23e Salon des Maires d’Île-de-France : La voix des maires d’Ile-de-France entendue par le gouvernement

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(Crédits : Desaleux/Fournier)
La 23e édition du Salon des Maires d’Ile-de-France a une nouvelle fois démontré l'énergie et la capacité des acteurs locaux à réinventer le quotidien. Pendant ces trois journées particulièrement denses, la voix du terrain s’est notamment fait entendre auprès des membres du gouvernement présents, Jacqueline Gourault, Julien Denormandie et Olivier Dussopt.

Rendez-vous incontournable des élus et des décideurs franciliens, le Salon des Maires s'est ouvert par un hommage aux pompiers de Paris et d'Ile-de-France acteurs du sauvetage de Notre Dame partiellement détruite par un incendie.

Stéphane Beaudet, Président de l'AMIF, a exprimé sa peine et sa solidarité et annoncé que l'AMIF verserait une subvention exceptionnelle de 10 000€ afin de contribuer à la rénovation de l'édifice.

« L'association des Maires d'Ile-de-France souhaite participer à l'élan de générosité mondial qui n'a cessé de se manifester et de s'étendre depuis le drame. » a-t-il confirmé. Il a également appelé les Maires d'Ile-de-France à relayer la souscription nationale lancée par la Fondation du Patrimoine. « En cette période de repli sur soi, soyons plus que jamais unis pour l'intérêt général, parce que la solidarité, c'est notre patrimoine commun. » a insisté Stéphane Beaudet.

Le gouvernement à l'écoute

Malgré l'émotion suscitée et le contexte social inédit, les visiteurs étaient au rendez-vous de cette dernière édition avant le renouvellement municipal de 2020. « Le Salon des Maires d'Ile-de-France c'est le lieu où l'on prouve que nous avons les moyens et les capacités de réinventer le modèle communal et que l'on peut accompagner, voire anticiper les révolutions qui sont déjà aux portes de nos villes. Il permet aussi de mêler l'infiniment petit que constitue le quotidien des maires ; les crèches, la restauration scolaire, la sécurité... et l'infiniment grand avec des débats sur la réorganisation institutionnelle en Ile-de-France. Pendant ces trois jours il y en a eu pour tous les goûts avec un important travail d'échange de bonnes pratiques d'une commune à l'autre. » précise le Président de l'AMIF.

Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires, a tenu à être une nouvelle fois présente aux côtés des maires d'Ile-de-France à l'occasion de leur salon annuel. Une présence saluée par Stéphane Beaudet « de nombreux ministres sont venus passer un moment sur notre salon, cela apporte une forme de caution morale et institutionnelle et confirme que nous sommes écoutés (...) »

Après avoir coupé le traditionnel ruban inaugural la Ministre s'est adressée aux élus pour leur dire combien son ministère et le Gouvernement étaient à l'écoute des préoccupations des maires, « M. le président vous n'avez pas à me convaincre du rôle des maires et des communes. J'ai été maire pendant 25 ans, je connais les responsabilités qui vous incombent, je connais l'importance de votre rôle et vos missions au plus proche des habitants. Et je suis d'accord avec vous, pendant la crise des gilets jaunes vous avez fait preuve de solidarité et le grand débat a confirmé que la préoccupation numéro un des français était le besoin de proximité des élus et de l'Etat. »

Pour la Ministre de la Cohésion des Territoires, décentralisation n'est pas antinomique avec déconcentration, « nous aurions tort de les opposer, à condition de savoir qui fait quoi. La mairie est fondamentale, c'est le service de proximité par excellence et nous nous devons de protéger cette mission. Le rôle des maires et des communes est une façon de répondre de façon intelligente aux besoins de plus de proximité exprimés par les citoyens. »

Répondant à une inquiétude formulée par les adhérents de l'AMIF à propos des liens entre les communes et les intercommunalités, la ministre a souhaité qu'on ne les oppose pas, « dans les débats j'ai constaté que l'on on parlait beaucoup des communes et moins des intercommunalités. Nous savons qu'elles ne fonctionnent pas merveilleusement partout mais elles ont apporté beaucoup et répondu à des besoins de politiques publiques que les communes n'étaient plus en mesure de remplir. »

En conclusion la ministre a proposé qu'en Ile-de-France le débat soit ouvert afin d'aboutir à un projet « qui propose aux habitants un avenir plus serein et plus cohérent entre tous les niveaux de collectivités locales. »

Les lourdeurs administratives pointées du doigt

Autre temps fort de cette édition, le débat organisé entre le ministre de la ville et du Logement, Julien Denormandie et les maires d'Ile-de-France. Le ministre n'a certes pas pu commenter les annonces du chef de l'Etat, qui avaient été reportées en raison de l'incendie de Notre-Dame, mais il a longuement écouté les élus qui lui ont fait part de leurs inquiétudes concernant notamment la Loi NOTRe*, ou encore sur des compétences mal réparties et mal établies entre les différents acteurs institutionnels et sur l'épaisseur du mille-feuille administratif, « une invention à la française » a reconnu le ministre.

Donnant souvent raison aux élus, le ministre a expliqué que le rôle du Gouvernement était justement de « lever les contraintes et de faciliter le quotidien des élus pour que nos politiques soient plus efficaces ».

Julien Denormandie a également reconnu que si les maires étaient au quotidien « à portée d'engueulade », l'Etat se devait de l'être aussi, « nous devons travailler main dans la main. »

Un message reçu cinq sur cinq par les élus membres de l'Association des Maires d'Ile-de-France puisqu'à l'issue de cette dernière édition du Salon des Maires, ils ont acté la nécessité que soient apportés des ajustements à la loi NOTRe*. Notamment sur la question des relations entre communes et intercommunalité. Dans cet esprit, l'AMIF a pris position lors de son assemblée générale en appelant à un nouvel acte de décentralisation en faveur du renforcement de la commune. L'AMIF a également annoncé le lancement d'un groupe de travail commun avec l'Association Des Communautés de France (ADCF) sur la question du « bloc communal » en Ile-de-France.

*Nouvelle Organisation Territoriale de la République

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