Chine-Russie : les enjeux énergétiques de la « glace combustible »

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La première visite de Xi Jinping comme président a été pour la Russie, pièce maîtresse dans les plans d'approvisionnement énergétique de la Chine. Si les grands accords annoncés à son occasion ont porté sans surprise sur le pétrole et le gaz sibériens, une nouvelle zone de coopération est apparue entre les deux pays. Elle témoigne d'une projection sur le plus long terme et sur une autre ressource énergétique potentiellement majeure : la « glace combustible ».

Les accords signés entre PetroChina d'une part, et Rosneft et Gazprom d'autre part, le 22 mars, développent l'énorme partenariat énergétique mis en route entre la Chine et la Russie depuis quelques années. Prévoyant un doublement à terme des livraisons de pétrole russe à la Chine (pour atteindre 30 millions de tonnes par an), ils stipulent également une extension de cette coopération au gaz, pour des volumes qui pourraient ici atteindre 60 milliards de mètres cubes par an.

Un premier pas vers une autre ressource

Parallèlement à ces deux grands accords, un troisième, portant sur la coopération de PetroChina et Rosneft pour l'exploration des réserves de l'Arctique russe, peut paraître marginal. Il pourrait pourtant représenter la première étape d'une coopération encore plus importante à long terme. Cet accord porte certes toujours sur le pétrole, de la Mer de Barents. Mais il donnera au principal groupe pétrolier et gazier chinois l'occasion de mettre un pied dans une région qui se révèlera peut-être un réservoir majeur pour une autre ressource. Comptant la plus importante surface au monde de pergélisol (permafrost), les côtes arctiques de la Russie pourraient en effet abriter des quantités considérables d'hydrates de méthane, du gaz emprisonné dans la glace dans certaines zones de grande profondeur marine ou dans les sols de surface gelés en permanence.

La « glace combustible », enjeu potentiel majeur

Parfois appelée « glace combustible », cette ressource n'est pas encore exploitable. Mais elle suscite des efforts de recherche importants, notamment de la part du Japon - qui vient d'annoncer en ce mois de mars sa première réussite dans l'extraction de gaz exploitable à partir de cette ressource. On s'y intéresse aussi aux Etats-Unis, qui se penchent actuellement sur le potentiel de l'Alaska, et ... en Russie, qui avait mené de premières expériences d'extraction (aux résultats incertains) dès les années 1970, ainsi qu'en Chine. PetroChina a en effet commencé à explorer les ressources en hydrates de méthane liées au pergélisol de certaines zones d'altitude à l'intérieur de la Chine. Mais le potentiel lié aux côtes arctiques de son voisin russe pourrait être nettement plus important. La coopération énergétique entre la Chine et la Russie est un enjeu majeur pour demain. Et peut-être plus encore pour après-demain.

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