Attirer l'épargne vers le capital-investissement
Christine Lejoux
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À l'heure où l'Afic, le lobby français du capital-investisse-ment, s'efforce de réconcilier l'opinion publique avec ce métier souvent assimilé aux fonds vautours, il s'est trouvé un très bon ambassadeur en la personne de son nouveau président, élu le 20 juin.
Louis Godron, par ailleurs directeur général de la société de capital-investissement Argos Soditic, c'est tout sauf l'image du financier arrogant et sans scrupule. Au contraire, le monsieur affiche une bonhomie rassurante. On sent qu'il a les pieds sur terre, voire les mains dans le cambouis, loin de cette finance « sans visage » vilipendée par le président Hollande, et qui brasse des milliards, totalement déconnectée des réalités. Il faut dire qu'une femme chef d'entreprise et quatre enfants, ça vous aide à garder les pieds sur terre. Mais justement, lui qui aime le réel, comment est-il tombé dans la finance, alors que ses études à Centrale le prédisposaient au métier beaucoup plus concret d'ingénieur ? Eh bien... par amour !
Donner vie à des projets, « comme une sage-femme »
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Qu'on ne s'abuse pas, Louis Godron, tout matheux qu'il est, n'est pas tombé amoureux des marchés financiers, mais de sa femme, tout simplement. Et cela, alors qu'il devait s'envoler deux mois plus tard pour l'inde, afin d'y accomplir son volontariat du service national en entreprise (VSNE). Plus question de partir à l'autre bout du monde, le jeune homme cherche en catastrophe un autre VSNE, plus près de sa belle. Ce sera Genève, chez Elf aquitaine : « J'ai débuté ma carrière dans le trading de produits pétroliers. C'est là que j'ai acquis ma conviction de l'inefficience des marchés, ce qui m'a amené à me rapprocher du fondamental : l'entreprise. »Les choses plus réelles, c'est initiative et Finance, l'un des pionniers du capital-investissement en France, spécialisé dans les opérations de transmission d'entreprises. Louis Godron est recruté par celui qui deviendra son compère, Gilles Mougenot, aujourd'hui président d'argos Soditic, qu'il crée en 1990, emmenant Louis Godron dans ses bagages. alors âgé de 24 ans, ce dernier découvre le métier encore tout neuf en France du « private equity », qui, dans les grandes lignes, consiste à lever des fonds auprès d'investisseurs institutionnels comme les banques, et à les investir dans des entreprises, généralement non cotées en Bourse, pour financer leur développement ou leur cession, avec pour objectif la réalisation de plus-values destinées à rémunérer les « zinzins. » « Le capital-investissement est un métier fabuleux qui a un véritable sens économique et social. Et pour qu'un ingénieur vous dise que quelque chose est fabuleux, c'est que ça l'est vraiment?! », s'exclame Louis Godron. « C'est comme la profession de sage-femme, cela permet de donner la vie à des projets d'entrepreneurs qui ne pourraient pas voir le jour sans cela. Et comme un tuteur, nous aidons l'entreprise à se développer en y apportant non seulement des fonds propres, mais aussi et surtout des compétences et savoir-faire variés. »
Rencontrer moult chefs d'entreprise, chacun avec son histoire propre, pénétrer les arcanes de différents secteurs d'activité, réorienter des stratégies, fortifier le volet marketing d'une entreprise qui produit de beaux produits mais ne sait pas les vendre, un peu à la manière de l'entraîneur qui fait tra-vailler son revers à un tennisman plutôt porté sur le coup droit, voilà ce qui plaît à Louis Godron.
Christine Lejoux
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