Sodebo teste dans les Pays de la Loire un nouveau concept de restauration d’entreprise

Porté par l’évolution des modes de consommation de la pause déjeuner et la recherche de solutions de bien-être par les entreprises, le groupe d’agroalimentaire vendéen Sodebo expérimente, en mode startup, un nouveau concept de restauration. Avec ses vitrines connectées, FreeGo, déployées en test dans une quarantaine d’entreprises, veut capter la clientèle de bureau.
L'évolution des modes de consommation dans les écoles et les entreprises a incité l'équipe du projet FreeGo by Sodebo à se pencher sur la question du repas, avec l'ambition de proposer des repas complets, à base de produits frais, pour 5 euros, et être compétitifs face à l'offre de la GMS.
L'évolution des modes de consommation dans les écoles et les entreprises a incité l'équipe du projet FreeGo by Sodebo à se pencher sur la question du repas, avec l'ambition de proposer des repas complets, à base de produits frais, pour 5 euros, et être compétitifs face à l'offre de la GMS. (Crédits : Sodebo)

Aux yeux du néophyte, ça ressemble beaucoup à un distributeur automatique ou à une vitrine réfrigérée de supermarché. A la différence qu'une fois la porte déverrouillée par le système de paiement (une carte de crédit, une appli dédiée), le consommateur peut alors choisir son menu ; une entrée, un plat, un dessert... Le prix du repas est calculé selon le poids des produits prélevés dans l'appareil.

« C'est une solution complémentaire aux diverses offres de restauration pour manger « sain et frais » à toutes les heures, sept jours sur sept...», explique Christelle Buetas, en charge du projet « FreeGo by Sodebo ».

C'est l'évolution des usages dans les écoles et les entreprises qui ont incité l'équipe du projet FreeGo à se pencher sur la question du repas. « On avait d'un côté des consommateurs qui recherchaient une solution de proximité et, de l'autre, des entreprises de plus en plus sensibilisées aux bien-être des salariés et engagées dans des politiques de RSE », affirme la chef de projet de FreeGo. Une notion que Sodebo affiche à travers ses engagements pour le développement d'une alimentation saine (41 recettes sans additif, des produits sans exhausteur de goût, sans OGM et sans huile de palme, affichant tous leur nutriscore) tout en réduisant son impact environnemental (90%des emballages utilisent du carton recyclé, 25% de plastiques recyclés, optimisation des circuits de livraison, etc).

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Une offre complétée de produits locaux

« Ce que l'on veut, c'est offrir une solution de restauration agile, avec des produits du quotidien et financièrement accessibles, avec des plats dont le prix se situent entre deux et cinq euros ou qu'il soit possible de faire un repas, entrée -plat-dessert pour 5 euros », souligne Christelle Buetas, qui s'est retranché « en mode startup » avec une équipe de cinq personnes dans un espace de coworking à Montaigu (85) pour concevoir une solution hors des sentiers battus du groupe.

Bâti dès 2019, le business modèle de FreeGo s'est concrétisé en 2020, en pleine période de pandémie. Outre l'offre de produits Sodebo (sandwich, salades, Pasta BOX...), l'équipe a sélectionné un ensemble de fournisseurs de produits locaux, issus d'entreprises familiales, pour offrir des desserts ou une diversité dans les menus, comme Assya à Ponchateau (44), fabricant de couscous et Tajine, une ferme locale pour les yaourts et produits laitiers, ou la Centrale du Bocal, une jeune entreprise vendéenne, qui, en plus de son propre restaurant, a investi dans un laboratoire pour approvisionner en bocaux, des établissements de restauration et hôteliers, des groupements d'achats... « Des plats traditionnels, de saison... Pour nous, c'est une vraie visibilité. Et cela nous donne accès à des clients que l'on n'aurait jamais touchés seuls», explique Floriane Renaud, fondatrice de la Centrale du bocal.

Un choix complémentaire

Depuis le début de l'expérimentation, une quarantaine de vitrines connectées ont été déployées dans des entreprises et écoles de la région nantaise, de Cholet et de la Roche-sur-Yon. Un appareil, contrôlé et pilotable à distance mis à disposition sous la forme d'un abonnement, comme pour un forfait téléphonique. A Nantes, à l'Agence Régional de Santé (ARS) des Pays de la Loire, qui fût l'un des premiers sites à recevoir l'appareil, la vitrine connectée enregistre 30 à 40 clients par jour.

« On cherchait une solution complémentaire. Ici, les pauses déjeuners durent en moyenne 40 à 45 minutes. Jusque-là, le personnel avait le choix de rejoindre un Restaurant Inter Administration, le foyer des jeunes travailleurs ou d'aller dans le quartier. Ça nécessite de sortir des locaux et ce n'est pas forcément compatible avec certaines contraintes. Notamment en pleine période Covid, ou pour les cadres qui enchaînent les réunions sur les pauses méridiennes. La solution FreeGo offrait un choix supplémentaire », indique Pascal Le Lièvre, responsable des affaires générales et de la logistique à l'ARS, plutôt satisfait du service de restauration proposé par Sodebo, accessible par carte bancaire ou par une carte Sodebo, et par l'assistance mise en place.

Jeter les bases d'un nouveau model

« Les menus changent régulièrement, Sodebo est une entreprise familiale, une vitrine de l'agroalimentaire régionale, les produits sont frais, et le réapprovisionnement est régulier. C'est très compétitif par rapport au prix du supermarché, si bien que les gens achètent leur pizza le soir dans la vitrine avant de rentrer chez eux !», observe-t-il.

Seul bémol pour l'instant, le système ne bénéficie pas des participations employeurs (l'Etat). Qui peuvent atteindre jusqu'à 80% du prix du repas. Sodebo aurait fait une proposition en ce sens, soumise à l'aval de l'administration et des syndicats. Ça peut être long. L'autre « difficulté » majeure fût l'introduction d'un appareil connecté au réseau wifi dans une enceinte sécurisée où circulent des données de santé... « Ce qui nous a contraint à installer une box supplémentaire pour éviter de se greffer sur le système maison», reconnaît Pascal Lelièvre. Pour la dirigeante de FreeGo, l'ambition est d'assoir ce nouveau concept à la lisière de la restauration collective et d'entreprise. «On expérimente et on apprend tous les jours. On veut poser les bases de la rentabilité, démontrer qu'il y a un marché, que l'on est capable de lancer cette nouvelle activité, de la développer et conforter ce potentiel. Mais le vrai défi, c'est l'élargissement de la zone de chalandise » reconnaît Christelle Buestas. Et la logistique qui va avec..

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