COVID-19 et économie durable: ne rien lâcher !
Bertrand Badré, Bernard Michel et Camille Fumard

Photo d'illustration
Reuters
Bertrand Badré, Bernard Michel et Camille Fumard

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À l'heure de la propagation du COVID-19 - plus que jamais - l'écosystème européen public/privé ne doit pas se désintéresser de l'économie durable. La crise COVID-19 risque en effet de provoquer un nouvel attentisme envers les engagements pris, alors même que l'économie durable constitue la solution pour le capitalisme mondial post-COVID-19.
rééquilibrage des activités dominantes sur la surface de la planète.
Car, oui, il y a des excès de déforestation, d'industrialisation, d'urbanisation et les pandémies (SRAS, COVID19) se succèdent.Ces temps de crise peuvent appeler à renouveler nos pratiques écologiques sur le plan social, environnemental et mental comme le philosophe de la dé-construction Félix Guattari nous y invitait avec son concept "d'écosophie" pour r
ecomposer une terre humainement habitable.amélioration de l'état de l'humanité
.Nous sortirons de cette crise. Mais nous devons nous rappeler aussi de notre extraordinaire capacité humaine à oublier, faire « table rase » du passé.
Post-
COVID-19, il ne faudra donc rien lâcher sur l'Europe verte et l'économie durable. En l'absence de règles admises ou contraignantes, les pionniers devront montrer l'exemple au risque de surprendre.
Ne rien lâcher, ne signifie pas jouer les Cassandre, c'est ne pas autoriser que la crise du COVID-19 entrave un défi inéluctable, celui de la transition vers l'énergie propre, celui d'une nouvelle trajectoire à notre modèle économique.Face à l'urgence mondiale COVID-19,
il s'agit de voir plus loin : la sortie de la crise, et les décennies qui nous attendent. Ne rien lâcher, c'est ce que demande l'Agence internationale de l'énergie aux gouvernements, d'abord. À l'origine de 70 % des investissements énergétiques mondiaux, les gouvernements doivent faire bloc et ne pas céder
à la chute des prix des énergies fossiles issue de ceCOVID-19.
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Ceux qui prenaient les risques d'intégrer pleinement l'impact écologique de leur entreprise à un moment où dégager de la sur-performance (de l'Alpha financier) avec des critères ESG (économiques, sociales et gouvernementales) n'allait pas encore de soi. C'était vrai avant la crise COVID-19. Ça le sera encore plus après.
Nous pourrons compter sur le premier classement des dirigeants en fonction de ce qu'ils nous inspirent par leurs démarches volontaristes et leurs engagements personnels. Certainement aussi sur une vague de « Name and Shame ».
Quoiqu'il en soit, ces dirigeants qui ne lâcheront pas seront les pionniers d'un nouveau capitalisme plus équitable, plus soucieux des écosystèmes. À cet égard, la crise du COVID-19 sera l'épreuve de feu pour la planète. Le risque étant que le sauvetage des entreprises post-covid19 priorise à nouveau la seule maximisation des profits.
Cette crise montre en effet à quel point notre société est vulnérable, tout comme nos écosystèmes financiers, face aux défis exogènes (environnementaux, sanitaires, montée des inégalités). Nos modèles ne prennent pas suffisamment en compte la contrainte entropique, ce qui fait courir un risque à un énième rebondde l'activité économique
. Profitons-en bien pour affecter une partie des capitaux considérables qui vont être injectés dans l'économie au service du développement durable.L'Europe doit donc s'y préparer et ne pas oublier qu'elle a des champions parmi les meilleurs
sociétés de gestion d'actifs
qui peuvent imposer une nouvelle culture du capitalisme.
Ainsi, dans une récente publication réalisée par la Banque des Règlements Internationaux (BIS), «The Green Swan
», était reconnu non seulement les impacts profonds et irréversibles du changement climatique sur les écosystèmes et la société, mais aussi l'arrivée d'une véritable rupture épistémologique dans la communauté financière : la nécessité pour les banques centrales d'agir en faveur d'une finance verte, gage de stabilité financière pour la planète.Après la crise, viendra le temps pour nos dirigeants d'entreprise, nos asset managers, nos instances dirigeantes de prendre le virage de « l'or vert ». L'Europe devra alors aligner ses planètes autour d'un bien commun, la Terre. Une priorité pour notre planète et ses habitants ! Ici et maintenant.
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ancien Directeur Général de la Banque Mondiale et CEO
et fondateur de Blue like an Orange SustainableCapital ; Bernard Michel, Président Viparis et Real Estech Europe et Camille Fumard, Head of Leadership Strategies chez JIN
Bertrand Badré, Bernard Michel et Camille Fumard