Covid-19  : NG Biotech commercialise un test de diagnostic rapide

 |   |  832  mots
Ce test, dont les performances ont été validées en collaboration avec le CEA et l'AP-HP (Paris-Saclay, hopîtaux Paul Brousse, Lariboisière, Parly-2), est commercialisé via un dispositif exclusif « tout-en-un », à usage unique, intégrant un auto-piqueur et un collecteur de sang capillaire.
Ce test, dont les performances ont été validées en collaboration avec le CEA et l'AP-HP (Paris-Saclay, hopîtaux Paul Brousse, Lariboisière, Parly-2), est commercialisé via un dispositif exclusif « tout-en-un », à usage unique, intégrant un auto-piqueur et un collecteur de sang capillaire. (Crédits : DR)
Guipry-Messac (35). La société de biotechnologies bretonne NG Biotech a annoncé le lancement commercial d'un test rapide et « tout-en-un » de détection de l'infection au virus Covid-19. 2 millions de tests seront produits par mois à partir de cet été et écoulés en priorité en France. Le ministère des Armées soutient et finance le projet à hauteur de 1 million d'euros.

Article mis à jour le lundi 6 avril à 14h30

La lutte contre la pandémie de Covid-19 met en lumière les entreprises de biotechnologies bretonnes. Après l'autorisation de tests sur patients infectés de la molécule d'Hemarina (Roscoff), Hemo2Life, un transporteur universel d'oxygène issu de l'hémoglobine du ver marin, NG Biotech a lancé mardi la commercialisation du premier test ultra-rapide français de détection de l'infection au virus SARS-Cov-2. Marqué CE, ce test sérologique en bandelette permet en 15 minutes d'indiquer le statut immunitaire du patient en détectant les anticorps produits par l'organisme lors de l'infection au virus. Il est obtenu à partir d'une simple goutte de sang. Ce test, dont les performances ont été validées en collaboration avec le CEA et l'AP-HP (Paris-Saclay, hopîtaux Paul Brousse, Lariboisière, Parly-2), est commercialisé via un dispositif exclusif « tout-en-un », à usage unique, intégrant un auto-piqueur et un collecteur de sang capillaire. Il permet ainsi « une utilisation au chevet du patient comme en autotest » fait valoir l'entreprise de Guipry-Messac (Ille-et-Vilaine) qui s'est inspirée d'une de ses innovations en matière de test de grossesse. Elle ajoute que son produit sera « proposé en priorité au système de soin français, afin qu'il puisse assurer au plus vite une meilleure stratification des patients et un suivi du statut immunitaire ».

Dirigée par Milovan Stankov Pugès, NG Biotek est spécialisée dans le développement, la production et la commercialisation de solutions de diagnostic rapide en santé. L'entreprise, qui en janvier 2019 avait levé 3 M€ pour accélérer le déploiement commercial international de ses solutions, s'est notamment fait connaître dans le domaine de l'antibiorésistance, un des enjeux mondiaux de santé publique au 21e siècle. « Nous sommes leaders dans ce domaine, nos produits sont exportés dans 70 pays et c'est ce savoir-faire qu'on a voulu adapter pour la détection du coronavirus » indique le Dr Calvo, directeur du Développement Stratégique de NG Biotech.

2e site de production en Bretagne ; 1 million de tests en juillet

Avec son test, l'entreprise souhaite donc répondre à la nécessité d'identifier très vite, dans les populations à risques (personnes âgées, malades présentant des symptômes évocateurs) ainsi que dans celles qui sont exposées à un risque élevé d'infection (personnels soignants), les personnes qui devront être prises en charge et être isolées. « Il s'agit également de détecter et d'isoler les porteurs sains » ajoute le Dr Calvo.

Pour atteindre d'ici à septembre une capacité de production de l'ordre de 2 millions de tests par mois et de 4 millions début 2021, la société prépare l'ouverture à Guipry-Messac d'un deuxième site de production en série. 70 000 tests devraient être commercialisés en avril, un million en juillet à un tarif de 15 €.  Afin d'assurer les commandes, l'entreprise de 40 personnes (3 M€ de CA) prévoit de doubler ses effectifs rapidement. « Ce qu'il nous fait maintenant c'est de la main d'œuvre et une extension rapide de notre unité de production qui est actuellement de plusieurs centaines de milliers de tests » reconnaît le Dr Calvo. « Tout se met en place afin de répondre au plus vite aux multiples demandes émanant entre autres des hôpitaux et en lien avec la Direction générale de la santé ». Le projet sera aussi financé à hauteur de 1 million d'euros par le ministère des Armées via un contrat de la Direction générale de l'armement (DGA) notifié le 31 mars. Ce contrat inclut le développement d'un kit de détection dans la salive ou par échantillon nasal et la sécurisation d'une filière de réactifs de base nationale.

Valeur prédictive de 100 %

Demain, la connaissance du statut immunitaire de la population sera un facteur essentiel dans la lutte contre le virus.

Ce « test de dépistage rapide, reproductible, simple et peu coûteux aidera tous les soignants avec un impact massif sur la population » estime le Dr Ali Afdjei, médecin urgentiste au Centre hospitalier de Parly-2.

Son confrère Thierry Naas, codirecteur du Centre national de référence de la résistance aux antibiotiques, met pour sa part en avant les « très bonnes performances biologiques du NG-Test » et sa « valeur prédictive positive de 100 % ». Un bon point pour NG Biotech. Il y a quelques jours, le professeur Vincent Thibault, chef de service du laboratoire de virologie aux CHU de Rennes indiquait que les tests de dépistage du coronavirus, notamment via le prélèvement nasal, n'étaient fiables qu'à 70%.

Dans la concurrence internationale qui s'organise pour l'élaboration de tests plus efficaces, NG Biotech fait face aux entreprises Abbott (E-U), Mobidiag (Finlande), Innovita (Chine) et à l'alsacienne Biosynex. La PME bretonne qui depuis sa création en 2012 bénéficie du soutien de la Région Bretagne, du département d'Ille-et-Vilaine, de bpifrance, et des réseaux Entreprendre, Médicen et Rennes Atalante, n'entend pas pour autant réduire la production de ses autres produits.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/04/2020 à 8:03 :
Avoir + de mort et une récession , et finir par aller se faire soigner chez celui qui en a - et qui ne sera pas en récession . L’approche allemande benchamrk Corée du Nord et l’apporche Française sans feuille de route OCDE.
a écrit le 03/04/2020 à 7:59 :
La performance de la politique française : avoir + de mort pour une récession .
On refera la France par le bas et les vrais élites .
a écrit le 03/04/2020 à 7:56 :
C’est tragique d’avoir une démarche qui a flingué l’economie cette année et hypothèquer les années futurs pour un résultat ? Avoir + de mort que d’autres dans une démarche de dépistage préventif à confinement partiel
a écrit le 03/04/2020 à 7:04 :
L’entreprise a une opportunité de développement commercial à l’international rapide ( janvier leve 3M€) par le besoin existant ou c’est plus démarché mais être demarché . les 3x8 . Le jour Europe , la nuit USA - canada. Ce qui permet de produire + sans investir dans des paliers de prod dont peut être que la surcapacité existera à terme . Par contre faut être en mesure d’avoir des entreprises fournisseurs pour les éléments en quantité ( pièce plastique ect) . C’est bien excellent , mais le marché réel il est en Amérique du Nord maintenant bien qu’on achète 5 millions pour dès test post épidémie et confinement . Les suisses peuvent être intéressés pour leur douanier et test frontalier. Idem liechtenstein avec les pendulaires . 50 milliards et + , 1 mois et demi de confinement, -2% dépense conso finale ménage annuel , 4,5 points de pib en - ( 3 points 1 mois ) , produit tardif car on aurait fait autrement et pas qu’a Dépister le malade de 7 jours dans hôpital
a écrit le 02/04/2020 à 9:39 :
En ces temps ou la précipitation est un peu de mise, on espère que ces entreprises innovantes n'oublient pas le nerf de la guerre : le dépôt des brevets en France et à l'international... Cela prends normalement beaucoup de temps et j’espère que l'Office Européen des Brevet accélère ses procédures !
Nos entreprises se sont fait piquer des brevets trop souvent par d'autres sociétés dans d'autres pays et cela serait catastrophique à l'avenir...
a écrit le 01/04/2020 à 21:09 :
C’est un outil pour faire gagner du temps aux hôpitaux face à l’afflux des patients.

J’ai lu dans un article que après une guérison du Covid 19 , le patient peut rester positif encore 8 jours , la présence du virus n’est plus décelable après 8 jours

En gros les pays sont plus préparés à faire la guerre entre eux et de l’argent que de soigner des populations en cas de pandémie ;
c’est ça la «  réalité « 

Réponse de le 02/04/2020 à 8:24 :
C'est aussi un outil de redémarrage de l'activité économique, les personnes immunisées étant en principe susceptibles de reprendre une activité sans risque (ce qui restera d'ailleurs à vérifier).
a écrit le 01/04/2020 à 17:57 :
Une bonne nouvelle à confirmer, les solutions sont dans ce sens à long et moyen terme, détecter rapidement et souvent après avoir trouver d'abord le moyen de soigner et d'arrêter l'hécatombe.
La médecine et la recherche doivent se préparer à pouvoir répondre rapidement aux futures pandémies qui ne manqueront pas d'arriver avec des méthodes de notre temps.
Ce n'est pas de stocker tout et finalement n'importe quoi qui est la solution, c'est et ce sera la capacité réactive face aux nouveaux ennemis, comme pour la guerre....
a écrit le 01/04/2020 à 17:48 :
On est sauvé.... :-)

Reste à expliquer aux spountz du gouvernement qu'il est inutile de piquer toute la population. Avec un échantillon statistique de 50 000 personne on pourra savoir précisément où l'on en est de l'infection sur le territoire, c'est comme pour les sondages.
Réponse de le 02/04/2020 à 8:22 :
Au final, c'est peut-être bien la crainte de voir se réduire comme peau de chagrin le marché des groupes pharmaceutiques qui pourrait expliquer ce revirement soudain qui nous aura fait passer du jour au lendemain de l'ouverture sans limite et sans contrôle au tourisme chinois, au confinement de l'ensemble de la population.
a écrit le 01/04/2020 à 17:40 :
Quand Mr Macron évoque un retour à l'indépendance économique de la France et sa souveraineté, il a la possibilité de lancer des actions concrètes en soutenant ce type d'entreprise nationale. Heureusement, Il doit en avoir bien d'autres !
Si ce test est reconnu fiable par les autorités médicales, GO Messieurs les décideurs.
Cela permettra également à ces entreprises de grandir leur expérience, d'innover, etc..
En fait retrouver un tissu industriel de bon niveau qui permettra à la France d'être indépendante. Il y en marre des chinois qui pour la cinquième fois depuis 1957 ( grippe asiatique) nous injecte la mort.
Réponse de le 01/04/2020 à 17:56 :
euh, pour developper des boites, faut de l'argent; du grand capital ultracapitaliste ultraliberal ultrapatronalmedef
il se trouve que la france a fait le choix de mettre tout le monde dehors, en leur vomissant dessus depuis 30 ans
et c'est pas avec la derniere couche des lois florange, dailymotion, eckert, pacte, et consors que ca va aider
le pb des start ups francaise, c'est que soit elles ne servent a rien, soit elles n'ont pas vocation a rester francaises, et les incatations, hommages et autres ceremonies, ca ne sert a rien
Réponse de le 02/04/2020 à 8:15 :
@Réponse de churchill - Un commentaire qui fait penser à ces soviétiques qui réclamaient toujours plus de communisme, son niveau insuffisant expliquant à leurs yeux son échec. Objectivement, l'ultra-libéralisme est plus que jamais florissant en France, mais ne sera jamais totalement satisfait tant que le pays ne sera pas rendu au niveau d'un Etat du tiers-monde, sans règles ni limite aux comportements prédateurs.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :