Jean Castex a signé le premier contrat métropolitain de relance à Nantes

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Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole et de France Urbaine et Le Premier Ministre Jean Castex ont signé le premier Contrat Métropolitain de Relance et de Transition Ecologique (CMRTE), à Nantes.
Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole et de France Urbaine et Le Premier Ministre Jean Castex ont signé le premier Contrat Métropolitain de Relance et de Transition Ecologique (CMRTE), à Nantes. (Crédits : Reuters)
Le premier ministre Jean Castex a signé, à Nantes, le premier protocole du Contrat de Relance et de Transition Ecologique entre l’Etat et une métropole. Entre la construction du futur CHU, les mobilités, les solidarités, les défis écologiques ou la restauration de la cathédrale, le chef du gouvernement a sorti le carnet de chèques pour accompagner 1,5 milliard d’euros d’investissements. Une mise en cohérence des politiques gouvernementales et des actions territoriales.

Huit mois après sa première visite à Nantes, au lendemain de sa prise de fonction et de l'incendie criminel de la cathédrale Saint-Pierre le 18 juillet dernier, le premier ministre Jean Castex était de retour dans la cité des ducs de Bretagne, vendredi 26 février, pour annoncer, cette fois, la signature du premier protocole du contrat métropolitain de relance et de transition écologique (CMRTE) signé entre l'Etat et une métropole. A l'occasion d'un déplacement de huit heures où il a inauguré une station d'épuration des eaux usées destinée à produire du biogaz, Jean Castex est allé à la rencontre des soignants du CHU, a sillonné la ville, en bus, en navette fluviale et à pied jusqu'à la cathédrale, et a détaillé « un plan d'un milliard et demi d'euros d'investissements, à parité, pour la relance sur le territoire métropolitain nantais ». Une action qui veut « illustrer la volonté politique et la méthode du gouvernement», en quête de cohérence entre les démarches de l'Etat et les collectivités infrarégionales.

Cet accord de relance, comme celui signé avec la région, à hauteur de 500 millions d'euros (1), « doit permettre de faire face immédiatement à la crise en ne retenant que des opérations prêtes à démarrer et donc à donner de l'activité et du travail dès 2021 et 2022 pour contrecarrer les effets de la crise économique sociale.» Ce pacte devrait être formalisé d'ici l'été par un partenariat de long terme entre l'État et Nantes Métropole pour une durée de 6 ans (2020-2026). « Le protocole prévoit d'investir pour les 5 ans à venir dans les secteurs clés de la transition écologique, de la cohésion sociale et en faveur de l'emploi. D'ores et déjà, il prend acte d'un engagement financier près d'1,5 milliard pour 2020-2022 à parité entre l'État et la Métropole nantaise» précise Johanna Rolland, par ailleurs présidente de l'association France Urbaine. La veille Johanna Rolland avait d'ailleurs signé un accord-cadre national entre l'Etat et France Urbaine. « Ces contrats doivent être aussi le point de départ d'un nouveau rapport entre l'État et les grandes villes, métropoles ou les collectivités locales en général», souhaite-t-elle. « C'est ce que fait très concrètement le gouvernement en consacrant 10 milliards d'euros aux territoires urbains dont 6,5 dans le cadre de France relance », a ajouté Jean Castex.

Nantes comme modèle...

Voulus pour accélérer la transition écologique, renforcer la cohésion sociale et territoriale, et accroître la résilience et la souveraineté économique, de nombreux soutiens en faveur de la métropole nantaise ont ainsi été annoncés par le premier Ministre. En premier lieu pour la cathédrale pour laquelle Jean Castex a annoncé « une enveloppe de 10 millions d'euros pour répondre à l'urgence, panser les plaies et préparer l'avenir ». Tout en louant le couple «maire-préfet » et rappelant la nécessité de faire face à la pandémie en prenant les mesures urgentes (solidarité envers les étudiants, soutien aux acteurs de la santé...) imposées par la crise sanitaire, Jean Castex a indiqué que l'Etat avait décidé d'allouer 175 millions supplémentaires pour la construction d'un nouveau CHU sur l'île de Nantes et « ainsi sécuriser la réalisation de cette opération majeure pour la métropole et l'ensemble du territoire régional ». La contribution de l'Etat atteint désormais 400 millions d'euros sur un projet dont le financement est chiffré à 953 millions €. Un effort diversement apprécié qui ne suffit pas à convaincre pas de toutes façons les détracteurs de ce projet qui dénoncent, tout à tour, le lieu -l'île de Nantes- inopportun de ce transfert, un nombre de lits jugé insuffisant, sur lequel l'Etat doit se prononcer dans les prochains mois, ou un budget qualifié d'exorbitant.

« Un effort inédit »

Dans le cadre du projet de loi Climat et résilience où l'Etat a décidé de déployer 30 milliards d'euros, la métropole, au titre de la transition écologique et du développement des mobilités, bénéficie d'un soutien de 135 millions € pour l'acquisition de 49 rames de tramways, l'achat de quarante bus au GNV, dont 6,3 millions d'euros pour la création de pistes cyclables et la fluidification du périphériques nantais. Plusieurs dizaines de millions d'euros seront également fléchés vers la rénovation énergétique des bâtiments privés et publics. « Parce que l'Etat doit donner l'exemple » a indiqué le premier ministre, «7 millions d'euros seront investis pour rénover 44 bâtiments publics, 5 millions d'euros au bénéfice de bâtiments des collectivités territoriales de l'aire métropolitaines et 30 millions d'euros pour la rénovation thermique des établissements d'enseignement supérieur. » « Un effort inédit » a commenté Jean Castex. C'est « la hotte du père Castex », a ironisé le quotidien régional Ouest-France. Après avoir décidé l'abandon du transfert de l'aéroport de Nantes Atlantique vers Notre Dame des Landes, le chef du gouvernement a indiqué que l'Etat verserait six millions d'euros pour le fonds d'aides à l'insonorisation des riverains de l'aéroport de Nantes Atlantique. Suffisant ? Le montant laisse pour le moins perplexe, Jean-Claude Lemasson, le maire de Saint-Aignan de Grandlieu, l'une des trois communes riveraines du site aéroportuaire où 16000 habitants sont concernés. Sur les 1200 premiers dossiers d'indemnisations déclarés, seul un quart aurait pour l'instant pu bénéficier de financement. Les six millions d'euros veulent y remédier. L'élu s'attendait à dix...

Et la sécurité ?

« Ce sont de bonnes nouvelles et des avancées concrètes pour Nantes et la Métropole...», a pour sa part commenté Johanna Rolland, présidente de la métropole nantaise, sachant « qu'il reste cependant, des sujets sur la table dans notre rapport avec l'État», souligne-t-elle. Face aux enjeux de sécurité publique, la présidente de la métropole nantaise n'a pas manqué de rappeler à Jean Castex, comme elle l'avait fait lors de la venue du ministre de l'intérieur, Gérald Darmanin, le 11 février dernier, qu'elle attendait que l'État renforce ses effectifs de Police nationale à la même hauteur que les soixante-dix agents de la Police municipale recrutés par la Ville de Nantes au cours du mandat. Le sujet est sensible. Et l'opposition ne manque pas une occasion de dénoncer l'insécurité des nantais et l'inaction municipale alors que Nantes voit se multiplier les incivilités, les trafics et les coups de feu dans certains quartiers et villes périphériques. La maire de Nantes a également réitéré ses demandes d'aides publiques concernant le soutien au fonctionnement du centre d'accueil (ouvert 24h/24 et 7J/7) pluridisciplinaire récemment créé pour les femmes victimes de violences et leurs enfants. Un sujet sur lequel Jean Castex aurait promis qu'Élisabeth Moreno, ministre déléguée à l'Égalité femmes-hommes, à la Diversité et à l'Égalité des chances viendrait à Nantes courant mars avec un engagement précis.

(1) Au titre du contrat de plan Etat-Région 2021-2027, 3,4 milliards d'euros seront mobilisés à parité par l'Etat et la Région sur la période 2021-2027, dont plus d'un milliard d'euros sont destinés à accompagner la relance à court terme. L'objectif de cet accord de relance 2020-2022 vise à l'accélération et la réalisation de grands projets structurants et de soutenir les ligériens et les secteurs économiques touchés par la crise.

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Commentaires
a écrit le 02/03/2021 à 8:31 :
Voilà pourquoi les verts se laissent traiter de khmer vert sans tiquer.

Les souris votent pour les chats.

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