DOSSIER Comment l'assurance-vie relève le défi de la baisse des taux

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Face à la crise des dettes souveraines, les assureurs parviennent à tirer leur épingle du jeu en diversifiant leurs placements obligataires et en tirant parti de la volatilité des actions.

Encore et toujours placement préféré des Français, l'assurance-vie en euros continue d'être le plus rentable des investissements sans risque. L'écart entre les taux de rendement des fonds en euros à capital garanti ne cesse cependant de se creuser : de 2,85 % à 4,30 % pour les premiers contrats à avoir publié leurs chiffres (tableau ci-contre). Preuve que dans l'environnement financier actuel, certains opérateurs ont su tirer leur épingle du jeu mieux que d'autres. Alors qu'on pouvait craindre que la crise des dettes souveraines les pénalise, les assureurs vie ont plutôt profité de l'envolée des taux des pays « à risques » comme le Portugal, l'Italie, l'Irlande, la Grèce et l'Espagne. L'Afer, la MACSF ou Le Conservateur en ont même souscrit l'équivalent de 10 % de leurs portefeuilles. De même, la volatilité des marchés actions a permis aux plus agiles d'opter pour une gestion opportuniste, et même de « trading » selon les propos de Gilles Ulrich, directeur général du Conservateur (cf. entretien ci-contre). En bons cuisiniers des taux de rendement, les assureurs ont su faire évoluer leurs dosages face au contexte financier même s'ils conservent toujours les mêmes ingrédients de base.

L'encours total de l'assurance-vie est néanmoins ressorti en baisse de 1 milliard d'euros en novembre 2010, à 1.328 milliards, ce qui n'était plus arrivé depuis les rachats massifs de contrats en unités de compte observés fin 2008, après la faillite de Lehman Brothers. Cette baisse s'explique par la chute des indices boursiers en novembre, alors que la collecte nette (versements des assurés moins les prestations payées par les assureurs) était positive, à 4,4 milliards.

Mais la collecte nette pourrait devenir négative dès le mois de décembre et peut-être plus durablement. En effet, les rachats de contrats, qui ont progressé de 8 % de fin décembre 2009 à fin novembre 2010, pourraient continuer à augmenter à mesure que les assurés du « papy-boom » atteignent la retraite. Un phénomène déjà enclenché : la majorité de l'encours de l'assurance-vie est détenue par les plus de 60 ans. De plus, les épargnants sont actuellement tentés de racheter leurs contrats afin d'investir dans la pierre. À l'Afer, les rachats partiels, largement motivés par un achat immobilier, ont dépassé 1 milliard d'euros en 2010. Les assureurs suivent de près l'évolution de la collecte nette. Si elle devenait structurellement négative, ils seraient forcés de céder des obligations sur le marché secondaire, au risque de faire des moins-values qu'ils devraient absorber, puisque le capital des fonds en euros est garanti. Une situation qui finirait par peser sur leur solvabilité.

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