Un pot local

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La relance va avoir un prix. Nos impôts locaux vont fortement augmenter cette année. Les collectivités locales ont besoin d'argent pour financer leurs investissements...

Oui, le président peut annoncer la suppression, prochaine, de la taxe professionnelle, la suspension aussi d'une partie de l'impôt sur le revenu. Pour l'instant, pour 2009, les impôts locaux - la taxe d'habitation, les taxes foncières, la taxe professionnelle aussi - vont fortement augmenter cette année. Une hausse des taux de 3,6%, une progression prévue du prélèvement globale de 6,8%, d'après

Dexia

, la banque des collectivités locales. C'est considérable. Il faut remonter à 1996, il y a plus de dix ans, pour trouver une envolée des impôts locaux aussi brutale.

C'est que les communes, les départements, les régions ont besoin d'argent ?

Oui, c'est sûr. En fait, les collectivités locales sont prises dans un véritable étau.

D'un côté, leurs dépenses explosent. L'Etat leur demande d'accroître leurs investissements - de rénover les écoles ou de participer à la construction de lignes TGV. C'est le plan de relance. Ca coûte. Il leur a aussi transféré, ces dernières années, l'essentiel des aides sociales - le RMI ou l'allocation personnalisée d'autonomie par exemple. Ces aides, elles augmentent avec la crise.

Plus de dépenses donc, moins de recettes aussi. Comme il y a moins de transactions immobilières, nos villes et nos régions encaissent moins de droits de mutation. Comme l'Etat central n'a plus d'argent, il a réduit ses concours. Comme les banques sont en difficulté, elles ont du mal à emprunter.

Bref, pour les collectivités locales, il n'y a qu'une seule solution : l'arme fiscale, la hausse des taxes qu'elles encaissent. C'est ce qu'elles s'apprêtent à faire ? Pour 2009. C'est encore assez facile. Il n'y a pas, dans l'immédiat, d'élections en vue. C'est quand même difficile à faire passer en période de crise !

La pression fiscale totale va donc continuer à augmenter...

Oui. Tout le monde convient, d'une manière ou d'une autre, que les prélèvements obligatoires, les impôts au sens large, sont trop élevés en France. Que c'est un handicap pour notre économie.

Le candidat Sarkozy avait d'ailleurs promis de réduire de 4 points de Pib ces prélèvements obligatoires au cours de son mandat. C'est mal parti. On n'en parle plus, il n'en est plus question. Crise oblige peut-être. L'Etat central peut toujours dire, et c'est vrai, qu'il fait des efforts, que la fiscalité d'Etat s'est stabilisée. Problème, c'est que dans le même temps, l'Etat a laissé les impôts locaux flamber, qu'il a autorisé aussi l'alourdissement des prélèvements sociaux. Au final, on paie peut-être moins à l'Etat, on paie plus à nos communes et régions, à la Sécurité sociale aussi. Pas sûr que ce soit vraiment mieux !

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