L'intégration de la technologie dans une logique de prévention va-t-elle changer la donne ?

 |   |  711  mots
Jean-Baptiste Guillaume.
Jean-Baptiste Guillaume. (Crédits : IAC Partners)
OPINION. En France, la médecine préventive et la médecine prédictive sont deux courants certes pas nouveaux mais la tendance croissante de l'intégration de la technologie et de la e-santé à la médecine moderne ouvre un panel de possibilités impliquant tous les acteurs de la santé. Par Jean-Baptiste Guillaume, Partners chez IAC Partners, cabinet de conseil en stratégie.

En 2017, la France a dépensé 15 milliards d'euros dans la médecine préventive, soit 8% de son budget total de santé. Cette médecine préventive repose sur le traitement anticipé de risques avérés afin d'éviter que les patients contractent des pathologies - pathologies traitées par la médecine curative (par exemple, un régime nutritif adapté pour des patients à risque pour le diabète).

La nécessité de poursuivre les économies sur le système de santé, la hausse constante des maladies chroniques et l'apparition de nouvelles technologies ont donné une nouvelle impulsion à un second courant : la médecine prédictive, qui cherche à anticiper des prédispositions, en particulier génétiques.

Ces deux courants n'ont rien de nouveau - le séquencement du génome et le dépistage néonatal ont fait leur apparition dans les années 1980 - mais la tendance croissante de l'intégration de la technologie et de la e-santé à la médecine moderne ouvre un panel de possibilités impliquant tous les acteurs de la santé.

Cette bascule du traitement curatif au prédictif s'exprime aujourd'hui à tous les niveaux du système de santé : prestataires de soins, patients et organismes de remboursement.

Mise en place d'une médecine de précision

Pour les prestataires de soins, la collecte massive de données médicales, du Dossier Médical Partagé aux initiatives du Data Health Hub, permettra de mettre en place une médecine de précision incluant l'historique médical complet du patient et la prise en compte de son milieu socio-économique afin de dresser des profils de risques exhaustifs et adaptés. Cette opportunité est déjà bien identifiée par des acteurs comme Genepred, une start-up marseillaise qui développe un algorithme prédictif qui évalue la probabilité d'un patient d'être atteint d'une pathologie donnée. Mais le diagnostic et la prédiction de la réponse au traitement ne sont pas les seuls enjeux pour les prestataires : l'informatique médicale promet une meilleure planification des soins et des ressources humaines et matérielles avec pour objectif final une prédiction affinée des coûts de structure et de soins.

Pour le patient, il s'agit de changer la dynamique de sa relation avec le personnel soignant et d'être l'acteur principal de sa santé. Le suivi médical à distance et le coaching se développent, permettant d'assurer une gamme de soins personnalisés et plus accessibles en facilitant pour les utilisateurs le suivi de leurs indicateurs personnels. Les communautés en ligne et les solutions digitales de parcours de soins, à l'instar de Nouveal qui propose une assistance préopératoire à distance, participent à la redistribution des connaissances médicales et à l'autonomie des patients. La médecine prédictive offre la possibilité de prendre en compte son profil de risque pour adapter son mode de vie : en 2013, Angelina Jolie annonçait sa double mastectomie (ablation du sein) à la suite de la découverte dans son patrimoine génétique du gène BRCA1, dont la prévalence du cancer du sein est de 87% chez les porteurs.

Comprendre et anticiper les comportements à risques

Pour les assurances privées et la sécurité sociale, l'intégration des technologies Big Data et de l'IOT montre déjà un impact fort. Comprendre et anticiper les comportements à risques pour la santé représente en effet un atout clef pour réduire drastiquement les coûts des soins en évitant les hospitalisations. Mais le domaine d'application ne s'arrête pas là : en Afrique du Sud, l'assureur Discovery attribue des avantages financiers à ses clients qui enregistrent une activité physique régulière via leur objet connecté. L'objectif est autant d'inciter les utilisateurs à adopter des modes de vie plus sains que d'adapter les propositions commerciales à la diversité de clients.

Les nouvelles technologies s'intègrent à une vitesse grandissante au milieu médical, amenant la nécessité de repenser l'utilisation de la donnée et l'implication des acteurs de la santé en garantissant la confidentialité et la sécurité de l'information. Cette association doit veiller à ne pas dévaloriser le savoir-faire médical et à anticiper la formation des médecins aux solutions informatiques tout en gardant à l'esprit que prédire ne permettra pas toujours de guérir.

H1 { margin-bottom: 0cm; color: rgb(47, 84, 150); break-inside: avoid; }H1.western { font-family: "Calibri Light", serif; font-size: 16pt; font-weight: normal; }H1.cjk { font-family: "Arial Unicode MS"; font-size: 16pt; font-weight: normal; }H1.ctl { font-size: 16pt; font-weight: normal; }P { margin-bottom: 0.21cm; }

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 19/07/2019 à 14:25 :
Nous ne sommes pas nés de la dernière canicule ...

La prévention «  méga impact à 100% »
est la :

«  suppression des infos intox sur la santé humaine qui circulent depuis le gain phénoménal des entreprises sur la santé publique globale ( enfants , adultes et personnes âgées)

La meilleure prévention pour l’humain est d’être à «  l’écoute de son corps »( le corps ne ment jamais)

Il y a 5 ans de ça : les médias censuraient les impacts de la lumière bleue sur la rétine : aujourd’hui c’est en voie de «  démocratisation »

Excusez nous : mais nous n’allons pas vous dire merci ... pour ce retard...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :