L'ESS nantaise veut tisser des liens avec l'économie traditionnelle
Frédéric Thual
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« Nous travaillons déjà avec Système U, le logisticien Idea, l'Adapei... mais nous avons des difficultés à convaincre le secteur public et les collectivités, qui ont parfois du mal à accepter l'innovation dans leur fonctionnement », constate Anne-Laure Mesguen, fondatrice de l'entreprise solidaire Benevolt, à Nantes, qui accompagne la sortie de la vie active et aiguille des retraités et préretraités vers des missions de bénévolat dans les entreprises, les collectivités, les associations. Si les acteurs de l'économie sociale et solidaire (ESS) se félicitent de la récente reconnaissance amenée par la labellisation « Territoire French Impact », ils « attendent maintenant des actes concrets, lance Céline Durand, déléguée générale de la Caisse régionale de l'ESS Pays de la Loire, où Le Mans et Nantes ont été labellisés. On aimerait notamment que des mesures d'impact soient coréalisées avec les acteurs de l'ESS pour montrer ce que cette forme d'économie permet et ce qu'elle évite ».
Historiquement très ancrée en Pays de la Loire, l'ESS, c'est plus de 15.000 établissements, 165.000 emplois et plus de 4 milliards d'euros de masse salariale. Notamment sur le bassin nantais, où la métropole a soutenu et encouragé ces dispositifs. « Nous nous sommes structurés. Avons montré notre capacité à travailler en réseau, avec et hors de structures de l'ESS. On constate une vraie appétence pour des formes d'entrepreneuriat variées afin de faire face aux enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux. On veut maintenant changer d'échelle », explique Damien Labrousse, directeur-adjoint des Ecossolies, centre névralgique de l'ENS nantaise, labellisé Pôle territorial de coopération économique en 2011.
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En quinze ans, un véritable écosystème a émergé : à travers de multiples initiatives, la boîte à outils du Solilab, des bureaux, un incubateur, un fonds d'investissement dédié..., les Ecossolies fédèrent quelque 200 adhérents, 400 structures et représentent 5.000 emplois. Loin d'être marginale, l'ESS compte pour 16 % des emplois de la métropole. A l'image de l'entreprise d'insertion Envie 44 (réemploi d'appareils électroménagers), avec sa centaine de personnes et un chiffre d'affaires de 5 millions d'euros. « On veut aller plus loin, renforcer les liens engagés avec le Medef ou le CJD et tisser des ponts avec les entreprises classiques », explique Dominique Fièvre, son directeur, qui prépare la création d'une base logistique dans l'univers de la santé, Envie Autonomie.
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