Nouveau coup de frein sur le développement du solaire français

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Estimant que la filière est en avance sur les objectifs du Grenelle, l'État diminuera de 12 % le tarif de rachat à la rentrée.

Le gouvernement entend ralentir le développement de la filière photovoltaïque française, jugé exponentiel, coûteux et favorable aux effets d'aubaine. Lundi soir, les ministères de l'Écologie et celui de l'Économie constataient dans un communiqué conjoint « l'essor spectaculaire » du photovoltaïque hexagonal et annonçaient la fin de la phase « d'amorçage ». Selon leurs calculs, le parc photovoltaïque hexagonal comptera 850 mégawatts (MW) de puissance cumulée d'ici à fin 2010. C'est dix fois plus que deux ans plus tôt et, soulignent-ils, proche des 1.100 MW prévus par le Grenelle pour fin 2012, point d'étape vers l'objectif de 5.400 MW fixé pour 2020.

Dans un contexte de coûts en diminution, mais aussi pour éviter la spéculation, le gouvernement a donc décidé, pour la deuxième fois cette année, de revoir à la baisse le prix préférentiel auquel l'EDF rachète l'électricité photovoltaïque produite par les projets professionnels et les installations supérieures à 30 mètres carrés. Pour les centrales solaires au sol ou les panneaux intégrés au bâti, ce tarif de rachat diminuera de 12 % à compter du 1er septembre.

En cela, l'Hexagone suit ses voisins ibérique et allemand qui ont d'ores et déjà réajusté de 15 % leur niveau de soutien au secteur photovoltaïque. Comparée à l'outre-Rhin, en revanche, la performance française laisse à désirer. D'après l'Association européenne de l'industrie photovoltaïque (EPIA), même si les nouvelles mesures de réduction de mécanismes de soutien pouvaient l'affecter dans les années à venir, la capacité photovoltaïque installée en Allemagne, premier marché au monde, avoisinerait en effet les 10 GW.

En France, la filière s'insurge contre une mesure jugée prématurée, les coûts ayant peu baissé en 2009 contrairement à 2008. « Ne confondons pas réalisations ( moins de 500 MW fin 2009) et projets en liste d'attente (3.000 MW), dont une petite partie seulement pourrait trouver les financements nécessaires pour aboutir », ajoute Stéphane Maureau, président d'Evasol. Désormais, il s'inquiète surtout de l'épaisseur du coup de rabot prévu sur le crédit d'impôt aux particuliers. C'est en effet le seul marché qui ne soit pas affecté par la baisse des tarifs mais pour lui, au-delà de 10 %, la baisse du crédit d'impôt (aujourd'hui de 50 %) serait tout aussi dévastatrice.

NATASA LAPORTE

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