François Lubrano ou comment les Espagnols vont manger le pain des Français

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Lubrano a investi 16 millions d'euros dans une nouvelle usine robotisée (photo) installée près de Montpellier dont la capacité totale de production pourra atteindre à terme 250 000 pièces/jour. ©Edouard Hannoteaux (Objectif-LR)
Lubrano a investi 16 millions d'euros dans une nouvelle usine robotisée (photo) installée près de Montpellier dont la capacité totale de production pourra atteindre à terme 250 000 pièces/jour. ©Edouard Hannoteaux (Objectif-LR) (Crédits : Edouard Hannoteaux)
La boulangerie industrielle a ouvert une nouvelle usine dont les deux premières lignes de production sortent 3,2 tonnes de pâte à l'heure, soit 140 000 pièces/jour de pains crus-surgelés et précuits. Premier objectif : le marché espagnol, en attendant le nord de l'Europe.

Dans quelques jours, les Espagnols vont manger le pain des Français sorti de l'usine Lubrano nouvellement installée sur 9 000 m2 à Gigean (Hérault) près de Montpellier. Pour assurer son développement dans le domaine ultra porteur des pains crus-surgelés et précuits, François Lubrano a ainsi investi 16 millions d'euros, soit le double de son chiffre d'affaires 2011, dans ce nouvel outil de production.
« Nous étions à l'étroit dans nos murs à Sète. Nous étions en mesure, techniquement, d'enlever des marchés importants avec la grande distribution mais nous n'étions pas capables de fournir en quantité suffisante. Aujourd'hui avec cette usine robotisée, nous sommes capables de sortir en travaillant sur un rythme de deux fois huit heures sur cinq jours la même production que dans le système précédent : en trois huit sur six jours » détaille le PDG représentant de la troisième génération de la tradition boulangère familiale, développée à Sète depuis 1934 par Antoine le grand père, puis Raymond son père.
Après la période de mise en route, les deux premières lignes de production produisent 3,2 tonnes de pâte à l'heure soit 140 000 pièces /jour d'un pain de qualité supérieur, destinée aux terminaux de cuisson indépendants ou aux établissements de proximité de la grande distribution. Avec une capacité totale de production qui pourra atteindre 250 000 pièces/jour.

Stratégie ambitieuse

« Nous sortons des produits racés, rustiques, confectionnés avec des farines sélectionnées de qualité supérieur. C'est avec ces produits-là que nous allons investir, en un premier temps, le marché espagnol. Malgré la crise, la grande distribution locale réalise de très bons résultats dans l'alimentaire », souligne François Lubrano qui vise aussi le nord de l'Europe, notamment les marchés plus éloignés comme la Grande Bretagne et le Benelux après s'être installé, avec patience, sur le marché français qui représente encore aujourd'hui 100 % de ses débouchés.
Pour conduire cette ambitieuse stratégie de développement, François Lubrano a également investi dans les hommes. L'effectif est passé de trente à quarante personnes avec renforcement du secteur marketing et de la direction des ventes. La SAS Lubrano & Fils a aussi augmenté son capital pour le porter à 2,5 millions d'euros, en intégrant comme actionnaire, Roland Cottes, nommé directeur de la R&D qui travaille notamment sur les nouvelles saveurs du pain.
Ainsi organisé, François Lubrano, espère doubler son chiffre d'affaires d'ici trois exercices. Gage supplémentaire de succès, la semaine dernière, l'entrepreneur a reçu le Grand Prix du chef d'entreprise de l'année décerné par le magazine économique Objectif Languedoc-Roussillon (actionnaire de La Tribune).

 

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a écrit le 05/12/2012 à 7:58 :
Le pain espagnol n'étant pas ce qu'on fait de mieux en Espagne, ça peut marcher, mais le jour où mon boulanger dans ma banlieue parisienne en achètera, je changerai de boulanger
a écrit le 05/12/2012 à 7:58 :
Le pain espagnol n'étant pas ce qu'on fait de mieux en Espagne, ça peut marcher, mais le jour où mon boulanger dans ma banlieue parisienne en achètera, je changerai de boulanger

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