Changement climatique : le vignoble bourguignon veut tout changer pour que rien ne change
Amandine Ibled
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Photo d'illustration
Reuters
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713 hommes et femmes, de tous âges, aux abords du vignoble de Fuissé, en Saône-et-Loire photographiés dans leur plus simple appareil au milieu des vignes du Mâconnais... L'image commandée par Greenpeace France et prise par le photographe américain Spencer Tunick avait déjà pour objectif d'interpeller il y a dix ans sur les conséquences du dérèglement climatique sur le vignoble bourguignon. Ce dernier représente aujourd'hui 30 000 hectares pour une production moyenne de 1,45 million d'hectolitres. L'observatoire du millésime du Bureau interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) suit depuis 1988 la date des principaux stades phénologiques (débourrement, floraison, fermeture de la grappe, véraison et récolte), l'évolution des données météorologiques ainsi que la composition physico-chimique des baies et des moûts. Résultats : tous les stades de développement sont plus précoces (-7 jours pour le débourrement, -3 jours pour la floraison, -9 jours pour la véraison). Les vendanges se font de plus en plus tôt. L'avancée est de 15 jours en 50 ans ; Du fait de l'avancée de la véraison et de l'augmentation de la température moyenne, la maturation se déroule plus tôt en saison et les raisins subissent des températures plus élevées pendant cette période. Les conditions de la maturation, moment-clef pour la typicité du vin et sa signature terroir-millésime sont modifiées.
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Ces changements climatiques impactent la composition des moûts : dans le vignoble bourguignon, le suivi de la teneur en sucres des baies de raisin (le titre alcoométrique potentiel) et de l'acidité totale, année après année par le BIVB, montre une grande hétérogénéité. Des conséquences sur la vigne qui ne feront que s'accélérer avec une hausse des températures d'ici à 2050 durant les mois d'avril à septembre, des vagues de chaleurs plus longues, plus intenses et plus nombreuses, peu de variation des cumuls annuels des précipitations mais une répartition probablement modifiée avec moins de précipitations en été et plus en hiver, une augmentation de l'indice de fraîcheur des nuits de 0,8 degré entre les années 2030 et 2080.
Amandine Ibled