Bulle industrielle

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Par Jacques Rosselin, directeur de la rédaction de La Tribune.

Dans le film "The Social Network" consacré à Facebook, l'acteur Justin Timberlake, qui jouait le rôle d'un investisseur, expliquait aux fondateurs du réseau social : "Un million de dollars, c'est pas cool. Vous savez ce qui est cool ? Un milliard de dollars." C'est bizarrement le même Justin Timberlake qui vient de racheter à la casse MySpace, la star déchue des réseaux sociaux, à Rupert Murdoch, qui, lui, n'a pas dû trouver "très cool" de vendre 30 millions ce qu'il avait acheté 580 millions de dollars en 2005. Mais cette déconvenue n'a pas affecté l'enthousiasme des investisseurs pour ce secteur. Les valorisations des grandes marques de l'Internet 2.0 continuent de s'envoler à un rythme accéléré : Groupon, Linkedin et surtout Facebook, récemment valorisé 50 milliards de dollars, font planer le spectre d'une seconde bulle Internet, dix ans après la première.

Certes, les sociétés convoitées ne sont pas encore introduites en Bourse, comme elles pouvaient l'être en 1999. Ce sont les géants gorgés de cash de cette industrie comme Microsoft, Google ou Apple qui achètent cher. Autre différence de taille, le marché de l'Internet a mûri. En 2011, Internet est devenue une grosse industrie et les réseaux sociaux ont des millions d'utilisateurs quotidiens et font du vrai chiffre d'affaires. Reste que les valorisations sont élevées. Avec des revenus évalués à 2 milliards de dollars et une marge de 25%, Facebook afficherait un PER de plus de 100, très supérieur à des sociétés cotées comme Google (24) ou Apple (22). Les prochaines introductions en Bourse pourraient bien réserver de mauvaises surprises. Mais, même si la correction est sévère, la création de valeur et les innovations auront été captées par les leaders de cette industrie d'avenir, aux Etats-Unis ou en Chine.

Quand la bulle éclatera, l'Europe, et singulièrement la France dont les industriels seront comme d'habitude restés prudemment à l'écart, devra se contenter d'avoir raison. Tant pis pour nous. 

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