Surface de 4m2, "cahier de contact", restaurant à six... les nouvelles restrictions à Paris

De nouvelles conditions d'accueil dans les restaurants et centres commerciaux de Paris et sa petite couronne entrent en vigueur ce mardi 6 octobre pour deux semaines. Des mesures inédites pour certaines, quand d'autres avaient déjà été introduites lors du déconfinement.
(Crédits : Reuters)

Le passage en zone d'alerte maximale de Paris et la petite couronne a entraîné la mise en place de mesures restrictives plus sévères. Celles concernant les bars et restaurants bouleversent l'organisation de ces établissements. Si les premiers sont contraints de fermer - sauf exception pour les « débits de boisson » - les seconds peuvent poursuivre leur activité à condition de respecter un protocole sanitaire strict. « Ce sont des mesures de freinage car l'épidémie va trop vite. Il faut la freiner avant que le système de soins ne soit débordé », a justifié le préfet de police de Paris Didier Lallement lundi 5 octobre.

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Un cahier de contact pour tracer les clients

Première grande nouveauté : les clients d'un restaurant devront laisser leur nom, leur numéro de téléphone et éventuellement leur e-mail dans un "cahier de contact". Ils pourront ainsi être prévenus par l'Assurance maladie en cas de détection d'un cas de Covid-19 chez un consommateur venu dans l'établissement. Ils ne seront toutefois pas contraints de télécharger l'application StopCovid, comme des rumeurs l'évoquaient, même s'ils y seront « fortement incités », ont précisé le ministère de la Santé et celui de l'Économie à l'AFP. Une mesure déjà mise en place dans de nombreux pays (Italie, Allemagne, Portugal, Suisse, Belgique, Angleterre, Autriche, Nouvelle-Zélande, etc) dont certains dès le déconfinement.

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En parallèle, la distanciation et les mesures d'hygiène sont renforcées. Cela passe par la mise à disposition de gel hydroalcoolique sur toutes les tables et non plus seulement à l'intérieur de l'établissement, maintenir 1 mètre de distance "entre les chaises" des différents groupes de convives, des groupes limités à six (enfants compris), le port du masque par le personnel et les clients lors de leurs déplacements à l'intérieur du restaurant et même la plupart du temps pour ces derniers sauf au moment de la consommation des plats. Enfin, le paiement à table sera privilégié et les clients seront "incités" à réserver pour éviter les attroupements aux abords des établissements.

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Demi-teinte

Des mesures plus ou moins bien acceptées par les organisations professionnelles du secteur de la restauration. « La distanciation de 1,5 mètre entre chaque table n'a pas été retenue, et c'est une bonne chose. C'était notre ligne rouge, 1,5m entre chaque table nous aurait conduits à réduire notre capacité de plus de 60%, c'est impossible », s'est félicité Didier Chenet, président du GNI, auprès de l'AFP.

La limitation à six personnes par groupe passe, elle, moins bien. Elle risque d'empêcher « de nombreux établissements, déjà fragilisés par une baisse très sensible » de leur fréquentation, de « maintenir un niveau d'activité suffisant », se sont alarmés l'Umih (hôtellerie restauration), GNI (indépendants), SNRTC (restauration thématique et commerciale), GNC (chaînes hôtelières), qui plaidaient pour des tablées de huit, dans un communiqué commun.

Outre Paris et la petite couronne, ce protocole s'applique dans toutes les zones d'alerte maximale. À l'heure actuelle, cela concerne aussi Marseille et Aix-en-Provence, où les restaurants ont rouvert lundi 5 octobre après une semaine de fermeture forcée.

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Une personne par 4m² dans les centres commerciaux

Si la situation des bars et restaurants fait le plus de bruit, ce ne sont pourtant pas les seuls établissements impactés. Dans les centres commerciaux et les grands magasins, des changements doivent aussi s'appliquer. Une « jauge » va en effet être mise en place afin d'encadrer le « nombre de personnes pouvant se croiser », a déclaré Didier Lallement. Ces magasins « devront accueillir au maximum un client pour quatre mètres carrés », a-t-il précisé.

Une mesure déjà en vigueur à Marseille et Aix-en-Provence, en zone d'alerte maximale depuis la fin du mois de septembre. À l'origine, le seuil dans les centres commerciaux et grands magasins y étaient portés à 1.000 visiteurs simultanément au maximum. Ce qui a eu pour conséquence des créer des files d'attente monstres à l'entrée des établissements. Face à ce constat, le préfet de région et des Bouches-du-Rhône, Christophe Mirmand, a pris samedi 3 octobre un arrêté modifiant l'accueil du public dans les centres « dans le respect des mesures de distanciation sociale et des mesures d'hygiène dites barrières ». Et actant ainsi la mise en place d'une jauge d'une personne par espace de 4m² de surface commerciale, comme c'est désormais le cas en région parisienne.

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Déjà prêts

Les centres commerciaux parisiens et des alentours de la capitale se sont en tout cas dit prêts pour cette jauge de densité, a déclaré à l'AFP Gontran Thüring, responsable du Conseil national du secteur. Car elle n'est en fait pas réellement nouvelle. « Nous l'avons déjà pratiquée au moment du déconfinement », a précisé le délégué général du Conseil national des centres commerciaux (CNCC). « Il y avait d'ailleurs eu à l'époque de très nombreux contrôles et pas une seule infraction n'a été constatée sur l'ensemble du territoire », a-t-il poursuivi.

Concrètement, « la très grande majorité des centres commerciaux sont équipés de comptage automatique », surtout les plus grands, « ce qui permet de savoir en temps réel [le nombre de] personnes présentes », a expliqué Gontran Thüring. « Le plafond est fixé à partir des surfaces accessibles au grand public. Il y a en outre un double contrôle, à l'entrée du centre, mais également à celle de chaque commerçant », selon lui.

Interrogé sur un possible attroupement impromptu autour d'une tête de gondole ou d'une vitrine, il a estimé que « dans les faits ce genre de situation ne pouvait être que ponctuel et limité » et que les équipes de ces structures géraient très bien l'ensemble des protocoles depuis le début du déconfinement.

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Et aussi...

Parmi les nouvelles mesures, figure également l'interdiction des foires, des salons professionnels et des événements organisés dans des parcs expositions, tels que les congrès, ou les spectacles sous chapiteau, comme les cirques. Les Fêtes de mariage, soirées étudiantes ou tout autre événement festif dans un lieu loué pour l'occasion restent proscrits.

Concernant les activités sportives, la nouveauté principale est la fermeture aux adultes des piscines, qui resteront ouvertes aux mineurs. Les salles de sport et de fitness restent fermées. En plein air, stades et terrains d'entraînement sont toujours ouverts dans la limite de 1.000 personnes ou de 50% de leur jauge maximale. Les lieux culturels - cinémas, théâtres, musées - restent ouverts également.

Dans les universités situées en zones d'alerte renforcée et maximale, les amphithéâtres ne pourront être remplis qu'à 50% de leur capacité au maximum.

Dans les Ehpad d'Île-de-France, « les visites seront autorisées mais uniquement sur rendez-vous, avec deux personnes maxi », ce que faisaient déjà de nombreux établissements, a indiqué Aurélien Rousseau, directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS).

Pour les entreprises, la ministre du Travail Élisabeth Borne a rappelé lundi aux partenaires sociaux « la nécessité de privilégier, plus que jamais, le télétravail dans les zones d'alerte renforcée et maximale ».

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Commentaire 1
à écrit le 06/10/2020 à 12:52
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Le "début de la possibilité d'une éventuelle, mais probable sans en être sûr mais tous les chiffres indiquent qu'il y a du mieux dans certains cas pas partout mais ça s'améliore mais pas de façon générale non plus (et-c...), relance" va être particul...

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