Peoplbrain facilite le partage du savoir sur internet

Geneviève Hermann

Geneviève Hermann
Dans un pays où les diplômes obtenus dans la prime jeunesse ont encore de l'importance sur les CV après plus de vingt ans d'expérience professionnelle, le parcours de Sébastien Chevalier fait figure d'exception. De même que l'engagement de son associé Emmanuel Toulisse. Passionné d'informatique depuis son adolescence, le premier a 40 ans et aucun diplôme en poche mais déjà trois créations d'entreprises High Tech à son actif.
La dernière en date, Allianzes, édite une solution en ligne de partage du savoir. Créateur de plusieurs sociétés de production industrielle dont une spécialisée dans la fabrication de produits à destination des verreries, le second n'a pas hésité à investir dans le lancement de cette startup numérique et à entrer dans un monde virtuel bien éloigné de son terrain de jeu habituel.
De leur association est né Peoplbrain, un nouvel outil interactif qui facilite la création et le partage de notices, de modes d'emplois et de manuels d'utilisation en tout genre sous forme de diaporamas légendés de textes courts. Les contenus créés en ligne par les internautes sur la plateforme Peoplbrain sont visibles sur le site du même nom, intégrables sur le Web (sites, blogs et forums) et disponibles sur mobile ainsi que sur tablette.
Ils se présentent sous la forme d'une succession de photos commentées à l'aide d'un texte dont la longueur n'excède pas 400 caractères. On y apprend comment changer une bielle, monter une poignée à serrure, créer une guirlande décorative, repiquer des plants de tomates ou faire du caramel au beurre salé. Tout ça gratuitement.
Tout a démarré à l'occasion d'un repas entre amis. Amoureux de belles voitures et amateurs de courses automobiles, les deux hommes sont de gros consommateurs de forums en ligne dédiés aux sports mécaniques. Emmanuel Toulisse déclare à table y trouver beaucoup d'informations très utiles mais non structurées entre elles.
Sébastien Chevalier retient l'idée. Féru de développement informatique, il écrit les grandes lignes d'une solution qui pourrait répondre à l'attente de son ami. Quinze jours seulement s'écoulent et les deux hommes se retrouvent à nouveau autour d'une table. Comme le dit Sébastien, « Manu est un homme d'affaire. Quand il sent les choses, il va très vite ».
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On est fin novembre 2012. Une première version du produit sort en avril 2013. Entre temps, l'entreprise Allianzes a été créée. « Ma société de conseil et de développement logiciel Vefacto tournait bien. J'avais suffisamment de trésorerie pour me consacrer à Peoplbrain durant toute l'année 2013 », explique Sébastien Chevalier.
En décembre 2013, une première levée de fonds de 300 000 euros a lieu. Plus question de travailler en sous-marin. Cette levée de fonds permet d'accélérer le mouvement. Le bureau d'Allianzes quitte Roubaix et déménage à Euratechnologies.
Sébastien Chevalier connaît bien l'équipe dirigeante de cet écosystème du numérique lillois. Il a rencontré plusieurs de ces membres quand le projet Euratechnologies était encore dans les cartons et porté par Digiport, un programme dédié au TIC de Lille Métropole et de la Région Nord Pas de Calais. Ce programme aidait à incuber des entreprises qu'on ne qualifiait pas encore de numériques. Parmi elles se trouvait VB2S créée mi 2003 par un autodidacte du nom de ... Sébastien Chevalier, en partenariat avec un autre associé. Cette société à l'origine d'un mannequin virtuel créé pour la vente en ligne a été vendue depuis.
Sébastien Chevalier explique :
Le tout en mode Saas.
A ce jour, plus de 3 000 guides sont publiés sur PeoplBrain en mode freemium. Le déploiement commercial de l'offre payante démarre. Les effectifs d'Allianzes se limite pour l'instant à trois personnes. Des recrutements sont en cours.
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« Au printemps 2015, l'entreprise emploiera entre 6 et 8 personnes. Pas plus pour l'instant. Je ne crois pas au recrutement massif. On peut déjà faire beaucoup de chose avec moins de dix collaborateurs », avance Sébastien Chevalier.
Allianzes vise d'abord le marché régional. Le national viendra ensuite, puis l'international. La start-up avance pas à pas comme ses guides.
Geneviève Hermann