Résilience
Robert Jules
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La France n'arrivera pas donc à son objectif de déficit public en 2013. Le seuil des 3% maximum du PIB qu'elle s'était engagée à atteindre dans le cadre du pacte de stabilité européen sera largement dépassé, puisque le chiffre de 3,6% est désormais avancé.
Un autre espace-temps
La perspective d'absence de croissance en 2013 explique ce futur manquement. Certaines fuites de la Commission européenne qui doit annoncer ses prévisions pour la zone euro ce vendredi font état de 0,1%, ce qui est encore inférieur au 0,3%, chiffre pourtant révisé par le gouvernement qui vivait jusqu'à il y a peu dans un autre espace-temps en s'accrochant à 0,8%.
La France va donc être l'objet d'une procédure, normale, de la part de Bruxelles, visant à analyser les raisons pour lesquelles l'objectif a été loupé. Partant, elle fera des recommandations. Ces dernières font d'ailleurs partie de la procédure du « semestre européen », selon laquelle chaque pays membre de la zone euro doit soumettre son budget à la Commission européenne avant son examen au parlement national. Il s'agit en effet de contrôler s'il correspond dans ses grandes lignes à la discipline commune visant à faire converger les budgets des pays de la zone au nom de l'intégration.
Des enseignements tirés de la crise
Cette procédure est une conséquence directe des enseignements tirés de la crise de la zone euro et de l'explosion de la dette souveraine qui a fragilisé le c?ur de l'Europe. Celui qui suit l'actualité de cette crise européenne aura noté un changement de ton de la part du commissaire européen en charge des Finances, le finlandais Olli Rehn. Jadis cassant et chantre de la rigueur, il est désormais plus conciliant - sur la forme - avec Paris. Car pour un pays qui ne remplit pas ses objectifs il est normalement prévu par les textes une sanction financière, certes pas automatique, comme le voulait Berlin, qui peut représenter 0,2% du PIB.
Evidemment, la majorité des Français n'a pas encore véritablement perçu combien la souveraineté de leur pays, tant vantée, bien souvent narcissiquement, par la classe politique, est écornée par ces prérogatives européennes. On est loin du lyrisme patriotique d'un général de Gaulle, mais les temps ont changé.
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Robert Jules