Rennes Saint-Malo Lab veut favoriser les expérimentations grandeur nature

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Développé au niveau départemental par Rennes Métropole et Saint-Malo (photo) Agglomération, ce dispositif territorial doté d'un fonds de financement a été lancé en mars dernier.
Développé au niveau départemental par Rennes Métropole et Saint-Malo (photo) Agglomération, ce dispositif territorial doté d'un fonds de financement a été lancé en mars dernier. (Crédits : REUTERS/Charles Platiau)
S’afficher comme terrain d’expérimentation à ciel ouvert, permettre aux entreprises du territoire (et d’ailleurs) d’innover : le Rennes Saint-Malo Lab est tout autant un outil de marketing territorial qu’un dispositif d'expérimentation au service des entreprises. Objectif : tester à Rennes Métropole et Saint-Malo Agglomération de nouveaux produits ou services avant leur mise sur le marché. De financement mixte, le fonds cherche encore des partenaires privés.

Spécialisée dans les réseaux de capteurs sans fil basse consommation, la jeune entreprise rennaise Wi6Labs sera une des chevilles ouvrières du projet de territoire SMILE, récemment lancé par la Bretagne et les Pays de la Loire. Pour participer à ce chantier qui vise à bâtir, d'ici à 2020, les premiers réseaux électriques intelligents de l'Ouest dans le secteur « Numérique et objets connectés », Wi6Labs met en avant son positionnement sur les questions de smart city dans les environnements ruraux ou périurbains.

L'actuelle expérimentation de télémesure et de pilotage énergétique qu'elle mène à Saint-Sulpice-la-Forêt (1.500 habitants, Ille-et-Vilaine) lui offre une vitrine technologique. Baptisé Smart Saint-Sulpice, ce projet vise à diminuer de 25% la consommation énergétique de six bâtiments communaux. Il associe aussi la PME rennaise Alkante, fournisseur de plates-formes de collecte, de traitement et d'analyse de données issues de réseaux de capteurs. Pour la petite municipalité qui débourse 20.000 euros (achat de capteurs et d'infrastructures), le retour sur investissement sera inférieur à 5 ans.

Pilotage de Rennes Atalante

Cette expérimentation de 18 mois est une illustration de l'accompagnement rendu possible par le Rennes St Malo Lab. Développé au niveau départemental par Rennes Métropole et Saint-Malo Agglomération, ce dispositif territorial doté d'un fonds de financement a été lancé en mars dernier. Il permet aux entreprises, PME et startups d'expérimenter leurs nouveaux produits ou services avant la mise sur le marché.

« Rennes Saint-Malo Lab ouvre un territoire d'expérimentation pour tester grandeur nature nos solutions et permet d'être confronté à de futurs clients et usagers assure Ulrich Rousseau, président de Wi6Labs. En nous évitant, dans un premier temps, de passer par le mécanisme d'appel d'offres public, cela facilite l'innovation. »

Pas étonnant donc que la coordination du dispositif ait échu à la technopole Rennes Atalante, qui a précédemment accompagné des entreprises dans des phases de tests, mais sans disposer d'un outil complet et financé. Aujourd'hui, Rennes Saint-Malo Lab  combine un soutien à l'ingénierie, un soutien financier et une aide à la communication avec l'objectif d'accompagner - avec un financement - une quinzaine de projets chaque année.

Financement mixte : encore 125.000 d'euros à trouver

« Rennes St Malo Lab est une offre de service à destination des entreprises n'ayant pas nécessairement les moyens techniques, logistiques et financiers, pour assurer l'étape de l'expérimentation et se développer fait valoir Frédéric Pauly, chef de projet Expérimentation à Rennes Atalante. L'aide en ingénierie consiste à aider l'entreprise à finaliser son projet de test, rechercher le lieu optimal, caler les partenariats, et s'adresse à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. L'aide financière vise les TPE et PME du territoire dont le projet se situe entre la phase de R et D et la commercialisation. Elle se présente sous la forme d'une avance remboursable à hauteur de 50% du budget de l'expérimentation. Wi6Labs a obtenu 25.000 euros, Alkante 20.000 euros, d'autres n'en ont pas besoin ou optent pour un prêt bancaire. »

Le financement des aides est assuré de façon mixte : par les deux collectivités à hauteur de 250.000 euros par an pendant 3 ans pour Rennes Métropole et de 50.000 euros par an aussi pour Saint-Malo Agglomération. Rennes Saint-Malo Lab sera aussi abondé par la Caisse des Dépôts, qui accordera 446.000 euros sur trois ans si les financements privés atteignent 300.000 euros. Le Crédit Mutuel de Bretagne s'est engagé sur 100.000 euros et ERDF sur 75.000 euros. Rennes Atalante cherche encore 125.000 d'euros auprès d'autres contributeurs.

Terrains d'application grandeur nature

Ainsi formalisé, Rennes Saint-Malo Lab affiche huit expérimentations en cours dont quatre bénéficiant d'une avance remboursable, dans les domaines de la smart city (économies d'énergie, information des citoyens, mobilité) ou de l'emploi. À Mordelles, Astydème travaille sur la captation des conseils municipaux pour une diffusion en direct ou en podcast sur internet, tandis qu'Abeeway et Data2b testent à Rennes leur projet BigCYcleData d'optimisation de la gestion des vélos en libre-service. De son côté, Senseyou  développera Terravelo, cet été à Saint-Malo, une solution complète de partage de vélos à assistance électrique, avec abris ou racks, stations et casiers de recharge des batteries des vélos, et pilotée par une  application.

Le point fort de l'offre de Rennes Saint-Malo Lab réside dans la mise à disposition de lieux d'expérimentations. Les espaces publics, les grands équipements, les institutions, les universités et même les entreprises se transforment en laboratoire expérimental sur des axes d'innovation susceptibles de les aider à améliorer la qualité du service rendu aux usagers.

Levier supplémentaire en faveur du développement économique, ce « Living Lab » défend « la notion de test, de droit à l'erreur, de bienveillance de deux territoires vis-à-vis des entrepreneurs qui créent, inventent, développent ». Déjà numériquement associées dans la French Tech Rennes Saint-Malo, les deux collectivités veulent démontrer qu'il fait bon entreprendre dans leur écosystème de proximité.

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