Obsolescence programmée : un enjeu climatique de premier plan
Samuel Sauvage
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déchets, ordinateurs
Reuters
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Si l'obsolescence programmée n'était pas seulement une question de déchets de ressources naturelles, mais plus généralement un enjeu climatique ? Car si la pratique consistant à limiter la durée de vie d'un produit, de façon à favoriser le marché de renouvellement, est suffisamment bien documentée pour avoir été interdite en France depuis 2015, son volet énergétique n'a jamais été précisément évalué. Or, fabriquer des objets émet du CO2, de même que leur transport, leur stockage et la gestion de leur fin de vie (dont le recyclage).
Ainsi, l'obsolescence accélérée des produits, en augmentant artificiellement le nombre de biens fabriqués, participe-t-elle de nos émissions de gaz à effet de serre (GES). Pourtant, ce sujet n'est jamais intégré dans les négociations climatiques internationales, et ne figure pas dans les programmes d'action des plans climat ou des stratégies locales de transition énergétique. Cette ignorance est-elle fondée, compte tenu de la contribution limitée de l'industrie manufacturière à nos émissions de CO2 (11% des émissions de GES), ou au contraire s'agit-il d'un angle mort de nos politiques énergétiques, à combler rapidement ?
Une étude récente de l'Ademe ("Modélisation et évaluation du poids carbone de produits de consommation et biens d'équipement", 2018) a calculé l'empreinte carbone de quatre produits très présents dans notre quotidien : le smartphone, le lave-linge, le canapé-lit et le jean en coton.
L'essentiel de leur impact en CO2 est généré par la phase d'extraction des matières premières, voire de fabrication (mise en forme, assemblage...) : la fameuse « énergie grise » - la dépense énergétique totale pour élaborer un matériau -, celle qu'on ne voit pas, mais qui est bel et bien dépensée !
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À partir des chiffres de l'Ademe et du nombre de produits mis sur le marché chaque année en France, un impact carbone national a été estimé. Ces premiers calculs, bien qu'arrondis, montrent que ces quatre produits sont à eux seuls responsables de près de 3 millions de tonnes de CO2 par an. Certes, ces émissions, souvent liées à des importations, sont peu comptabilisées sur le périmètre français. Toutefois, il s'agit de la véritable empreinte carbone de la consommation de ces quatre produits par les Français.
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Samuel Sauvage