"Ce qui fait réfléchir les entreprises c'est surtout l'investissement temps" (Sylvie Brion)

INTERVIEW. Ex-responsable de la banque privée de la caisse régionale Brie-Picardie, Sylvie Brion a pris les choses en main pour ouvrir en mai dernier le 31e accélérateur du réseau, à Marne-la-Vallée, à proximité de la gare Ouigo de Chessy
Sylvie Brion, directrice générale du Village by CA Brie-Picardie
Sylvie Brion, directrice générale du Village by CA Brie-Picardie (Crédits : DR)

LA TRIBUNE - Comment se prépare-t-on à l'ouverture d'un Village by CA ?

SYLVIE BRION - J'ai monté un dossier d'opportunités jusqu'à la présentation au comité de labellisation de la fédération nationale et ai fait le tour des Villages. À Paris, pour son côté atypique, puis à Rennes, Lille, Rouen, Toulouse, Vannes, Sofia Antipolis et Nantes ou je me suis immergée pendant une semaine. Avant d'ouvrir un Village, j'avais besoin de vivre ces ambiances, de mesurer les rapports entre les équipes et les startups.

Quelles sont les spécificités du Village by CA Brie Picardie ?

Nous avons conçu un accélérateur qui colle à notre territoire autour de la ville durable, de l'économie du tourisme et de l'agroalimentaire. Nous sommes situés à 30 km de Paris, sur le Val d'Europe, près de Marne-la-Vallée, à proximité de la gare Ouigo, qui dessert une soixantaine de villes.

Nous nous sommes installés dans une ancienne entreprise pharmaceutique. D'emblée, nous avons pris l'option de louer les locaux. Le cycle de la construction immobilière nous emmenait sur deux ou trois ans, et ça, c'était hors de question. En termes de startups et d'innovation, il est difficile d'avoir une vision globale sur la capacité à être attractif dans la région et au-delà.

Vous venez de sélectionner huit startups. A-t-il été compliqué de convaincre des partenaires de vous rejoindre ?

L'objectif du tour de table était de réunir une vingtaine de partenaires liés à nos thématiques. Des grands acteurs du privé et du public, des PME, des grandes écoles... qui nous permettent de fédérer un écosystème. Certains embarquent rapidement, pour d'autres, le processus de décision est plus long. Soit parce qu'ils ne cochent pas toutes les cases par rapport à leur propre stratégie, soit que le manque d'agilité impose de prendre du recul. En tout cas, c'est le dirigeant ou un membre du Comex qu'il faut convaincre, et cela doit correspondre à la stratégie de l'entreprise.

Les tickets d'entrée compris entre 10.000 euros et 50.000 euros sont-ils un frein ?

Ça peut être un coût élevé pour des PME qui n'avaient pas nécessairement programmé cela dans leur budget innovation. Mais c'est surtout un investissement qui implique dans la durée. Les conventions se concluent pour trois ans. L'entreprise doit avoir une visibilité suffisante pour s'engager. Ce qui fait réfléchir les entreprises, c'est surtout l'investissement temps.

Outre l'engagement vis-à-vis des startups, elles doivent mobiliser leurs équipes en interne, partager leurs compétences, permettre aux jeunes entreprises hébergées dans le Village d'expérimenter leur innovation, organiser des ateliers, des conférences plusieurs fois par an.... Sur ces sujets-là, l'entreprise doit valider qu'elle n'est pas en sur-promesse par rapport aux attentes du Village.

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