Crédit Agricole privilégie la croissance organique

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La Banque verte a présenté son plan stratégique sur trois ans par ligne de métier. Il n'a pas enthousiasmé les marchés.

Après trois années difficiles, « le Crédit Agricolegricole est de nouveau en mouvement », a indiqué Jean-Marie Sander, président de Crédit Agricolegricole SA (Casa), lors de la présentation du plan stratégique 2011-2014 appelé « Engagement 2014 ». « Nous sommes la première banque à présenter un plan stratégique dans un environnement post Bâle III », a souligné Jean-Paul Chifflet, directeur général de Casa qui avait rassuré les marchés en février dernier, indiquant qu'elle avait trouvé un accord avec ses caisses régionales pour renforcer ses fonds propres, lui évitant de faire appel au marché (lire « La Tribune » du 25 février). Concrètement, la Banque verte vise un produit net bancaire supérieur à 25 milliards d'euros en 2014, contre 20,1 milliards fin 2010, et un résultat net part du groupe multiplié par cinq, compris entre 6 et 7 milliards d'euros (1,26 milliard fin 2010). Elle a aussi déclaré pouvoir atteindre un ratio de solvabilité supérieur à 8,75 %. Enfin, Casa annonce vouloir distribuer à ses actionnaires 35 % de ses bénéfices dès 2011 avec paiement en numéraire. Ces objectifs ne semblent toutefois pas avoir convaincu le marché. De nombreux analystes estiment ce plan peu ambitieux même s'il présente un profil moins risqué. En séance, le titre Crédit Agricolegricole a perdu jusqu'à 2,75 % à 10,75 euros, avant de se ressaisir pour clôturer en léger recul de 0,04 % à 11,28 euros. Pour réaliser ces objectifs, la banque ne compte pas recourir à la croissance externe, la nouvelle direction se démarquant ainsi de ses prédécesseurs. « Ce n'est pas une course à la taille, a indiqué le directeur général. Il n'y aura pas d'acquisition ou alors à la marge. » Jean-Paul Chifflet fait référence à la société de gestion Pioneer (lire ci-contre).

« Amplifier l'effet groupe »

La banque veut capitaliser sur ses opérations réalisées ces dernières années. Ce plan repose donc principalement sur de la croissance organique, ce qui a fait la réussite du groupe. L'objectif est de devenir la « référence de la banque universelle de proximité en Europe ». Elle va donc renforcer sa présence dans la gestion de l'épargne, marché en forte croissance, et la banque de détail avec l'ouverture d'environ 450 agences aussi bien en France qu'à l'international, et la conquête de 3 millions de clients d'ici à 2014. Elle compte aussi « amplifier l'effet groupe » en renforçant les liens entre les métiers et mutualiser les ressources.

La proximité se caractérise également par une offre bancaire intégrée en mettant au service de ses clients tous les métiers du groupe, à savoir la bancasurance, la gestion d'actifs, le crédit et la banque de financement et d'investissement. Sur cette dernière, un recentrage a été effectué avec un profil moins volatil, privilégiant la partie financement. Quant à ses activités de courtage, « les négociations se poursuivent avec Citics », a affirmé Jean-Claude Chifflet.

Également interrogé sur de possibles cessions d'actifs, notamment l'espagnole Bankinter ou la portugaise Banco Espirito Santo, Jean-Claude Chifflet a précisé que ce n'était pas prévu. En revanche, les activités au Cameroun, jugées non stratégiques, le seront.

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