Le bon roi Sarkolbert

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Par Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Jour après jour, tous les signaux montrent que la crise commencée en 2008 et dont nous vivons une nouvelle réplique bouleverse les paradigmes du passé. L'Etat revient au centre du jeu, Léviathan moderne vers lequel tous se tournent lorsque le sol se dérobe. Comme en 2008, l'Etat, c'est-à-dire nous, contribuables, est désormais le prêteur en dernier ressort d'un système bancaire aux pieds d'argile, justement parce qu'il a trop prêté... à d'autres Etats. L'idée de nationaliser les banques ne rebute plus, même les économistes les plus libéraux, s'il s'agit de protéger ce bien commun qu'est le service public des déposants. Et la nécessité d'une intervention forte et stratégique de l'Etat dans l'économie ne fait plus débat.

Coupant l'herbe sous le pied des candidats socialistes, voilà donc Nicolas Sarkozy en passe de créer la fameuse superbanque publique pour les PME, en mariant Oséo, le Fonds stratégique d'investissement (FSI) et CDC Entreprises, trois entités complémentaires qui seront sans doute plus efficaces ensemble que séparées. Une banque publique qui fera donc ce que les banques privées ne savent pas, ne veulent pas ou ne peuvent pas faire. Cela ne vous rappelle rien ? Le Crédit Lyonnais de la fin des années Mitterrand devenu le modèle de la "banque-industrie", avec les succès que l'on sait...

Après les précédents Alstom ou Sanofi-Aventis, Nicolas Sarkozy a démontré pendant la crise qu'il était plus à l'aise avec les habits de Colbert ou de Sully qu'avec ceux de Milton Friedman. L'aggravation de la crise accélère visiblement sa mue. Un "Commissariat" aux investissements d'avenir, une Caisse des dépôts redevenue le puissant bras armé de l'Etat, une banque publique pour les PME. Si le quinquennat s'achève bien sur une rupture, ce n'est pas celle à laquelle chacun s'attendait en 2007.

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