KBC cède sa banque privée à un investisseur qatari

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Le groupe poursuit ainsi son programme de cession d'actifs qui vise à rembourser l'Etat belge d'ici à fin 2013.

Le bancassureur belge KBC a annoncé lundi la vente de sa filiale de banque privée, KBL European Private Bankers (« KBL ebp »), à Precision Capital, pour un montant global de 1,050 milliard d'euros. Precision Capital est une entité luxembourgeoise qui représente les intérêts d'un investisseur de l'Etat du Qatar. Alors qu'il commentait le rachat de Dexia BIL par « une famille d'un groupe financier du Qatar », le ministre des Finances luxembourgeois Luc Frieden a précisé qu'il s'agissait, comme pour KBL, de membres de la famille royale. Famille dont fait parti le premier ministre qatari, qui figure parmi les administrateurs de Precision Capital.

«La transaction porte sur la cession totale des intérêts de KBC dans KBL ebp », précise le communiqué publié par le groupe. Elle inclut donc toutes les filiales de banque privée, dont la française KBL Richelieu que KBC avait rachetée en 2008, ainsi que les activités de dépôts de titres et d'assurance-vie.

Cette opération s'inscrit dans le cadre du plan de restructuration de la banque imposée par la Commission européenne. En 2008, les problèmes financiers de KBC avaient entraîné l'intervention du gouvernement belge et de la région flamande qui y avaient alors injecté 7 milliards d'euros et apporté des garanties pour 20 milliards. Lors de la présentation de sa stratégie actualisée en novembre 2009, KBC avait annoncé son intention d'écarter la division KBL du périmètre de consolidation du groupe. Sa cession au groupe indien Hinduja pour 1,35 milliard d'euros semblait en bonne voie jusqu'au veto en mars dernier du régulateur luxembourgeois.

Recentrage

Prenant acte du retard pris par KBC dans son programme de cessions d'actifs, Moody's avait d'ailleurs dégradé la note de long terme de KBC fin septembre. L'agence de notation invoquait alors une « incertitude accrue » relative à la capacité du groupe de rembourser, d'ici à fin 2013, l'ensemble du capital injecté par les pouvoirs publics tout en atteignant le ratio de solvabilité « Core Tier 1 » de 8 % imposé par les nouvelles règles prudentielles dites de Bâle III.

L'accord conclu avec Precision Capital permettra à KBC « de libérer un volume important de capital, de réduire son profil de risque et de poursuivre son recentrage sur son métier spécialisé de bancassureur sur les marchés belges et d'Europe centrale et orientale », a commenté son président Jan Vanhevel. Si la transaction doit encore recevoir l'aval des autorités de contrôle, elle devrait être finalisée au premier trimestre 2012.

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