LA TRIBUNE - Votre choix concernant l'implantation de votre future gigafactory était très attendu au cours des derniers mois. Pourriez-vous revenir en quelques mots sur le processus de sélection, quels ont été vos critères principaux ?
BENOIT LEMAIGNAN - Nous avions déployé depuis deux ans un processus de sélection comparatif, sur des critères essentiellement techniques, comme la qualité des sols, ou encore les capacités de raccordement aux différents réseaux, avant 2024. Car nous avons besoin de réseaux assez lourds, qui peuvent facilement prendre 5 à 6 années à être déployés sur certains sites...
Nous souhaitions aussi pouvoir disposer, sur place, d'un écosystème industriel afin d'avoir accès à de compétences de niveau cadres et opérateurs.
On constate dans votre choix, ainsi que dans celui de deux autres gigafactories menées par d'autres constructeurs, que le Nord de la France remporte l'essentiel des suffrages. Est-ce que l'écosystème local a pesé ?
On peut dire que c'est la cerise sur le gâteau, mais ce n'est pas l'essentiel. Car l'important pour nous était également de faciliter notre travail avec notre partenaire stratégique Renault, qui dispose lui-même de plusieurs usines dans le nord de la France. Le site de Dunkerque facilitait donc les choses d'un point de vue logistique, et il se situait, de plus, à proximité d'un port important.
En tant que site « Choose France », le site de Dunkerque avait surtout fait l'objet de travaux préparatoires, dont le raccordement électrique, qui permettent un approvisionnement énergétique suffisant pour la première tranche de 16 GWh, à horizon 2025.