A l’occasion de son assemblée générale, la CCI Bretagne a voté à l’unanimité une motion en faveur de la réalisation du polémique parc éolien de la baie de Saint-Brieuc. Les élus consulaires souhaitent que se pérennisent les promesses de cette nouvelle filière alors qu’ils s’inquiètent de l’impact économique de la crise sanitaire sur les entreprises. Dans le secteur du commerce, le mois de décembre sera décisif.« Aujourd'hui, près de 10 ans après le lancement du projet, le parc n'est toujours pas en activité. » Dans une motion adoptée en fin de semaine dernière et à l'unanimité, les membres des CCI de Bretagne appellent à la réalisation du parc éolien de la baie de Saint-Brieuc. Le projet, porté par Ailes Marines, filiale du groupe espagnol Iberdrola, prévoit d'installer 62 éoliennes offshore de type jacket et culminant à 207 mètres de haut afin de produire 9 % de l'électricité consommée en Bretagne. La construction des éléments des fondations des éoliennes par le consortium espagnol Navantia-Windar a démarré en octobre sur le nouveau polder de Brest. En se déclarant en faveur de ce parc pour lequel l'investissement global s'élève à près de 2,4 milliards d'euros, la CCI Bretagne participe au débat public sur un dossier très polémique, qui suscite l'opposition des marins pêcheurs (300 bateaux) et de certains élus. Le député du Finistère Marc Le Fur s'en est fait le porte-voix à l'Assemblée nationale, fustigeant à la fois le coût du projet pour le contribuable, le prix élevé de 155 euros du MWh pendant 20 ans quand le prix du marché oscille entre 40 et 50 euros du MWh et l'impact sur la pêche.
La CCI met pour sa part en avant « l'intérêt général qui a prévalu aux décisions de l'Etat en faveur de la création de ce parc » et qui concerne la réduction des émissions carbonées de la production d'énergie ou encore la « création d'emplois en Bretagne au sein d'une filière d'avenir ». L'installation du parc va générer 1.100 emplois directs en France, dont 250 sur le site portuaire de Brest. En 2011, les porteurs du projet tablaient sur 2.000 emplois en France dont 1.000 en Bretagne.
« La CCI Bretagne exprime sans réserve son soutien au consortium Ailes Marines » écrit-elle, soulignant que des sessions de formation sont prévues pour faciliter l'embauche des personnels dédiés à la fabrication, la pose et la maintenance des éoliennes. « L'ouverture de ce chantier donnera, enfin, l'élan pour crédibiliser à l'échelle mondiale la filière bretonne des énergies marines renouvelables, renforcée par le développement du projet d'éoliennes flottantes de Bretagne-sud. »
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes