Vélos, trottinettes et scooters : les nouvelles mobilités à l'arrêt

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(Crédits : Sipa)
Les services publics des vélo en libre service, comme V3 à Bordeaux, Bicloo à Nantes, Vélov' à Nantes et Vélib' à Paris, fonctionnent encore.

La grève des transports publics avait dopé leur usage, mais le confinement y a donné un coup d'arrêt: presque tous les vélos, trottinettes et scooters en libre service sont rentrés au garage cette semaine. "Jusqu'à nouvel ordre", disent-ils en choeur.

"Comme vous, nous nous inquiétons pour les villes que nous aimons (...). Aimer les villes signifie aussi les protéger. Pour l'instant, nous suspendons le service Lime pour aider les gens à ne pas bouger et rester en sécurité", a ainsi écrit la start-up américaine qui, la première, avait lancé ses trottinettes électriques dans les rues parisiennes en juin 2018.

Lime a rangé ses engins dans 24 pays, dont la France et ses voisins. Il reste paradoxalement actif en Corée du Sud, important foyer du coronavirus. Son compatriote Bird, qui venait de présenter un nouveau modèle, évoque de même une "pause" en Europe.

Et la plateforme de VTC Uber a remisé ses vélos et ses trottinettes ("Jump") "afin d'aider à aplatir la courbe de propagation à Paris", selon Laureline Serieys, la directrice générale pour la France et le Benelux de ce service.

 Service minimum pour les soignants

Il s'agit selon Uber de "réduire les risques de propagation du virus liés à une mise en contact entre (les) véhicules en libre service et des utilisateurs", puisque "l'OMS indique que les coronavirus peuvent persister sur les surfaces quelques heures à plusieurs jours". Les engins peuvent être vecteurs du virus, mais il y a aussi la question du fastidieux entretien des machines, dans un contexte de chute de leur utilisation.

Le suédois VOI fait également une pause, tout comme l'allemand Tier Mobility qui interrompt ses activités en France. Du moins pour le grand public: "Nous avons déjà proposé aux villes d'étudier la manière dont Tier Mobility pourrait mettre à disposition ses ressources au profit des déplacements des personnels soignants et ainsi aider à faire face à cette crise sanitaire sans précédent", indique son directeur général pour la France, Alex Souter.

Parmi les opérateurs qui restent, le franco-néerlandais Dott, qui a réduit la voilure de moitié avec 1.500 trottinettes à Paris et 1.000 à Lyon. "On continue avec un service minimum, en accord avec les autorités, pour les personnes qui ont vraiment besoin de se déplacer", explique le directeur marketing Matthieu Faure. "Pour l'instant, on nous encourage plutôt à maintenir un service minimum. Après, on verra!"

Du côté des scooters, "on essaie de ne pas quitter le navire" malgré une baisse de la demande "de l'ordre de 90%", dit Vincent Bustarret, le directeur marketing de Cityscoot. "On calibre nos équipes. Tant qu'on a la possibilité d'opérer et la capacité de le faire, on se dit qu'on peut rendre service", ajoute-t-il.

"Lavez-vous les mains"

Il reste enfin le service public des vélos en libre service, comme V3 à Bordeaux, Bicloo à Nantes, Vélov' à Nantes et Vélib' à Paris. Il fonctionne encore généralement, fût-ce "à régime minime". "Le service est toujours en activité avec des forces réduites parce qu'on a de l'absentéisme dans nos rangs", dit un porte-parole de Smovengo, la société qui exploite le Vélib' parisien.

Le personnel, notamment, nettoie les vélos dans les stations et à l'atelier, remarque-t-il. "Limitez au maximum vos déplacements", conjure néanmoins le site internet du service. Et "lavez-vous les mains avant et après avoir utilisé un Vélib'".

Restent les conséquences économiques de cet arrêt quasi-total de l'activité. Personne n'ose encore en parler.

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Commentaires
a écrit le 20/03/2020 à 21:17 :
C'est la débacle économique de la France et la débacle du service public. Mais la résistance vient car la France rationnelle illustrée par Descartes fête bientot des 400 ans. (discours de la methode 1637).
a écrit le 20/03/2020 à 13:25 :
C est maintenant malheureusement le grand RDv pour toutes ces start up sous steroides gonflées superficiellement aux levees de fonds (early stage, series x..) et aux CA fameliques et BUsiness Plan stressed & overdesigned!!! Elles vont devoir etre resilientes pour les plus pertinentes. Toutes les autres vont disparaitres. Quant aux opportunistes stakeholders qui ont mis des tickets de 50/100k...ça va piquer les gars...watch out!!
Réponse de le 20/03/2020 à 20:54 :
On rajouterait volontiers: "Tant mieux !"; Signé: un parisien;

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