Les Pays de la Loire relèvent le défi des infrastructures

Frédéric Thual

Pays de la Loire, métropole, régions
iStock

Frédéric Thual

Pays de la Loire, métropole, régions
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Plus qu'à 2030, c'est à 2050 que pense la région des Pays de la Loire. « Les décisions d'Olivier Guichard (1) ont structuré et marqué la région jusqu'à aujourd'hui, il faut maintenant envisager l'avenir des quarante prochaines années », souligne Christelle Morançais (LR), présidente de la Région, propulsée à la tête de la collectivité en septembre 2017 par Bruno Retailleau, touché par le cumul des mandats.
Pour celle qui a vécu l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes comme « un véritable coup de poignard », le principal défi à relever concerne les infrastructures. Et pas seulement aéroportuaires. D'où l'élaboration d'un "contrat d'avenir", ficelé dans l'urgence, avec l'ensemble des collectivités locales pour mettre le gouvernement face à ses responsabilités et éviter à la région de décrocher.
Au menu : le réaménagement de l'aéroport Nantes-Atlantique pour absorber les flux grandissants, l'amélioration d'axes ferroviaires, la connexion du Grand Ouest aux aéroports d'Île-de-France, le développement du Grand Port Maritime de Nantes-Saint-Nazaire, l'amélioration de dessertes routières, le soutien aux projets de santé et d'industrie du futur, l'accompagnement des transitions numérique, écologique, énergétique... Des compensations financières doivent être discutées avec l'État d'ici à la fin de l'année.
Les Pays de la Loire, qui, sous l'ère Guichard, furent la première région à obtenir une liaison TGV en moins de deux heures (Nantes-Paris), voient aujourd'hui la Bretagne voisine dotée d'un Rennes-Paris en 1h27, quand les Nantais touchent la capitale en 2h15.
Au point que la collectivité a obtenu de la préfecture le report de l'approbation du schéma régional d'aménagement de développement durable et d'égalité des territoires (Sraddet) qui devait être adopté en juillet prochain. D'ici à la fin novembre, Antoine Chéreau va multiplier les consultations avec les acteurs ligériens et les élus locaux pour bâtir une méthode de travail collaborative, qui sera déployée en 2019 pour « poser les conditions de l'ambition régionale ». À travers elles, on abordera les questions de la situation géographique excentrée, des liens avec la Bretagne et les régions voisines, de ceux entre les grandes villes, de la place de la mer, de la Loire, des liaisons avec Paris, des infrastructures...
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À la quatrième place des régions françaises qui attirent la plus forte population, les Pays de la Loire devraient compter 4 millions d'habitants en 2030. Si la région grossit de 30.000 personnes par an en moyenne, le solde migratoire demeure toutefois très contrasté entre l'est et l'ouest du territoire ligérien. À l'image d'un taux de chômage parmi les plus bas de France, qui descend sous les 5% aux Herbiers, en Vendée, et dans la région d'Ancenis - siège de Manitou, notamment -, en Loire-Atlantique, mais qui taquine les 10% sur certains territoires de Mayenne et de Sarthe.
En ce sens, la collectivité a mis sur la table plus de 116 millions d'euros pour accompagner l'amélioration du réseau routier, 120 millions d'euros pour développer le haut débit et la fibre optique sur son territoire à l'horizon 2020 et offrir un avantage concurrentiel par rapport aux autres régions, et investit lourdement dans les lycées (780 millions d'euros entre 2018-2024).
Si la Banque de France constate depuis deux ans une réelle embellie, la question des talents demeure primordiale. D'où le lancement d'un Grenelle de l'apprentissage qui a permis de créer 3.200 places en deux ans, d'un plan de bataille pour l'emploi inédit, destiné à rapprocher les demandeurs d'emplois et les entreprises qui se plaignent du manque de candidats.
Dans une région où l'endettement est passé de 400 millions à 1,3 milliard d'euros en dix ans avec la majorité précédente, « plus que jamais un euro investi doit permettre de lever plusieurs euros », souligne-t-il. Endettée, la Région vient de voir sa note financière rehaussée par Standard & Poor's de AA- à AA, en juin dernier. Le maximum pour une collectivité. De quoi la conforter dans sa stratégie au long cours.
(1) Baron du gaullisme, il fut président du conseil régional de 1974 à 1998.
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