Une victoire lente mais certaine de la démondialisation

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Un point de vue d'Arnaud Montebourg, député PS, président du conseil général de Saône-et-Loire.

"La difficulté n'est pas de comprendre les idées nouvelles mais d'échapper aux idées anciennes", écrivait Keynes en 1936, à l'époque où une génération nouvelle d'intellectuels, d'économistes et de dirigeants politiques réussissaient à imposer des solutions inédites pour sortir du libéralisme qui venait d'emmener le monde industrialisé dans le chaos de la Grande Dépression. Nous vivons le même genre d'aveuglement 80 années plus tard : soumission stupide de la politique aux marchés alors que l'inverse devrait s'imposer, conception anachronique de la banque centrale, qui a les moyens de régler sans douleur le problème de la dette mais refuse par dogmatisme de le faire, multiplication moutonnière et dangereuse des plans d'austérité qui aggravent la situation économique et sociale de la première puissance économique du monde qu'est l'Union européenne, au lieu de la sortir de la crise. Comment échapper aux idées anciennes qui nous détruisent ?

Nous sommes habitués en France à ce que toute idée neuve comme la démondialisation subisse le même chemin de croix. Elle est d'abord caricaturée, piétinée, publiquement honnie par ceux qui, à force de ne pas regarder le monde tel qu'il vit, ratent le train du changement avec l'autocontentement de ceux qui s'accrochent aux reliques. Puis les vieilles certitudes se fissurent et les conservateurs passent soudain avec armes et bagages dans l'autre camp. Ainsi Bruno Le Maire, Christian Estrosi, Laurent Wauquiez, viennent de se rallier à leur tour à un protectionnisme « moderne ». Les voici devenus de zélés convertis et ajoutent leurs voix à celle de François Bayrou qui a fait du "Made in France" le thème de sa campagne. Ils rejoignent tous à bride abattue le candidat socialiste François Hollande, défenseur du "patriotisme industriel" qui déclarait au sortir des primaires qu'il faudra bien accepter de "se protéger contre la concurrence déloyale mondiale" laquelle empêche de réindustrialiser notre pays en chute libre sur le plan de la production manufacturée.

A droite comme à gauche, le protectionnisme raisonné est en passe de devenir un objet du consensus national. Il se fonde sur une nouvelle lecture de l'économie : le libre-échange sans règle est un échec pour les économies anciennement industrialisées et la politique de l'euro fort est un suicide industriel. Le bilan de cette double erreur que l'Europe est la seule à avoir commise dans le monde, se résume en deux conséquences : la perte de 750 000 emplois industriels en France en dix ans et la montée des extrémismes qui se nourrissent de l'effondrement économique en cours et de l'impuissance auto-organisée des dirigeants.

Car les pays intelligents du reste du monde n'ont jamais commis la double erreur de conjuguer une monnaie forte non régulée et des frontières totalement ouvertes comme celles de l'Union européenne.

Pendant que nous nous entêtons dans nos erreurs, la démondialisation a commencé partout ailleurs, calmement, sans faire de bruit. Par une suite de multiples événements importants et convergents qui tracent peu à peu le portrait du monde futur.

Le 2 décembre dernier, dans une conférence de presse, les Présidentes des Républiques du Brésil et de l'Argentine, Dilma Rousseff et Cristina Kirchner, ont annoncé leur volonté de protéger le Mercosur (le marché commun sud américain) de la concurrence déloyale venue du reste du monde, notamment de celle de la Chine, parce que cela va tout simplement de soi. Le Brésil taxe déjà les entrées de capitaux sur son territoire et vient de mettre en place une taxe additionnelle de 30 points sur les véhicules dont la production n'est pas à 65% effectuée sur son territoire national ou dans le Mercosur. Tous les constructeurs notamment européens, viennent d'annoncer des implantations futures d'usines sur place. A ce choix de la logique s'ajoutent des raisons économiques : la hausse des coûts de transport qui représentent désormais jusqu'à 25 ou 30% des matières premières industrielles, selon Jane Korinek de l'OCDE. Délais de livraison, risque de retards, nécessité de maintenir des stocks ou qualité douteuse poussent des industriels à relocaliser. Pendant ce temps, les chinois viennent de surtaxer les importations de véhicules fabriqués à l'étranger, afin d'accélérer les délocalisations à leur profit. La démondialisation, le rapprochement écologique et économique du lieu de production du lieu de consommation est devenue une politique à part entière de nombreux gouvernements du monde.

Le phénomène est plus marqué encore aux Etats-Unis. Selon une étude du Boston Consulting Group, Ford, Caterpillar et General Motors ont choisi d'investir désormais sur le sol américain. US Block Windows, fabricant de fenêtres en plexiglas, a relocalisé sa production aux Etats Unis à cause des délais. D'autant qu'au-delà du critère économique, le « fabriqué dans son pays » est devenu argument marketing décisif auprès des consommateurs. Pour conquérir le marché nord-américain, Suzlon (indien) et Vestas (danois), fabricants d'éoliennes, investissent massivement dans les entreprises américaines, pour réduire le coût du transport et pour changer d'image.

Et la démondialisation s'accomplit aussi dans les pays du sud. C'est naturel puisqu'elle vient de là, sous la plume du penseur philippin Walden Bello. La Chine a décidé de ne plus se contenter d'être l'atelier du monde et le spécialiste des productions à faible valeur ajoutée. Foxconn, géant taïwanais de l'électronique, sous-traitant d'Apple, Nokia ou Sony, cherche à remonter la « chaîne de valeur », à la fabrication et l'assemblage s'ajoutent désormais le design et la recherche de pointe. Cette hausse des compétences a entraîné des revendications salariales d'ouvriers mieux formés, mieux instruits et aspirant à un niveau de vie plus décent. Foxconn a dû concéder jusqu'à 70% de hausses de salaires. Ce qui prime peu à peu c'est le développement du marché intérieur, les hausses de salaires et bientôt la protection sociale entretenant la demande, toutes choses que l'Union européenne est à l'inverse en train de diminuer, acceptant de détruire la croissance chez elle pour entretenir stupidement la croissance chez les autres.

En France, ce sont les industriels qui réévaluent les délocalisations malgré des gouvernements européens s'obstinant à pratiquer le libre-échange naïf : des opticiens Atol, en passant par les skis Rossignol et les jouets Meccano, les relocalisations se multiplient. En Saône et Loire, QOOQ vient de relocaliser depuis la Chine une unité de fabrication de tablettes tactiles plus créatives et innovantes, plus performantes et moins chères que l'iPad d'Apple fabriquée par Foxconn en Chine. Finalement, c'est aujourd'hui la Caisse des dépôts qui refuse de financer la fabrication en France de tablettes car cette institution prétendument chargée de financer l'industrie créative explique ne pas croire à ce genre de production en dehors de l'Asie. Les institutions de la République Française chargées de développer la France préfèrent soutenir la croissance chinoise...

D'autant que si l'économie se transforme, la société change aussi.
Elle ne voit plus le bénéfice de consommer des produits fabriqués à 20 000 km. Elle souhaite le retour au local, car elle sait de plus en plus que dans les produits qu'elle consomme, il y a de la protection sociale en plus ou en moins, de l'atteinte à l'environnement en plus ou en moins, des salaires décents en plus ou en moins, On ne fera plus avaler aux gens que la mondialisation est leur seul salut. Nous vivons le retour au micro, du micro-crédit à la start-up en passantpar les circuits courts ou le co-voiturage entre voisins. Il y a 40 ans, on allait dans l'espace, vers l'infiniment grand. Aujourd'hui nous cherchons dans le sens des nanotechnologies, l'infiniment petit.
Les hommes et les femmes de notre nouveau siècle veulent vivre « à l'échelle humaine ». Ils n'acceptent plus l'argument de la délocalisation pour réduire les coûts ; ils n'acceptent plus que les banques spéculent mondialement pour leur compte et ne prêtent pas aux artisans et PME ; ils n'acceptent plus un commerce déloyal qui contourne les normes environnementales et sociales pour casser les coûts ; ils n'acceptent plus la dégradation de l'environnement au nom du productivisme. Pour toutes ces raisons, la mondialisation est un système du passé, un vieux cadavre à la renverse, aurait dit Sartre.

Il reste que la mondialisation de l'ordre ancien subsiste encore. Ses gardiens heureux répètent avec la foi du charbonnier « on ne peut rien contre » sans voir que tous les pays du monde, et surtout les plus ouverts ont décidé de recentrer leurs efforts sur leur propre capacité productive et de défendre leur propre responsabilité écologique. Ils ont décidé de mettre fin à l'échange inégal, bâti sur la destruction de la planète et l'exploitation de l'homme. Loin d'être un projet de fermeture, la démondialisation est au contraire le projet d'une France et d'une Europe qui se réindustrialisent, plutôt qu'un territoire qui consomme les produits fabriqués ailleurs dans n'importe quelles conditions. Un territoire ouvert à toutes les entreprises qui viendront produire sur notre territoire, et non plus aux conteneurs qui débarquent dans nos ports. Et nous reconnaissons à tous les pays le même droit de préférer produire localement, car il ont le droit de se développer comme nous avons besoin de nous reindustrialiser.
L'Europe doit protéger ses industries par des mesures protectionnistes et les soutenir par une politique industrielle vigoureuse. Elle a enfin le moyen d'être concrète et utile aux peuples.

Ce patriotisme industriel, c'est le retour de la gauche parmi ceux qu'elle a pour mission de défendre, ouvriers, techniciens, employés, ingénieurs et tous ceux qui n'ont que travail pour vivre. Ils sont cette France ouvrière à la recherche de sa fierté perdue, et écrasée par l'économie, une France qui travaille dur et paie très cher le prix de la crise. Défendre le travail et son prix le salaire, la créativité, la protection sociale, le savoir-faire et l'intelligence productive appartient à la tradition de la gauche. Le protectionnisme raisonné doit être son instrument. Il contient un droit à la prospérité pour tous les peuples. En ce sens, la démondialisation est l'internationalisme du nouveau siècle.

A cette démondialisation, Marine Le Pen n'a rien compris. Elle rêve de miradors autour des frontières nationales et accuse tantôt les «esclaves » chinois d'ôter le pain de la bouche des Français, tantôt les immigrés de leur prendre leur travail. Elle se délecte des peurs et use des bouc-émissaires. Nous, nous imaginons les règles d'un monde plus juste pour tous, au nord comme au sud, en phase avec les mouvements actuels de l'économie. Mais qu'elle soit prévenue que, dans ce combat au corps à corps, nous ne lui abandonnerons pas les perdants de la mondialisation, nous serons sur sa route avec nos valeurs de protection du travail et des travailleurs qui n'ont que cela pour vivre.

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Commentaires
a écrit le 03/02/2012 à 21:04 :
Et oui ! la politique économique depuis Barre et Giscard de surévaluation du change et d'ouverture des frontières nous vaut aujourd'hui, et pour des raisons quasi-identiques, les mêmes résultats calamiteux que ceux des politiques des années 30, et notamment celle de Laval en 1935. A cet égard, M.Montebourg joue aujourd'hui, mais un peu tard, le rôle qui fut celui de Paul Raynaud autrefois. Reste deux vérités à reconnaître:
-L'Europe de Bruxelles (comme l'OMC) affecte de confondre libéralisme et libre échange, et cela est à l'origine de cette politique absurde; Le libéralisme peut se prévaloir d'une légitimité car il définit les conditions auxquelles le libre échange apporte un supplément de bien être à tous les pays qui y participent; L'une d'elles, essentielle, est l'existence d'un système de taux de change assurant l'équilibre des échanges commerciaux; Il n'y a pas de place, en effet, dans le libéralisme, pour des déséquilibres durables. Le libre échange en situation de tels déséquilibre est la marque du mercantilisme, doctrine tournée non vers le bien être général, mais vers la puissance et la richesse d'un pays aux dépens des autres.
-La surévaluation du "Franc fort" et le système monétaire européen ont aidé l'Allemagne à sous évaluer son D-Mark, et à conduire ainsi une politique typiquement mercantiliste. Le cassage des salaires pour abaisser le coût du travail et compenser en principe l'effet négatif de la surévaluation du change( Mitterand avant Sarkozy) s'est traduit logiquement en France par l'effondrement de la croissance et la montée inexorable du chômage. En Allemagne, en revanche, la même rigueur salariale avec un change sous-évalué vaudra tout aussi logiquement à ce pays une irrésistible expansion industrielle tirée par les exportations. Cela était prévisible et prévu, mais ignoré d'une pensée unique refusant opiniâtrement de reconnaître les effets du change sur l'activité. Ce fut donc une faute politique énorme que de consentir à un marché et une monnaie uniques sans exiger au préalable que l'Allemagne renonce à sa politique mercantiliste par un relèvement des salaires et/ou du change du d-Mark. Aujourd'hui, Madame Merkel peut donc tirer le profit politique des 200 milliards d'euros d'excédents commercial annuel que lui vaut le mercantilisme traditionnel de son pays.
Quelles que soient les préventions que l'on puisse nourrir à l'égard du Front National, force est de reconnaître que Mme Le Pen est le seul candidat "de poids"à vouloir sortir de cette logique franco-française imbécile qui nous ruine à petit feu depuis quarante ans. Puisque l'Europe est incapable de se protéger contre le mercantilisme chinois et allemand, ce qui serait légitime, la France doit revenir au franc et le mettre en flottement libre. Sa baisse sera peut-être de plus de 30%, mais il trouvera vite un étiage correct le mettant à l'abri du risque de spéculation et de la nécessité éventuelle de dévaluations supplémentaires. Cela viendrait jeter un doute sur le bien fondé de la nouvelle politique économique, et pourrait compromettre sa poursuite. Si la baisse du change ne suffit pas en raison d' écarts trop énormes entre les salaires des uns et des autres, alors il faudra reconnaitre l'état de "déséquilibres fondamental", notion qui permit à l'Europe ruinée de se protéger au sortir de la 2° guerre mondiale. Quoi qu'il en soit, le libéralisme refuse que le libre échange puisse se traduire par l'appauvrissement de certains pays au profit des autres; Son objectif est au contraire l'accroissement général du bien être et l'avantage mutuel de tous les partenaires commerciaux, chacun se spécialisant dans les activités où son avantage de compétitivité est le plus grand. Il légitime donc la protection, voire la contrainte, qui forcerait les pays mercantilistes à réorienter leur production vers leur demande intérieure.
a écrit le 19/01/2012 à 18:25 :
à amanofpurpose et aux autres internautes,
Votre critique est bonne et votre vision du monde également. Je veux simplement ajouter ceci: dans toute entreprise, l' objectif prioritaire est d' atteindre le "point mort" autrement dit d' équilibrer pile-poil recettes et dépenses. Ce résultat étant obtenu, il est plus facile ensuite d' engager l' entreprise dans des voies nouvelles en vue de son développement harmonieux.
Pour un pays, c' est exactement la même chose. Aussi est il vital de conserver sur le territoire national (j' irais jusqu' à dire à n' importe quel prix) l' intégralité de notre outil productif, dans tous les domaines, qui nous permettra d' atteindre le niveau indispensable de recettes nécessaires aux indispensables exigences sociales contemporaines qui sont parfaitement légitimes.
Ce résultat étant atteint, le pays aura toute latitude pour gérer au mieux tant les exportations pour le surplus que les importations pour les "manques" en favorisant d' abord les pays de l' Union Européenne avant de se tourner vers l' international.
C' est dans ces seules conditions que les pays du monde pourront annihiler le chômage de masse qui est la cause de tous nos maux.
Venez sur mon blog.
Réponse de le 20/01/2012 à 8:35 :
Atteindre le"point mort" ou seuil de rentabilité ne suffit pas pour une entreprise ,si elle ne perd pas d'argent ,elle ne peut pas s'autofinancer ,investir.
a écrit le 15/01/2012 à 15:36 :
Une bonne analyse mais une conclusion trop politicienne. En effet, si l'on dénonce la mondialisation des biens et services, on ne peut a priori exclure la régulation forte de la libre-circulation et la libre insatllation des personnes. Ces troi sfacteurs vont de concert (c'est si vrai que les réglements européens insitent sur cette trilogie). De plus, tous les pays cités, à des degrés divers (liés à leur histoire et à leurs besoins soci-économiques) pratiquent cette régulation et parfois avec un cynisme outrancier. En conclusion, les commentaires relatifs à la position (caricaturale et caricaturée) du Front National sur le sujet dégrade la qualité d'un post au demeurant intéressant.
a écrit le 15/01/2012 à 10:46 :
Analyse intéressante, voir pertinente, il y manque des 'solutions' pour inciter ces relocalisations quand elles sont économiquement viables, et juste les accompagner politiquement. Où retrouve t'on ces propositions dans le programme socialiste ?
a écrit le 15/01/2012 à 8:07 :
Montebourg a choisi le rôle de simple rabatteur pour Hollande sur les terres du FN.
Bon courrage Arnaud. Il y a du monde sur ce trottoir.
Réponse de le 02/03/2012 à 8:46 :
yyu
a écrit le 14/01/2012 à 18:56 :
et ta soeur
a écrit le 14/01/2012 à 17:55 :
Que la démondialisation soit en marche, c'est un fait pour quiconque ne se laissa par aveugler par les apparences. Cela étant, le vieux PS libéral-social-démocrate, usé par tant de décennies de compromission et de trahison est forcément voué à disparaitre dans le naufrage.
a écrit le 14/01/2012 à 10:34 :
Citation 1 : "Avec Keynes, une génération nouvelle d'intellectuels, d'économistes et de dirigeants politiques réussissaient à imposer des solutions inédites pour sortir du libéralisme qui venait d'emmener le monde industrialisé dans le chaos de la Grande Dépression". Première erreur fatale de Montebourg ! Le monde a sombré dans le protectionnisme dès le début du XXe siècle, la situation s'aggravant sous l'effet de la première guerre mondiale. La crise de 29 s'est produite alors que le monde était déjà sous régime protectionniste et que la quasi totalité des pays avaient fait le choix de politiques mercantilistes brutales, de manipulations monétaires suicidaires, bien loin d'un régime de libre-échange fantasmé par Montebourg et ses amis. La crise de 29, déjà, était une crise de l'interventionnisme de l'Etat (la Fed avait été créée quinze ans avant pour imprimer en masse de la monnaie de singe, provoquant la création de la bulle de la dette à l'origine de la grande crise), une crise du protectionnisme, une crise du mercantilisme étatique luttant contre le libre-échange. Il faut bien comprendre que l'approfondissement et la durée anormale de la crise de 29 ont résulté de choix politiques collectivistes, notamment aux USA, à cause de Roosevelt. Ce sont exactement les mêmes erreurs que nous commettons aujourd'hui. La crise actuelle est le miroir de celle de 29 : les mêmes causes collectivistes produiront inéluctablement les mêmes effets dévastateurs.
a écrit le 14/01/2012 à 2:06 :
Merci, pour le moins, de stimuler le debat. Je ne serais pas forcement en ligne avec vos reponses mais la question est certainement centrale. Permettez-moi d'apporter une perspective asiatique au debat, vivant dans cette partie du monde depuis de nombreuses annees.
Ce que vous percevez en France comme une delocalisation n'est rien d'autre que la consequence du changement de centre de gravite du monde. Ce qui est vecu comme une delocalisation, vu d'ici, est percu comme une localisation, consequence reflechie d'une strategie industrielle qui veut que les entreprises soient au plus pres de leurs marches, clients, consommateurs. Ce serait faire preuve d'arrogance que d'ignorer que les 60 millions de consommateurs francais ne pesent pas lourds face aux 3,600 millions de consommateurs asiatiques. Les grands groupes industriels qui definissent leur futur a 15-20 ans l'ont tres bien compris et ce n'est pas ou plus une course vers une optimisation des profits mais plutot un accompagement de ce monde qui est en train de changer. Je crains fort que rien ne puisse stopper cette tendance; la demographie, l'augmentation du pouvoir d'achat localement, plus les justes aspirations des asiatiques a se developper et consommer font pencher l'equation vers l'Est.
Je suis horrifie du debat sur le protectionisme en France meme si j'en comprends le contenu emotionnel. J'y vois une ignorance ou une incomprehension totale du Monde dans lequel nous vivons, et quelque part une arrogance dangereuse. Sur le plan economique, ca ne tiendra pas bien longtemps. Si il est normal que les echanges commerciaux se fassent sur une base equitable, avez-vous cherche a comprendre pourquoi la Chine a les comportements que l'on observe ? C'est ignorer leurs 10,000 ans d'histoire et le fait qu'il y a seulement 150 ans, la Chine representait 35% du PIB mondial. Ils sortent juste d'un long trou noir et le gouvernement chinois a a gerer une cocotte minute sociale en ebullition. On vit l'emergence d'une immense marche interieur, les mesures prises n'etant pas expansionistes mais simplement destinees a "encadrer" un developpement humain.
J'ai peur, et c'est la ou je vous rejoins, qu'il nous faille re-inventer un modele tant humain, que social, qu'economique. Les bonnes vieilles recettes ne marcheront pas. Pour retrouver un cercle virtueux, il nous faudra travailler pour comprendre ou se situe l'avantage differentiel de la France dans ce Monde. Je suis surpris de n'entendre personne parler d'innovation voire meme de politique de recherche. Si nous ne sommes pas capables de sortir par le haut en se differentiant, nous serons alors reduits a nous battre sur nos coups, et ca pour sur, c'est perdu.
Il est interessant de regarder les flux de valeur dans le cadre de la delocalisation. Il y a bien sur creation de valeur a priori pour l'entreprise que delocalise via une augmentation des marges. Rien de plus naturel si les produits sont destines a etre vendus sur les marches locaux, mais j'ai un gros probleme intellectuel si ces memes produits reviennent sur le marche interieur. Dans ce cadre, et ce cadre uniquement, une taxation selective est justifiable.
Il y a bien entendu une destruction de valeur associee a un cout social, mais aussi a un element intangible lie a la non valorisation des ressources humaines. Que de competences ou expertises non utilisees. Je me demande, peut-etre naivement, pourquoi ne pas transformer ce cout social en creation de valeur positive. Quoiq'il arrive, il nous faudra payer, alors tant qu'a payer pourquoi ne pas reflechir a re-orienter ce cout vers des activites qui creeront de la valeur sur le long terme ?
Pour conclure, je remettrais le debat sur le plan des valeurs. Je suis fatigue d'entendre les qualificatifs utilises pour decrire les entreprises industrielles. Pour travailler dans l'une des plus grandes au Monde, je suis bien place pour savoir que l'Homme est maintenant au centre de nos strategies. Les entreprises ont fait un enorme travail sur le "purpose" qui se traduirait pas raison d'etre. C'est la seule facon de survivre sur le long terme en re-devenant "human centric".
Il y a un gros effort a faire tant au niveau de la Nation que du citoyen et je ne peux que nous appellez a reflechir a notre raison d'etre. La peur de l'autre, la peur du Monde, ne nous emmenera nulle part, et pour cela, je vous remercie de m'avoir donne l'opportunite d'y reflechir un moment !
a écrit le 13/01/2012 à 23:11 :
«?Le savoir-faire et l'intelligence productive appartient à la tradition de la gauche »...instructive la méthode de l?auto proclamation des monopoles on avait déjà eu le droit au monopole du c?ur il y a quelques années ! (il est vrai que le parti communiste français a aussi son propre monopole s?agissant de la résistance durant la guerre 39-45, enfin plus précisément post 22 juin 1941 date à laquelle les Allemands ont rompu le pacte Molotov-Ribbentrop et envahis l?URSS, leur ancien allié)
a écrit le 13/01/2012 à 21:53 :
« le savoir-faire et l'intelligence productive appartient à la tradition de la gauche »...instructive la méthode de l?auto proclamation des monopoles on avait déjà eu le droit au monopole du c?ur il y a quelques années ! (il est vrai que le parti communiste français a aussi son propre monopole s?agissant de la résistance durant la guerre 39-45, enfin plus précisément post 22 juin 1941 date à laquelle les Allemands ont rompu le pacte Molotov-Ribbentrop et envahis l?URSS, leur ancien allié)
a écrit le 13/01/2012 à 20:51 :
De telles explications claires, c'est ce qu'attendent les Français. La délocalisation est
l'un des points essentiels de nos maux. Monsieur était certainement le meilleur
candidat des primaires. D'autant que la lutte sera rude et incertaine. Enfin il faudra un
courage énorme à l'élu de 2012 pour s'opposer au CAC 40 et aux lobbys financiers.
Sauf si l'on remet les mêmes!!!
a écrit le 13/01/2012 à 17:45 :
Il est loin d'être certain que la Chine puisse continuer son développement intérieur. Dans ce cas son agressivité exportatrice n'en sera que plus belle. Quand on a parcouru les grandes zones industrielles chinoises, dédiées pour la plupart pour l'export avec un savoir faire incompatible avec le marché intérieur chinois, on ne voit pas comment cela pourrait s'arrêter.
a écrit le 13/01/2012 à 16:41 :
Je ne défend pas spécialement M.L.P, mais il ne faut pas non plus se boucher les yeux, les gens ne sont pas forcément racistes, ils disent simplement que la France ne peut pas nourrir la terre entière.Parler sérieusement et sans passions excessives de tout ces problèmes serait trop long.Mais pensez-vous que la politique démagogique dont nous sommes gratifiés depuis des décennies, soit encore supportable?Pensez-vous que les villes,Marseille par exemple où la pègre fait sa loi avec des armes de guerre, soit encore admissible? Et combien d'autres choses plus sombres les unes que les autres, dont les tribuns politiques se gardent de parler dans leurs discours édulcorés...de tout cela la France est lassée, alors la diabolisation du F.N cela ne marche plus, et c'est compréhensible, sauf pour les nantis bien entendu...
a écrit le 13/01/2012 à 14:31 :
M. Montebourg,
Vous avez raison. Bravo pour vos prises de positions courageuses.
Mais quittez donc le PS qui a, tout comme l'UMP, précipité la France dans une construction européenne mortifère et qui n'a eu qu'une seule ambition : faire passer la pilule amère de la mondialisation.
Rejoignez les quelques hommes politiques intègres et lucides comme M. Nicolas DUPONT-AIGNAN, construisez un mouvement souverainiste et "démondialiste" efficace et intelligent. Le clivage gauche-droite appartient désormais au passé.
Les Français vous suivront. Je vous suivrai.
a écrit le 13/01/2012 à 12:12 :
Construction séduisante en apparence mais dont les prémisses sont totalement fausses. En cela, Montebourg s'inscrit fidèlement dans la tradition des mensonges constructivistes socialistes nationalistes ou internationalistes, mensonges qui précèdent invariablement leurs crimes. Aujourd'hui comme en 1929, c'est l'interventionnisme irraisonné et incompétent des Etats (déjà protectionnistes) dans les affaires privées, le recul de la liberté indissociable de la responsabilité, qui ont favorisé le recours insensé à l'endettement. Le XXe siècle a été le siècle des collectivismes : tous ont échoué dans la crise économique, les violences civiles ou la guerre. La crise actuelle marque l'échec du dernier des collectivismes, celui des Etats-providentiel obèses écrasés de dettes, celui de la fiction par laquelle chacun s'efforce de vivre aux dépens des autres. Cet échec a été prévu et décrit il y a plus de 150 ans, ce qui constitue sans doute l'aspect le plus triste de l'affaire. Nous sommes déjà trop taxés.
Réponse de le 13/01/2012 à 14:49 :
Vous ne comprenez strictement rien. Pourquoi les états sont-ils endettés selon vous ? Essayez de réfléchir et vous comprendrez.
Réponse de le 13/01/2012 à 15:58 :
bah expliquez votre raisonnement. !
a écrit le 13/01/2012 à 9:57 :
Avec esprit critique dans ce département de Saone et loire ou j'ai vécu ,j'ai regardé les chiffres ,La Saône et loire est un département qui se comporte bien ,solde d'exportation supérieur aux importations ,chômage plus faible que la moyenne ,Montebourg a bien raison quoi qu'il dise ,on doit juger les gens sur leurs actes ,et la c'est du positif.
a écrit le 13/01/2012 à 9:01 :
OUI "Les hommes et les femmes de notre nouveau siècle veulent vivre « à l'échelle humaine » sur le plan économique mais aussi social. Ceci passe nécessairement par une maîtrise de la démographie, y compris en France.

Faire mieux avec moins, c'est aussi comprendre qu'il n'y a qu'un gâteau (la Terre, notre territoire) à partager entre tous les citoyens. Plus nous seront nombreux, plus la part sera petite.

Stop à la croissance économique basée sur la croissance démographique, c'est une ineptie !

Qui accepterait de voir son foyer , à surface habitable équivalente, héberger et nourrir 1 personne de plus tous les 10 ans jusqu'à la fin de ses jours ? Qui ?

L'économie en grec signifie "administration du foyer" ... il est temps que la politique et les politiciens reviennent les pieds sur Terre.

ADYS.
http:\ysnay.blogspot.com
a écrit le 13/01/2012 à 8:08 :
Surtout avant de démondialisation . Commencer par démonter les paradis fiscaux de la mondialisation messieurs les politiques au gosier musclé.
a écrit le 12/01/2012 à 22:53 :
@ parici lasorti
Au lieu de pondre des sottises sur le Père Noël socialiste, répondez donc par des arguments raisonnés à un texte qui vous dérange.
a écrit le 12/01/2012 à 22:15 :
"...la Chine a décidé de ne plus se contenter d'être l'atelier du monde, le spécialiste des productions à faible valeur ajoutée. Foxconn, géant taïwanais de l'électronique, sous-traitant d'Apple, Nokia ou Sony, cherche à remonter la « chaîne de valeur ». "
Oui mais...bien observer ce qui se passe en Chine: 300 employés de Foxconn menacent de se suicider en se jetant du toît de leur usine; les photos sont édifiantes et terrifiantes. Tout ne va pas bien en Chine loin de là!

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