Johannesburg tente de s'émanciper des mines et de s'internationaliser

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Reconnue pour sa gouvernance, la Bourse sud-africaine se targue d'offrir les meilleurs services aux investisseurs et aux entreprises à travers le continent noir.

À Sandton, au coeur du quartier d'affaires de la mégalopole, la Bourse de Johannesburg fait battre le coeur de la finance africaine. Avec plus de 70 % des capitalisations boursières du continent, le Johannesburg Stock Exchange (JSE) est la plus importante place boursière en Afrique. Certes, Johannesburg n'est pas épargnée par la tempête qui s'abat sur les places financières à travers la planète : son indice composite cède 8 % depuis le début janvier. Mais dans le haut bâtiment transparent de verre et de bois qui abrite son siège, ses dirigeants se targuent d'offrir les meilleurs services aux investisseurs et aux entreprises, du Caire au Cap. Dans l'indice de compétitivité 2010-2011 du Forum économique mondial, le JSE est devenu numéro un mondial en terme de régulation des échanges. « Nous sommes partis de loin et nous avons réalisé des efforts très importants. Nous sommes exigeants. Au cours des douze derniers mois, seules six nouvelles entreprises, comme Life Health Care ou Optimum Coal, ont été cotées. Nous sommes très attentifs quand il s'agit d'introduire une société et puis ensuite d'encadrer leurs transactions », assure Noah Greenhill, directeur du marketing de la Bourse des valeurs de Johannesburg.

Créée en 1887, juste après la découverte des gisements d'or, la Bourse de Johannesburg compte aujourd'hui 406 entreprises cotées et totalise une capitalisation boursière de plus de 690 milliards d'euros. Près de 40 % de son activité se concentre toujours sur les matières premières. Quand on évoque les prochaines fusions-acquisitions possibles, il s'agit bien encore de ressources minières. Ainsi, la filiale africaine du groupe brésilien Vale a lancé une offre d'achat sur le producteur de cuivre Metorex, basé en Afrique du Sud. Le JSE tente désormais de diversifier ses sources de revenus. « Nous sommes toujours très dépendants de l'or, du platine ou du charbon, mais maintenant 30 % de nos activités sont liées à l'industrie et 20 % à la finance », se félicite Russell Loubser, PDG de la place boursière.

Indice boursier panafricain

Le quinquagénaire est plus lugubre quand il s'agit d'évoquer la menace que représentent les plates-formes d'échange électroniques privées, tels les ECN (electronic communication networks). « Nous avons encore la chance d'être relativement protégés, car il y a un moindre intérêt pour nos activités et ces plates-formes ne sont pas vraiment présentes ici, mais c'est un vrai danger », confie-t-il. Afin d'améliorer les qualités des équipements électroniques, plus de 2,5 milliards de rands (240 millions d'euros) ont été investis ces dernières années.

Pour réduire les coûts et dynamiser le secteur financier en Afrique, la Bourse de Johannesburg aimerait se rapprocher de ses consoeurs. « Il n'est pas encore question de concentration des Bourses africaines. Mais nous avons des contacts permanents avec les autres places boursières. Seules les Bourses du Caire et de l'île Maurice sont comme nous membres de la Fédération internationale des Bourses (World Federation of Exchanges). Les autres places ne sont largement pas au niveau », déplore Russell Loubser.

En attendant, le JSE compte bien attirer plus d'investisseurs venus des pays voisins de l'Afrique du Sud, mais aussi de la corne est du continent ou d'Afrique de l'Ouest. Un nouvel indice boursier panafricain (Africa Board) vient de voir le jour à Johannesbourg. Pour l'instant, seules deux sociétés, l'une de Namibie, l'autre du Botswana, ont décidé de tenter cette nouvelle aventure : Trustco Group et Wilderness Holdings.

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