L'onde de choc ivoirienne menace les banques de la région

 |   |  279  mots
Copyright Reuters

Au-delà de ses conséquences pour l'économie locale, la crise en Côte d'Ivoire constitue une menace importante pour les banques d'Afrique de l'Ouest. C'est du moins l'analyse de Fitch Ratings, qui souligne que la Côte d'Ivoire est la plus grosse économie de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMAO) et son principal émetteur de dette souveraine. L'agence de notation de crédit estime ainsi que si la dette ivoirienne, en défaillance technique à cause de la crise, devait être dépréciée de 60 %, cela amputerait la capitalisation du secteur bancaire de 80 % en Côte d'Ivoire, et d'environ 30 % au Bénin, au Mali, au Burkina Faso et au Togo. De plus, la dette souveraine ivoirienne constitue une part significative des actifs liquides dont dispose l'UEMAO pour assurer son refinancement. Ce risque de liquidité reste toutefois limité, selon Fitch, car les banques de la zone étaient globalement en excédent de liquidités à fin novembre 2010.

Solvabilité des banques

Par ailleurs, l'interruption du paiement des intérêts sur la dette souveraine va peser, quoique de façon modérée, sur les recettes des banques de l'UEMOA, qui en détiennent des quantités importantes (jusqu'à 12,7 % des actifs bancaires au Bénin). Outre ces obligations souveraines, les banques de la région ont aussi accordé des crédits à l'État ivoirien. Pour l'agence Fitch, elles seront probablement contraintes de passer des provisions sur ces prêts à court ou moyen terme. Sans même parler de leur exposition aux entreprises ivoiriennes, dont beaucoup pourraient bientôt se trouver en défaut. Autant de facteurs qui risquent d'affecter la solvabilité des banques de l'UEMOA et leur capacité à prêter.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :