En Corse, les mondes numérique et universitaire innovent face à la crise

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Plusieurs initiatives se sont structurées la semaine dernière autour du Fablab de Corte, émanation de l'université de Corse qui est devenu l'épicentre de la fabrication de visières de protection en utilisant des imprimantes 3D
Plusieurs initiatives se sont structurées la semaine dernière autour du Fablab de Corte, émanation de l'université de Corse qui est devenu l'épicentre de la fabrication de visières de protection en utilisant des imprimantes 3D (Crédits : DR)
En Corse, où la crise du Covid-19 a fortement progressé, les initiatives se multiplient pour apporter des solutions en provenance de l'université, notamment via le Fablab de Corte, ou encore de l'univers des start-up.

Ajaccio a été le troisième cluster de France et l'épidémie y a progressé de manière conséquente, débordant les hôpitaux et les autorités sanitaires. Pour répondre à la pénurie de masques, plusieurs initiatives se sont structurées la semaine dernière autour du Fablab de Corte, émanation de l'université de Corse qui est devenu l'épicentre de la fabrication de visières de protection en utilisant des imprimantes 3D. « Nous fabriquons des visières anti-projection mais avions pris contact il y a dix jours avec les autorités sanitaires pour fabriquer initialement des valves en 3D afin de les connecter aux masques de plongée Décathlon afin qu'ils puissent être branchés à des appareils respiratoires dans les services de réanimation », détaille Vannina Bernard Leoni, responsable du pôle innovation et développement de l'université de Corse.

"Nous structurons un réseau bénévole"

La start-up Icare intervient plus spécifiquement sur ce dernier point. A l'image d'une entreprise italienne, la société basée à Ajaccio a construit des prototypes de valves qui peuvent équiper le masque de plongée intégral pour connecter l'entrée et la sortie de l'oxygène, en circuit fermé, à un appareil respiratoire. Icare en est contact avec le service de réanimation de l'hôpital d'Ajaccio qui en teste l'efficacité. Les premiers prototypes de visières ont quant à eux été lancés vendredi et sont produits à destination de personnels de santé, mais aussi des entreprises dont les salariés peuvent être en contact avec le public. « Nous structurons un réseau bénévole avec d'autres fablabs locaux, des entreprises, mais aussi des makers, des particuliers qui disposent d'imprimantes 3D mais nous discutons aussi avec le rectorat de Corse pour que les établissements scolaires équipés participent », ajoute Vannina Bernard-Leoni, estimant que 120 à 150 visières sont produites quotidiennement à Corte et autant dans le reste de la Corse. L'objectif est d'atteindre le chiffre de 500 par jour à travers la trentaine d'unités de production mobilisée. « Quand le plan A (l'Etat) ne fonctionne pas, ni le plan B (les entreprises), il faut passer au plan C (les makers) », soutient-elle.

La faculté se met en mouvement

Bien que la Corse ne dispose pas d'un centre hospitalier universitaire, la faculté s'est mise en mouvement. Tout d'abord, à côté de deux autres structures locales, le laboratoire de virologie de l'université de Corse vient d'être agréé par l'ARS pour analyser les prélèvements des professionnels de santé libéraux et des patients et personnels du secteur médico social. D'autre part, un collectif anti-covid-19 s'est constitué, réunissant des figures du monde universitaire et demandant notamment aux autorités la massification des tests de dépistage.

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