Assurance-vie  : les débats sur la "Flat Tax" et la loi Sapin 2 ont fait oublier l'essentiel  !

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L'assurance-vie a toujours été un sujet sensible dans notre pays. Placement financier préféré des Français en volume d'encours - et de très loin -, elle fait l'objet de vifs débats dès que le pouvoir exécutif ou législatif fait mine de vouloir modifier ses conditions, économiques, fiscales ou réglementaires. Par Jean-Sébastien Antoniotti, Président d’Anpere

Récemment, deux mesures pouvant la concerner ont fait couler beaucoup d'encre : la Loi Sapin 2 a d'abord mis en place des mesures visant à protéger les épargnants, mais pouvant limiter provisoirement les retraits et versements sur tout contrat d'assurance-vie. Elle prévoit également de pouvoir encadrer le rendement des contrats en cas de crise financière grave ou de remontée brutale des taux d'intérêt.

Est ensuite intervenu le débat autour de la « Flat Tax » à 30% sur tous les produits du capital, décidée dans la foulée de l'élection du Président Emmanuel Macron. Commentateurs et spécialistes se sont particulièrement concentrés une fois de plus sur l'assurance-vie et sur les changements que cela pourrait entraîner. En se focalisant sur les changements négatifs bien sûr, tant il est vrai qu'on s'intéresse surtout aux trains qui n'arrivent pas à l'heure. Alors que les modifications que cela va entraîner ne concernent pas le stock, mais uniquement les nouveaux versements et seulement pour les clients disposant de plus de 150.000 euros d'assurance-vie !

On le voit : même s'il est toujours risqué de modifier les conditions d'un placement si populaire et qui irrigue de bien des façons l'économie de notre pays, notamment via les placements en actions et obligations, on est loin d'un changement entraînant une révolution pour une grande majorité d'épargnants français.

Ces débats autour de cette modification de la fiscalité de l'assurance-vie ont presque fait oublier un sujet essentiel : ce placement est et restera un instrument financier de très grande qualité pour une très large part de la population. Un outil d'épargne unique par tout ce qu'il permet de faire tout au long de sa vie dans l'intérêt de la protection de toutes les familles et de tous les patrimoines.

À force d'entendre parler d'assurance-vie, on en oublierait presque ses nombreux avantages. Il n'est donc pas inutile de les rappeler.

En matière de placement, l'assurance-vie permet par exemple d'épargner à son rythme, dans la durée. Les épargnants peuvent ainsi se constituer un capital pour financer un projet, préparer l'avenir de leurs proches, protéger leur patrimoine, et bien sûr transmettre un capital.

En matière de prévoyance, l'assurance-vie est un moyen idéal pour assurer en cas de coup dur (accident ou problème de santé), la sécurité financière de la famille, l'éducation des enfants et la continuité de son activité professionnelle afin de préserver ses proches; et, il ne faut pas le négliger.

L'assurance-vie est aussi voire surtout la réponse parfaite pour anticiper la retraite, en s'assurant un complément de revenus une fois terminé sa vie au travail et dans certains cas en déduisant fiscalement ses cotisations d'épargne avant d'arriver à la retraite.

Épargner, se protéger, optimiser ses conditions de retraite : voici les trois piliers de l'assurance-vie. Mais avec l'allongement de la durée de vie, il en est un quatrième qu'il faut mentionner : l'assurance-vie peut aussi constituer un soutien de poids en cas de perte d'autonomie, une situation qui touche hélas toute la famille.

On le voit, l'assurance-vie reste, malgré les quelques modifications intervenues ou décidées ces derniers mois, un placement irremplaçable pour mener à bien un projet et accompagner les Françaises et les Français tout au long de leur vie, dans les bons comme dans les mauvais moments, en leur apportant protection et sécurité.

Cerise sur le gâteau, elle bénéficie d'un cadre fiscal avantageux.

Un formidable moteur pour maintenir et redonner tout son sens à la solidarité entre générations : aider les enfants à financer leurs études ou leur premier projet immobilier, transmettre un patrimoine tout au long de sa vie et lors de son décès, aider les séniors à profiter de leur retraite et de leur fin de vie.

Le rôle de l'assurance-vie est donc crucial : nous devons tous, citoyens, épargnants, électeurs, décideurs publics et privés, le garder à l'esprit dans l'intérêt de toute la société.

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Commentaires
a écrit le 22/11/2017 à 10:57 :
"la réponse parfaite pour anticiper la retraite, en s'assurant un complément de revenus"
une sorte de "fond de pension" en quelque sorte. L'Etat adore, il prélève la CSG chaque début d'année sur la partie 'garantie', sauf que les faibles taux ne (lui) rapportent plus trop.
Depuis le début, j'ai 20% de 'risqué' dans mon AssVie, peut-être à revoir, le risque rend frileux. :-) Je vais tenter 25%...
a écrit le 22/11/2017 à 10:19 :
L'assurance-vie n'est pas un produit si bon que cela pour l'économie.
Tôt ou tard il faudra réformer ce système appelé assurance-vie, rien que le nom, c'est plutôt une assurance fiscale de payer moins d'impôts!
Mieux vaudrait adoucir les droits de succession et mettre l'argent plus directement dans l'économie et pas seulement dans l'immobilier.
A quand de véritables véhicules d'investissement simples et directs dans les entreprises avec une reconnaissance par l'Etat de prise de risques?
Les Français qui veulent participer à l'économie, notamment de proximité se tournent, vers les crowfunding et dérivés sans aucune reconnaissance fiscale alors que le risques est maximum. Ils prennent le risque que les banques ne prennent pas.

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