Jean-Marie Sander, président de Crédit Agricole SA "Le modèle de la banque universelle reste un bon modèle"
Propos recueillis par Laura Fort et Séverine Sollier
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La Tribune - Le Crédit Agricole a-t-il durci ses conditions de prêts?
Jean-Marie Sander - Nous continuons à exercer notre métier de prêteur. Certes, nous observons un ralentissement de la demande de crédit, mais il n'y a pas de notre part de ralentissement de l'offre. L'encours de crédit aux particuliers continue de progresser. Pour les entreprises, notre encours de crédit est stable côté Crédit Agricole et en très légère baisse côté LCL après une forte année 2011. Par ailleurs, nous ne constatons pas de montée des risques, ce qui est positif.
Pourrez-vous maintenir le niveau de vos crédits en 2013?
Nous le souhaitons. Mais il faut que les pouvoirs publics et le législateur aient conscience que notre économie a besoin pour son financement de ressources à moyen et long terme. Or, le gouvernement vient de privilégier l'épargne à court terme avec l'augmentation du plafond du Livret A. Nous lui rappelons que le système bancaire doit avoir le carburant nécessaire pour financer l'économie et les territoires.
Que souhaiteriez-vous obtenir?
Nous souhaitons une fiscalité plus adaptée à l'épargne longue dont nous avons besoin pour pouvoir prêter. La banque est un intermédiaire entre celui qui dépose de l'argent et celui qui emprunte. Bref, il faut favoriser une collecte qui reste dans le bilan des banques. C'est le contraire du Livret A dont les fonds, en grande partie, ne restent pas dans nos comptes mais sont centralisés à la Caisse des dépôts et échappent ainsi aux circuits habituels de financement des territoires.
L'assurance-vie non plus ne figure pas dans le bilan bancaire, pourtant c'est de l'épargne longue. Envisagez-vous d'en vendre moins?
Si les clients veulent de l'assurance-vie, ils auront de l'assurance-vie. Nous ne pouvons pas arbitrer la demande des clients au regard des circuits de financement de l'économie.
Quel regard portez-vous sur la création de la Banque publique d'investissement qui vise justement à soutenir les entreprises localement?
Dans une période où l'argent est plus rare et plus cher, nous encourageons tout ce qui contribue à apporter des fonds propres aux entreprises. Pour le reste, nous verrons si cette nouvelle banque publique préserve des mécanismes qui ont fait leur preuve et avec lesquels nous travaillons en bonne intelligence, comme Oséo.
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Propos recueillis par Laura Fort et Séverine Sollier
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