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Les 7 nouveautés qui vous feront aimer le vin en 2025

Anne-Charlotte De Langhe

Publié le 29 décembre 2024 à 04:04

Tour d'horizon des nouveautés dans le paysage des spiritueux.

Tour d'horizon des nouveautés dans le paysage des spiritueux.

LTD/Studio Ze/agence Honolulu

La Tribune Dimanche

N144 ● 05 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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De la vigne jusqu’au verre, ces tendances et innovations s’affirment de plus en plus dans le paysage des spiritueux. Tour d'horizon.

1 / La bouteille en fibre de lin

Elle a l'allure des flacons d'antan habillés de ficelle, et l'avantage de pouvoir se transformer en gourde ou carafe à eau une fois dégustée. Jusqu'à dix fois plus légère qu'une bouteille en verre classique, la Green Gen Bottle se compose d'une coque en plastique alimentaire recyclé et d'une « chaussette » en fibres de lin made in France. Ses inventeurs toulousains l'ont voulue personnalisable à loisir (naturelle, elle peut aussi être de couleur), dotée d'une capsule à vis, et surtout ambassadrice de la décarbonation sur les domaines viticoles. Les premiers séduits sont des producteurs de Bergerac, Cognac, de Provence ou encore de Norvège. Une autre version en carton - toujours proposée dans sa forme bourguignonne ou bordelaise - gagne elle aussi du terrain. Rendez-vous bientôt sur les tables  !

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2 / Passeport numérique pour grands crus

Savoir où et à quel prix atterrit une bouteille de vin, de sa sortie du chai jusqu'à sa dégustation finale  : c'est ce que permet FIDEwine, un outil développé depuis 2023 par une start-up bordelaise à laquelle s'en sont déjà remis quelques grands noms des vignobles (Château Beychevelle à Saint-Julien, La Gaffelière à Saint-Émilion...). Conçue comme un passeport numérique hébergé sur la blockchain, cette technologie - couplée à une appli - permet à la fois au producteur d'authentifier une bouteille afin d'en suivre le parcours et au consommateur d'être rassuré sur le vin qu'il achète, même à un autre amateur ou collectionneur. Spéculateurs patentés et as de la contrefaçon tremblent déjà...

3 / Le look naturaliste

Bien au-delà des frontières bordelaises, les équipes de l'agence Curiosity (Alliance Étiquettes) sont considérées tantôt comme des génies, tantôt comme de doux dingues qui ne s'interdisent rien dès lors qu'il s'agit d'habiller les bouteilles. Emmenées par Agnès -Deslandes, une directrice de création débridée, elles ont récemment innové avec une étiquette issue de plastique recyclé emprisonnant des éléments naturels, comme en suspension sur le flacon. Étain laminé or, stickers déchirables à effet lenticulaire, doubles peaux, tour de goulot new age...  : ces têtes pensantes - récompensées par le prestigieux Pentawards à Londres - ont à cœur de « remettre de la vie » sur les linéaires des cavistes. De l'hyperluxe écoresponsable à mille lieues de l'étiquette traditionnelle de château.

4 / Le bouchon à la cire d'abeille

Déjà engagé dans la collecte et le recyclage des bouchons usagés, le groupe Amorim - leader mondial de la production de liège - vient de lancer un nouveau traitement de surface à la cire d'abeille biologique. Avantage  : une parfaite neutralité sensorielle et une fraîcheur aromatique du vin préservée. Cette technologie, invisible à l'œil nu, ravira les dégustateurs consciencieux.

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Êtes-vous plutôt spritz ou chardonnay ?

5 / Les filets anti-intempéries

Pluie, gel, orages de grêle, maladies fongiques, canicule...  : ces dernières années, les aléas climatiques ont souvent compromis la récolte des raisins et obligé les vignerons à multiplier les traitements. La société bordelaise Mo.Del voit en son Viti-Tunnel la parade idéale  : on déroule sur les rangs des bâches escamotables, vrais remparts contre les événements extrêmes et permettant de réduire de 90 % l'utilisation de pesticides. Est-ce à dire que les vignobles où d'aucuns aiment baguenauder à leurs moments perdus se pareront prochainement de ces dispositifs salvateurs ? Si Château Margaux et le Domaine Clarence Dillon expérimentent déjà activement ce système, alors les AOC peuvent espérer que l'Inao (Institut national de l'origine et de la qualité) - vigilant quant aux contraintes imposées à chacune - accepte de revoir progressivement sa copie...

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6 / L'étiquette parlante

Pur produit de la WineTech, Smart Bottle rêvait de donner la parole à chaque bouteille de vin repérée en magasin ou choisie à la carte d'un restaurant. Aujourd'hui, son appli mobile de réalité augmentée en dit long sur chaque flacon ; il suffit pour cela d'en scanner l'étiquette. Photos du domaine, portrait du producteur, dernières récompenses obtenues, méthodes employées, accords solides parfaits...  : les infos pleuvent... et les acheteurs trinquent, mais en sachant précisément ce qu'ils boivent.

7 / Le retour de la consigne

Il fallait s'y attendre  : avec un objectif de 10 % d'emballages réemployés ou réutilisés en France d'ici à 2027, le projet ReUse compte bien s'attaquer à la filière vin. Tous les verrous ne sont pas encore levés (à commencer par le choix de la bouteille standard susceptible d'être acceptée en consigne), mais l'heure n'est plus très loin où il faudra rapporter près de chez soi les flacons bus la veille, sans distinguo entre un bordeaux et un bourgogne. De quoi œuvrer concrètement pour la décarbonation du secteur. Mais actuellement, quatre régions de France essuient les plâtres avec... les bouteilles de bière et de jus de fruits.

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Photo d'illustration (Crédits : LTD)

Qui va là  ? Un corbières plus rock 'n' roll que foxtrot, davantage disposé à faire la bringue qu'à tenir salon. Cet esprit libre n'a, de toute sa vie, connu que les raisins du Languedoc, dans un rayon de cinq kilomètres autour de la coopérative de Castelmaure, au sud de Narbonne. Autant dire qu'il en a dans le goulot, caressant mais pas cogneur.

Empreintes digitales. À la pointe dans la conservation des cépages anciens, la cave centenaire n'en est pas moins rebelle. Encline depuis longtemps déjà à lancer nombre de cuvées éloignées des convenances - tout comme de l'image qu'on a des « vins de coop » -, elle a réussi l'exploit de faire passer le convivial avant le cérémonial.

De face et de profil. En se mêlant à la syrah, au grenache et au cinsault, les grappes entières de carignan (50 %) chantent la fraîcheur des schistes et la puissance des roches calcaires. On l'aime sans faux-semblant : joyeux sur la longueur et tout sauf pataud dans sa robe presque violine. Les vendanges à la main sont passées par là ; une vinification en cuves de béton aussi.

En quête de proximité. Tout est dans le titre  ! Le moment ou jamais de faire du tri dans son carnet d'adresses... et d'écarter les buveurs d'étiquettes.

Heure du délice. Vu qu'il abhorre les conventions, dès l'apéritif du midi ou du soir.

Meilleurs complices. De la salade gasconne au plateau de fromages, il ose tout. Mais ce n'est pas à ça qu'on le reconnaît.

Garde à vue. Allez, deux ans ! Sans rougir ni perdre de son impertinence.

Règlement de comptes. 6,95 euros (millésime 2023), 14,50 euros en magnum (millésime 2022)

Exclusivement disponible chez Cash Vin.

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« Du bordeaux dans le bœuf bourguignon, ça se fait ? »

Bourguignon
Photo d'illustration (Crédits : LTD/Helena Perray/News-Journal/USA TODAY NETWORK via Reuters)

(Crédits : LTD/Helena Perray/News-Journal/USA TODAY NETWORK via Reuters)

Qui n'a jamais eu de scrupules à l'idée de sortir des clous face à pareil monument culinaire ? Loin de ceux qui « osent » ajouter du fromage dans leur gratin dauphinois (authentique sacrilège  !), la tentation de troquer le pinot noir contre du cabernet sauvignon peut poindre parfois, et rendre hésitant(e) celui ou celle qui cuisine. In situ, le clan des puristes affronte alors celui des adaptatifs.

Les premiers ne jureront que par de la viande charolaise et une bouteille de bourgogne reconnue comme telle. Il suffit de se référer à sa forme, qui ne trompe pas. L'histoire de cette recette, popularisée par l'illustre Auguste Escoffier, non plus. Son prix encore moins.

Les seconds, eux, se déferont de toute culpabilité en se souvenant que les ducs de Bourgogne auraient jadis potentiellement rapatrié des Flandres cet emblème gastronomique, qui n'en était alors qu'au statut d'« estouffade de bœuf ». Un détail qui a le pouvoir de décomplexer quiconque s'apprête à faire couler le vin en guise de marinade.

Plat paysan pour plat paysan, l'incartade est donc permise, mais dans les limites du raisonnable  : un grand cru millésimé, frémissant des heures durant dans une cocotte, ne changera rien à l'affaire. L'essentiel est d'opter pour un vin moyennement tannique, aux notes fruitées (fronsac, côtes-de-castillon, voire un bon bordeaux supérieur), ensoleillé comme il se doit. Et quitte à faire fi des limites géographiques, ou de celles de sa cave, va pour la syrah, en vallée du Rhône.

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Ex-Salon des vins matures, l'événement attire chaque année de nombreux initiés attentifs aux millésimes comme à ceux qui les font. Le 13 janvier, une trentaine de vignerons d'exception déboucheront donc de concert, au Pavillon Gabriel, leurs meilleurs crus à maturité (cinq ou dix ans minimum), pour certains issus de leur cave personnelle. Du Clos Venturi (Corse) au Château Brane-Cantenac (Margaux), chacun conviera à sa table de dégustation des avertis exigeants. À coupler avec des ateliers captivants, comme celui animé par l'éclairant Frédéric Panaïotis, chef de cave de la Maison Ruinart.

Le vin, star de Noël

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Considéré comme un « incontournable des fêtes » par huit Français sur dix, le vin conforte sa position de symbole culturel et traditionnel dans la dernière étude Ifop/Vin & Société. Noël oblige, les effervescents trônent en majesté sur les tables (60 % en consomment, de préférence à l'apéritif et au dessert), quasiment ex-aequo avec le rouge (59 %, en duo avec le plat principal). Et si 65 % des convives n'hésitent pas à glisser une bouteille sous le sapin pour un proche, il s'en trouve 23 % pour ne pas boire une goutte d'alcool en cette période hautement festive.

Anne-Charlotte De Langhe

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