En travaillant sur les données complexes de l’exploration spatiale, la startup nantaise VR2Planets spécialisée en modélisation 3D à très haute résolution et en conception d’environnements virtuels, veut livrer un nouvel outil pour la recherche terrestre et l’enseignement.« La réalité virtuelle c'est une vraie expérience. Si l'on y associe de la vraie donnée du terrain que l'on peut mesurer, quantifier, extraire des informations, en collaboration avec d'autres utilisateurs potentiellement situés à plusieurs milliers de kilomètres, on a un outil totalement innovant qui apporte une vraie plus-value pour la compréhension et la transmission d'information et de valorisation de la donnée », s'enthousiasme François Civet, ingénieur au centre de planétologie et de géoscience de l'Université de Nantes et cofondateur de VR2Planets, entreprise spécialisée en modélisation 3D à très haute résolution et en conception d'environnements virtuels.
Créé en 2016, à Nantes, la startup développe une solution logicielle inédite destinée aux scientifiques des laboratoires de recherche en planétologie, aux industriels des géosciences, de l'aérospatiale, aux agences spatiales, au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), au Centre national d'études spatiales (Cnes)... « Notre force, c'est notre capacité à intégrer très rapidement à pleine résolution, des données satellitaires de l'orbite jusqu'au sol, et de créer des environnements virtuels et multi-utilisateurs », précise François Civet.
Prix d'excellence en 2016
Concrètement, la startup travaille, par exemple, sur les données acquises par la sonde Rosetta qui a accompagné la comète Tchouri ou le Lander Insight qui s'est posé sur Mars. À partir des informations récoltées sur quelques kilomètres, les ingénieurs de Vr2Planets ont réussi à recréer des mondes virtuels en 3D permettant aux chercheurs de naviguer sur plusieurs centaines de kilomètres. Avec une résolution de 25 centimètres, proche de ce que verrait un pilote d'ULM à une altitude de 30 à 40 mètres. Moins joli qu'un jeu vidéo mais plus précis qu'un zoom sur sa maison avec Google Earth !
« La complexité, c'est que contrairement aux données terrestres, les données spatiales ne sont pas géolocalisées, faute de GPS... Sans coordonnées, il a fallu trouver d'autres solutions, des astuces... Le spatial nous permet de déverrouiller des points techniques clés », précise François Civet. Un mois après sa création, déjà, la jeune entreprise recevait le premier prix d'excellence de la communication scientifique du consortium européen Europlanet, à Los Angeles. Deux ans plus tard, Vr2Planets a été labellisée, en mars dernier, pour intégrer l'incubateur de l'Agence spatiale européenne (ESA), Bic Nord France. Ce qui lui ouvre de nouveaux horizons.