millions d'euros dans le projet britannique

latribune.fr

Publié le 20 décembre 2021 à 13:32 - Mis à jour le 20 décembre 2021 à 13:47

La grande-bretagne envoie des soldats en afghanistan pour evacuer ressortissants et personnel

Photo d'illustration

PHIL NOBLE

Le Quotidien Numérique

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Le fonds souverain du Qatar participe au tour de table de ce projet porté par Rolls-Royce et qui regroupe déjà le Royaume-Uni, BNF Resources et l'Américain Exelon. Coût total de l'opération, à ce stade : 490 millions de livres. Ces SMR devraient être opérationnels en 2030 avec l'ambition d'alimenter 1 million de foyers.

Lors de l'annonce du financement du projet des petits réacteurs nucléaires, porté par le gouvernement britannique et Rolls-Royce, la porte était ouverte pour la recherche de nouveaux actionnaires. Un mois et demi après cette communication, on apprend ce lundi que le fonds souverain du Qatar va injecter 85 millions de livres sterling (99,7 millions d'euros) dans le programme du motoriste britannique.

Le projet est "à présent pleinement financé après avoir sécurisé 490 millions de livres (574 millions d'euros ndlr)" de fonds, souligne Rolls-Royce. Le tour de table comprend 195 millions de livres déjà annoncés en novembre, apportés par BNF Resources, l'américain Exelon et Rolls-Royce, auxquels s'ajoutent les 85 millions du Qatar. Le gouvernement britannique va pour sa part délivrer un chèque de 210 millions de livres (246 millions d'euros) par l'intermédiaire de l'agence gouvernementale UK Research and Innovation.

Entrée en fonction en 2030

Le Royaume-Uni s'est engagé à décarboner son électricité d'ici 2035 et le gouvernement compte largement sur l'éolien en particulier offshore, mais aussi sur le nucléaire, alors que son parc est en fin de vie.

"Les petits réacteurs modulaires (SMR) offrent des opportunités intéressantes pour réduire les coûts et construire plus rapidement, garantissant que nous pouvons apporter de l'électricité propre aux foyers et réduire encore plus notre utilisation déjà en baisse de combustibles fossiles volatils", a déclaré début novembre le secrétaire aux Affaires et à l'Énergie, Kwasi Kwarteng.

Rolls-Royce travaille en effet à la conception d'une nouvelle technologie pour fournir de l'électricité "moins chère et à bas carbone" produite à partir de nucléaire, avec des centrales plus petites que d'ordinaire qui "occuperaient un dixième de la taille d'une centrale traditionnelle", et seraient en mesure d'alimenter environ un million de foyers. Les réacteurs de plus petite taille sont cités depuis des mois comme plus faciles à financer et mettre en œuvre. Le groupe vise une entrée en fonction "au début des années 2030".

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Rolls-Royce et ses partenaires utiliseront le financement initial pour soumettre sa conception SMR aux instances de régulation des activités nucléaires du Royaume-Uni. Le processus devrait durer quatre ans, mais permettrait au consortium d'achever sa première centrale de 470 MW d'ici le début des années 2030. Chaque mini-centrales serait capable de produire suffisamment d'électricité à faible émission de carbone pour environ 1 million de foyers, estime le consortium.

Rolls-Royce estime qu'au moins 16 SMR pourraient être installés sur des sites nucléaires opérationnels. Dans le cadre de la phase de développement, il identifiera également les sites de fabrication possibles pour les modules composants les réacteurs.

Critiques des ONG écologistes

Selon l'entreprise, les cinq premiers réacteurs SMR pourraient coûter 2,2 milliards de livres sterling chacun, tombant à 1,8 milliard de livres sterling pour les unités suivantes grâce aux économies d'échelle et le savoir-faire acquis. Le groupe estime que le programme pourrait créer jusqu'à 40.000 emplois dans les régions du Royaume-Uni d'ici 2050.

Les ONG écologistes dénoncent la présentation de ces petits réacteurs et les jugent "plus chers que les technologies renouvelables", sans compter qu'il n'y "a toujours pas de solution pour se débarrasser des déchets radioactifs", déplorait ainsi en novembre Greenpeace. "Pire encore, il n'y a pas de prototype en vue à courte échéance. Le délai immédiat est une coupe drastique des émissions (polluantes) d'ici 2030 et les petits réacteurs ne vont jouer aucun rôle là-dedans", poursuivait Greenpeace.

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