Les élus de Languedoc-Roussillon rejettent la fusion avec Midi-Pyrénées

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Sur la façade de l’hôtel de région à Montpellier se déploie une banderole sur laquelle on peut lire : Vive notre région, oui Languedoc-Roussillon © photo Anthony Rey
Sur la façade de l’hôtel de région à Montpellier se déploie une banderole sur laquelle on peut lire : "Vive notre région, oui Languedoc-Roussillon" © photo Anthony Rey (Crédits : Anthony Rey)
Les élus de Languedoc-Roussillon entrent en résistance. Les conseillers régionaux ont voté à la quasi-unanimité le week-end dernier un texte qui rejette la fusion avec Midi-Pyrénées, proposée dans le cadre de la réforme territoriale. Christian Bourquin, président de la Région, ne mâche pas ses mots, traitant Martin Malvy de « glouton » et répétant qu’il « ne lâchera rien ». Le président de Midi-Pyrénées garde son calme et tente la pédagogie.

Le Conseil régional Languedoc-Roussillon a voté, lors d'une session extraordinaire organisée samedi 14 juin, une motion contre la fusion avec Midi-Pyrénées, dans le cadre du débat sur la nouvelle carte des régions proposée par le gouvernement. Face à ce projet discuté mercredi 18 juin en Conseil des ministres, Christian Bourquin, le président de la région Languedoc-Roussillon, a redit son opposition résolue : « Je suis allé humer l'air à Toulouse. Ils parlent déjà d'absorption. Je ne peux l'accepter. Notre démarche ne s'arrêtera pas. Je ne lâcherai rien. »

Large majorité

Le vote contre l'option d'une fusion a recueilli une large majorité de 65 voix (une voix contre, une abstention). Les élus sont soutenus par de nombreux représentants de la société civile et du tissu économique régional. Sur la façade de l'hôtel de région à Montpellier se déploie désormais une banderole sur laquelle on peut lire : « Vive notre région, oui Languedoc-Roussillon ».

Christian Bourquin attaque, Martin Malvy reste calme

Le président de Languedoc-Roussillon ne mâche pas ses mots. Qualifiant dans Midi Libre Martin Malvy de « glouton » qui « veut tout le magot », il est bel et bien décidé à maintenir les actuelles frontières de Languedoc-Roussillon. Une guerre des mots qui fait sourire le président de Midi-Pyrénées, depuis le début favorable à la fusion. « Christian Bourquin est un ami politique », rappelle-t-il, refusant de rentrer dans « une querelle des mots qui n'a pas de sens ». Sur le fond, « il n'est pas question d'absorption mais de la création d'une nouvelle région de 6 millions d'habitants avec deux métropoles fortes, Toulouse et Montpellier », martèle Martin Malvy.

Enserrée entre deux régions plus puissantes

Alors que Christian Bourquin conseille à son homologue de se tourner vers l'Aquitaine pour fusionner, Martin Malvy a répondu que cela ne dépend pas de lui, la carte à 14 régions ayant été proposée par le gouvernement, sans consultation préalable. De plus, « dans l'hypothèse d'une fusion Aquitaine-Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon se serait retrouvée enserrée entre deux régions qui auraient été parmi les plus puissantes, Paca d'un côté, Midi Pyrénées-Aquitaine de l'autre. Ça n'aurait été, je pense, ni à son avantage, ni à celui du Grand Sud qui doit pouvoir se construire à égalité de capacités avec Paca, Rhône-Alpes et la Catalogne. »

L'appui du maire de Montpellier

Martin Malvy peut compter dans ce débat sur l'appui du maire de Montpellier, Philippe Saurel, qui soutient la fusion, ainsi que sur le seul eurodéputé socialiste du Sud-Ouest (Midi-Pyrénées, Aquitaine, Languedoc-Roussillon) Éric Andrieu.

Examiné mercredi 18 juin en Conseil des ministres, le texte devra ensuite être voté par le Parlement.

 

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Commentaires
a écrit le 22/06/2014 à 9:34 :
rien ne change , donc le changement sur le statut et nombre de régions a déjà vécu et est menacé par la sclérose , le général Degaulle en 68 avait tenté un referendum sur le sénat et donc les régions , il s'y cassé les doigts , a t'on oublié le referendum du bas rhin et du haut rhin qui devait fusionner ? , résultat 8 électeurs sur dix ne se sont pas déplacés et ceux qui sont été aux urnes ont refusés la fusion .. donc a plus large échelle tout cela accouchera d'une souris ..
a écrit le 19/06/2014 à 14:33 :
Quant on voit que l'Etat impose une fusion Midi-Pyrénées avec Languedoc Roussillon qui ne repose sur rien hormis une envie de Martin Malvy (président de Midi Pyrenées) d'annexer le Languedoc Roussillon alors que l'Est de notre région (Herault comme Gard) est clairement plus tournée vers PACA, on marche sur la tête!

Sur les 7 pôles de compétitivité que comptent Languedoc-Roussillon, 5 sont en liaison directe avec PACA, seulement 2 avec Midi Pyrénées!
Réponse de le 08/07/2014 à 12:58 :
C'est pour cela que dans le cas du Languedoc-Roussillon il fallait un éclatement de la région ! Hérault / Gard vers PACA et le reste vers midi-pyrénnées ... c'est pour cela que nous nous appelons Languedoc .... Roussillon :-)
Réponse de le 29/07/2014 à 17:26 :
... je ne sais pas si vous avez bien tout suivi. Le Roussillon, c'est la Catalogne du Nord. Le Languedoc, c'est l'ancienne région historique de Toulouse au Rhône...
a écrit le 18/06/2014 à 14:32 :
Rien à foutre de cette réforme territoriale qui va coûter encore du fric.
a écrit le 18/06/2014 à 14:22 :
Quant on voit que l'Etat impose une fusion Midi-Pyrénées avec Languedoc Roussillon qui ne repose sur rien hormis une envie de Martin Malvy (président de Midi Pyrénées) d'annexer le Languedoc Roussillon alors que l'Est de Languedoc Roussillon (Hérault comme Gard) est clairement plus tournées vers PACA, on marche sur la tête!

Pour rappel, sur les 7 pôles de compétitivité que comptent Languedoc-Roussillon, 5 sont en liaison directe avec PACA, seulement 2 avec Midi Pyrénées.

Hormis Martin Malvy qui se voit déjà à la tête de cette super région qui ne repose sur rien, personne n'a y gagner!
a écrit le 18/06/2014 à 12:09 :
Quand on voit ce magnifique bâtiment on peut imaginer tout le personnel qui s'y entasse . Tout est dit.
Réponse de le 18/06/2014 à 13:05 :
Mairie de Montpellier record de l'abstentisme (45 jours par an), qui dit mieux !
Réponse de le 18/06/2014 à 15:30 :
Avec la fusion de ces deux régions, c'est la résurrection du mythique Comté des Saint-Gilles, du Grand Languedoc historique. Pourquoi pas Languedoc-Pyrénées comme nouveau nom ? Les montpelliérains seront contents et les toulousains n'en seront pas offusqués.
Réponse de le 19/06/2014 à 10:47 :
la france etant on le sait un pays de lobbies de toutes sortes est inreformable mais nos hommes politiques de tous bords refusent de lacher leurs priviléges mais sont d accord pour que nous les petits acceptons les réformes qu ils nous imposent : retraites, rail ,etc donc tout cela est du vent
Réponse de le 29/07/2014 à 17:30 :
Contrairement aux idées reçues, les régions françaises ne représentent que 1% des effectifs de la fonction publique en France. En l’occurrence, le budget de la région LR est à peine supérieur à celui du seul département de l'Hérault ! Les mauvais gestionnaires en France sont les départements et les communes trop nombreuses. C'est d'ailleurs bien pour cette raison que Hollande s'attaque à ces dernières, car cela est bien plus facile. Mais ne vous y trompez pas, il n'y aura aucune économie à la clé ! On parle même de dépense supplémentaires.

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