Les Pays de la Loire relèvent le défi des infrastructures

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À la quatrième place des régions françaises qui attirent la plus forte population, les Pays de la Loire devraient compter 4 millions d'habitants en 2030.
À la quatrième place des régions françaises qui attirent la plus forte population, les Pays de la Loire devraient compter 4 millions d'habitants en 2030. (Crédits : iStock)
Au lendemain de l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, les Pays de la Loire lancent l'étude prospective "Ma région 2050" pour redéfinir leurs ambitions régionales et conserver leur attractivité.

Plus qu'à 2030, c'est à 2050 que pense la région des Pays de la Loire. « Les décisions d'Olivier Guichard (1) ont structuré et marqué la région jusqu'à aujourd'hui, il faut maintenant envisager l'avenir des quarante prochaines années », souligne Christelle Morançais (LR), présidente de la Région, propulsée à la tête de la collectivité en septembre 2017 par Bruno Retailleau, touché par le cumul des mandats.

Pour celle qui a vécu l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes comme « un véritable coup de poignard », le principal défi à relever concerne les infrastructures. Et pas seulement aéroportuaires. D'où l'élaboration d'un "contrat d'avenir", ficelé dans l'urgence, avec l'ensemble des collectivités locales pour mettre le gouvernement face à ses responsabilités et éviter à la région de décrocher.

Au menu : le réaménagement de l'aéroport Nantes-Atlantique pour absorber les flux grandissants, l'amélioration d'axes ferroviaires, la connexion du Grand Ouest aux aéroports d'Île-de-France, le développement du Grand Port Maritime de Nantes-Saint-Nazaire, l'amélioration de dessertes routières, le soutien aux projets de santé et d'industrie du futur, l'accompagnement des transitions numérique, écologique, énergétique... Des compensations financières doivent être discutées avec l'État d'ici à la fin de l'année.

Une mobilité déterminante

Les Pays de la Loire, qui, sous l'ère Guichard, furent la première région à obtenir une liaison TGV en moins de deux heures (Nantes-Paris), voient aujourd'hui la Bretagne voisine dotée d'un Rennes-Paris en 1h27, quand les Nantais touchent la capitale en 2h15.

« Sans être obsédé par Notre-Dame-des-Landes, si l'on veut être pertinent, il faut se reposer la question de l'ambition régionale en profondeur. Car depuis des années, le nouvel aéroport structurait tous les schémas d'aménagement et de développement économique », indique Antoine Chéreau, vice-président de la Région, chargé de l'étude prospective "Ma région 2050" voulue par Christelle Morançais.

Au point que la collectivité a obtenu de la préfecture le report de l'approbation du schéma régional d'aménagement de développement durable et d'égalité des territoires (Sraddet) qui devait être adopté en juillet prochain. D'ici à la fin novembre, Antoine Chéreau va multiplier les consultations avec les acteurs ligériens et les élus locaux pour bâtir une méthode de travail collaborative, qui sera déployée en 2019 pour « poser les conditions de l'ambition régionale ». À travers elles, on abordera les questions de la situation géographique excentrée, des liens avec la Bretagne et les régions voisines, de ceux entre les grandes villes, de la place de la mer, de la Loire, des liaisons avec Paris, des infrastructures...

Grenelle de l'apprentissage

À la quatrième place des régions françaises qui attirent la plus forte population, les Pays de la Loire devraient compter 4 millions d'habitants en 2030. Si la région grossit de 30.000 personnes par an en moyenne, le solde migratoire demeure toutefois très contrasté entre l'est et l'ouest du territoire ligérien. À l'image d'un taux de chômage parmi les plus bas de France, qui descend sous les 5% aux Herbiers, en Vendée, et dans la région d'Ancenis - siège de Manitou, notamment -, en Loire-Atlantique, mais qui taquine les 10% sur certains territoires de Mayenne et de Sarthe.

« Mon défi, c'est que nous n'ayons pas une région à deux vitesses », reconnaît la présidente de Région. « Dans un territoire situé à la périphérie européenne, la question des mobilités est cruciale pour garder et attirer les entreprises. »

En ce sens, la collectivité a mis sur la table plus de 116 millions d'euros pour accompagner l'amélioration du réseau routier, 120 millions d'euros pour développer le haut débit et la fibre optique sur son territoire à l'horizon 2020 et offrir un avantage concurrentiel par rapport aux autres régions, et investit lourdement dans les lycées (780 millions d'euros entre 2018-2024).

Si la Banque de France constate depuis deux ans une réelle embellie, la question des talents demeure primordiale. D'où le lancement d'un Grenelle de l'apprentissage qui a permis de créer 3.200 places en deux ans, d'un plan de bataille pour l'emploi inédit, destiné à rapprocher les demandeurs d'emplois et les entreprises qui se plaignent du manque de candidats.

« Si les indicateurs sont au vert, à l'instar de la création d'entreprises dont on a le meilleur taux de France, la crise de 2008 a fait des ravages. Il a fallu déployer des outils financiers pour renforcer les fonds propres des entreprises, dont beaucoup sont familiales, et favoriser l'investissement notamment dans l'industrie du futur, le numérique, le tourisme, l'innovation ou l'export », affirme Paul Jeanneteau, vice-président en charge du développement économique et de l'international.

Dans une région où l'endettement est passé de 400 millions à 1,3 milliard d'euros en dix ans avec la majorité précédente, « plus que jamais un euro investi doit permettre de lever plusieurs euros », souligne-t-il. Endettée, la Région vient de voir sa note financière rehaussée par Standard & Poor's de AA- à AA, en juin dernier. Le maximum pour une collectivité. De quoi la conforter dans sa stratégie au long cours.

(1) Baron du gaullisme, il fut président du conseil régional de 1974 à 1998.

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Pays de la Loire : les données clés

  • Population totale : 3.718.512 habitants
  • PIB par habitant : 29.424 euros (2015)
  • Taux de chômage : 7,3% (4e trimestre 2017)
  • Présidente du conseil régional : Christelle Morançais (LR)

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Commentaires
a écrit le 05/10/2018 à 15:17 :
et ainsi augmenter taxes et prébendes à leur profit . . .
a écrit le 05/10/2018 à 12:08 :
PDL . Cette région n'existe que dans la têtes des politiques amateurs de mandats. Comment espéré que cela fonctionne à une vitesse quand on réunit des endroits aussi diverses que Les Sables d'Olonne et le Mans ? C'est grotesque.
Tout çà par refus de voir Nantes (où les rues sont désormais affichés en breton et francais) rejoindre la Bretagne et de faire de la Bretagne l'une des principales regions de France. Au Sud de la vendée, qu'importe ce qu'il se passe à la Ferté Bernard !
Vivant à Angers, je me sens plus proche de la vie à Tours qu'à Guérande.
De Rugy avait pourtant promis d'en faire une priorité. A quand un visionnaire qui aura le courage du bon sens?
Réponse de le 08/10/2018 à 3:32 :
Évidemment chaque fois qu’il y a un article sur la région PDL, les Bretonnants nous font la même rengaine. Au petit jeu des diversités, on peut aussi se demander ce qu’il y a de commun entre Carhaix et ses bonnets rouges, et Pornic par exemple. Et pourtant vous voudriez les voir réunis. Alors qu’une réunification de la Bretagne créerait une frontière dont on ne veut pas, entre Pornic et les Sables d’Olonne. La Vendée et la Loire-Atlantique partagent aujourd’hui énormément de choses en commun, sur les plans économiques, universitaires et touristiques notamment, et tout cela serait remis en cause par une réunification du siècle dernier ?? Non merci. L’avenir de la Bretagne c’est une fusion avec la région des Pays de la Loire, pour former la grande région économique Loire-Bretagne. Elle fait sens tant les coopérations et imbrications sont nombreuses entre les deux régions.
Réponse de le 22/10/2018 à 13:42 :
Une fusion Bretagne et pays de Loire ? et Pourquoi pas avec l'Alsace ? Lisez bien et vous verrez que l'auteur du commentaire est d'Angers..ne voyez pas des bretonnants partout. Etant de Tours je me sens d'ailleurs un destin commun avec Angers, pourtant dans une autre région. Et pour bien connaitre des vendéens, ils se sentent plus proche du sud de leur département que de Nantes, malgré les millions investis en communication pour leur faire croire à leur destin de ligériens (si cà ce n'est pas un nom ridicule !)...La séparation de Nantes avec la Bretagne est totalement artificielle et ne convainc que les partisans à la recherche de sièges électoraux.
a écrit le 05/10/2018 à 11:12 :
Qu'y a-t-il dans cet article de concret sur l'avenir de la région en matière d'infrastructure? Rien. Remplir des lignes pour ne rien dire ou quand la présidente de région réunit pour fire des banalités.

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