Le groupe BPCE et Natixis ont enfin tourné la page de la crise

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En avance sur leurs objectifs, le groupe mutualiste et sa filiale cotée vont finir de rembourser l'État d'ici à la fin mars.

BPCE savoure sa revanche. Né à l'été 2009 dans des conditions tourmentées, le groupe des Banques Populaires et des Caisses d'Épargne a enfin tourné la page de la crise. Comme BNP Paribas et Société Généralecute; Générale la semaine dernière, BPCE a publié mercredi des résultats en forte hausse, avec un bénéfice net de 3,64 milliards au titre de 2010. Ce qui va lui permettre de solder sa dette envers l'État d'ici la fin mars (lire ci-contre), très en avance sur l'objectif initial, fixé à fin 2012. BPCE réaffirme au passage sa capacité à devancer les exigences du nouveau cadre prudentiel de Bâle III, en promettant pour 2013 un ratio de fonds propres durs (Core Tier One) d'au moins 8 %. Une trajectoire qui « ne dépend ni de cessions d'actifs, ni d'émissions de parts sociales », a tenu à souligner le président du directoire, François Pérol.

Les 872 millions d'euros tirés de la vente de la SMC et les 1,5 milliards d'euros de fonds propres issus des nouvelles parts sociales émises ont certes permis d'accélérer le mouvement en 2010. Mais l'essentiel est ailleurs : le groupe a désormais démontré la capacité bénéficiaire de ses métiers stratégiques, qui affichent un résultat net en hausse de 84 % sur un an. À commencer par la banque commerciale et l'assurance, dont les revenus bondissent de 7 % pour des provisions pour créances douteuses en baisse de 13 %. À l'arrivée, la locomotive du groupe affiche un bénéfice net en hausse de 56 %, à 2,9 milliards, avec un encours de crédit qui progresse de 8 %, tiré par les prêts aux collectivités (+ 11 %) et aux ménages (+ 10 %). Le groupe est aussi en avance sur son plan de synergies, avec 433 millions déjà libérés à fin 2010, pour un objectif de 1 milliard en 2013.

versement d'un dividende

Quant à Natixis, qui héberge les autres métiers stratégiques, elle a confirmé le redressement amorcé mi-2009, avec un bénéfice net de 1,73 milliard l'an dernier. Un résultat qui s'explique en partie par la quasi-disparition du boulet que constituaient les actifs toxiques de Natixis, dont les risques ont été divisés par 4 en dix-huit mois, notamment grâce à la garantie apportée par BPCE. Les pertes liées aux « portefeuilles cantonnés » (GAPC) sont ainsi divisées par 19 sur un an. Mais ceci n'enlève rien à la performance opérationnelle de Natixis, dont le résultat annuel avant impôt hors GAPC a plus que doublé, à 2,3 milliards. Les revenus ressortent en hausse de 12 % en banque de financement et d'investissement, de 15 % en épargne et de 6 % en services financiers spécialisés. La banque cotée a annoncé qu'elle renouait avec le versement d'un dividende, lequel est fixé à 0,23 euro par action, soit un rendement d'environ 5 %. Le titre Natixis a enregistré mercredi la plus forte progression du CAC 40 avec un gain de 4,29 %, à 4,30 euros. Benjamin Jullien

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